La population yéménite ne supportera pas une année de guerre de plus

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La population yéménite ne supportera pas une année de guerre de plus

Déjà plus de quatre ans de guerre au Yémen, pays de l'auteure qui est responsable de la mission de Médecins du monde. Quatre ans que la population civile est prise en étau dans un conflit meurtrier qui a détruit tous les services de santé. Tribune de Libération écrite par Wafa’a Al-Saidy, cheffe de la mission de Médecin du monde au Yémen.

En tant que Yéménite et humanitaire, je constate chaque jour l’impact de cette guerre sur la santé des Yéménites, sur l’accès à la nourriture, à l’eau potable, aux médicaments et aux structures de soins. Je vois la mise à mal de l’avenir de nos enfants, privés d’école, affamés et traumatisés psychologiquement. Comment accepter que des enfants puissent être pris pour cible ? Comment accepter qu’une femme enceinte ne puisse être suivie pendant sa grossesse ? Comment accepter que nos grands-parents ne puissent bénéficier des soins adéquats ? Il ne s’agit pas de politique, mais de la vie de 30 millions de Yéménites.

 

Face à cette situation, les équipes de Médecins du Monde tentent d’aider les populations du nord et du sud du pays afin de rétablir l’accès aux soins médicaux pour les populations touchées par le conflit. Nous appuyons seize centres de santé dans ces régions et nous fournissons des services de soins de santé primaires : consultations, vaccinations, soins nutritionnels, soins de santé maternelle et infantile, et soutien psychosocial. Nos activités nous ont permis d’assurer plus de 70 000 consultations au cours du premier trimestre de l’année 2019.

 

Médecins du Monde travaille au Yémen depuis 2007 et lorsque la guerre a éclaté en 2015, nous avons progressivement étendu nos activités pour répondre aux besoins urgents des populations touchées. Outre les victimes directes du conflit, nous voyons les civils payer chaque jour le prix du coût caché de la guerre. Nous voyons que les mariages forcés sont un mécanisme de survie à court terme pour les familles pauvres. Nous voyons des familles forcées de choisir chaque mois entre se nourrir ou soigner leurs proches atteints de maladies chroniques, car elles ne peuvent plus se permettre les deux. Nous parlons de patients atteints de maladies mentales graves, amenés dans nos centres de santé mentale pieds et poings liés, car ils ne sont pas assez stables pour vivre en société et dont les familles n’ont plus les moyens de payer des traitements à long terme.

 

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