Le Yémen ne peut plus attendre

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Le Yémen ne peut plus attendre

L’actrice Catherine Deneuve, la comédienne Sophia Aram, la chanteuse Annie Lennox (Eurythmics), l’ex-footballeur Vikash Dhorasoo et l’acteur Charles Dance (Game of Thrones) s’engagent pour le Yémen dans un film d’ONG et demandent à la France, au Royaume Uni et aux États-Unis de cesser leurs ventes d’armes à l’Arabie saoudite et aux Émirats arabes unis.

yemencantwait.org/fre - #YemenCantWait

 

Le film « Yémen : leur histoire, notre responsabilité », inspiré du documentaire « Yémen : les enfants et la guerre » de la cinéaste yéménite Khadija Al-Salami, raconte la triste histoire d'Alanoud, 4 ans, dont les parents, les deux frères et un oncle ont été tués en 2017 dans un violent raid aérien sur un village près de Sana'a, au Yémen.

Je n'ai plus personne avec qui jouer. Ils sont au paradis maintenant

Le film est soutenu par 8 ONGinfo-icon yéménite et internationales, dont Action Contre la Faim, Avaaz, la FIDH, Médecins du Monde et Oxfam, qui font campagne depuis plusieurs années pour protéger la vie des civils au Yémen.

 

Des attaques visant la population civile comme celle décrite dans le film ont été menées par toutes les parties au conflit au Yémen, tuant plus de 12 000 civils en quatre ans de guerre, selon ACLED, qui estime que les frappes aériennes de la coalition militaire dirigée par l'Arabie saoudite et les Émirats arabes unis sont responsables de 67% des pertes civiles depuis 2015. Pourtant, malgré les multiples preuves de l’utilisation de matériel militaire britannique et américain et le risque avéré de l’utilisation d‘équipement français dans ces attaques illégales, Emmanuel Macron, Donald Trump et Boris Johnson continuent à autoriser les ventes d'armes à l'Arabie saoudite et aux Émirats arabes unis.

 

L'actrice Catherine Deneuve a déclaré :

 

« Ce qui me révolte, c'est qu'on parle si peu du Yémen. Tout le monde devrait être choqué par des histoires comme celle d'Alanoud. Pourtant, nous regardons ailleurs, ce qui a permis à cette guerre tragique de se poursuivre depuis plus de quatre ans. »

 

L'acteur Charles Dance, a expliqué :

 

« Je défie quiconque d’entendre les paroles de la jeune Alanoud dans ce film et de ne pas ressentir un immense malaise en pensant que des armes britanniques et américaines sont utilisées pour de telles horreurs. La vérité, c'est que nous aurions pu raconter mille autres histoires comme celle-là. Il est de notre devoir d’empêcher que des enfants comme la petite Alanoud aient leur vie brisée par des biens fabriqués au Royaume Uni, en France ou aux États-Unis.»

 

Le film « Yémen : leur histoire, notre responsabilité », est présenté par les 8 ONGinfo-icon suivantes : Action contre la faim, Avaaz, la FIDH, Médecins du Monde, Mwatana for Human Rights, Oxfam, Saferworld, War Child.

 

A propos de la guerre au Yémen

  • La guerre au Yémen a débuté en 2014 et connu une escalade en 2015. Elle oppose les forces loyales au Président Hadi, soutenues depuis 2015 par une coalition menée par l’Arabie saoudite et les Émirats arabes unis, au groupe Ansar Allah (connus sous le nom de Houthis)
  • La guerre est à l’origine de l’une des plus importantes crises humanitaires au monde, avec 24 millions de personnes dépendantes de l’aide extérieure.
  • Selon les projections du PNUD, 233 000 personnes ont été tuées depuis 2015, directement par les combats (100 000), soit indirectement par le manque d'accès à la nourriture, aux services de santé et aux infrastructures). 

 

A propos des ventes d’armes utilisées au Yémen

  • Fin 2018, les États-Unis, le Royaume Uni et la France – tous membres permanents du Conseil de sécurité des Nations Unies – étaient les principaux exportateurs d’armes à l’Arabie saoudite et aux Émirats arabes unis. Des experts de l’ONU sur le Yémen estiment que Paris, Londres et Washington, en fournissant du renseignement, un soutien logistique ou des armes aux parties au conflit, pourraient se rendre complices de crimes de guerre au Yémen.
  • L’utilisation de matériel militaire de fabrication britannique et américaine dans des attaques contre des civils au Yémen a été largement documentée.
  • En France, une étude juridique commandée par Amnesty International et l’ACAT a conclu qu’il existait un risque juridique extrêmement élevé que les transferts d’armes de la France à l’Arabie saoudite et aux Émirats arabes unis soient illégaux au regard de ses engagements internationaux, compte tenu du risque d’utilisation de matériel militaire français des violations massives du droit international au Yémen.
  • Un document du renseignement militaire français, publiée par Disclose en avril 2018, confirme le risque que des armes françaises soient utilisées dans des attaques impliquant des populations civiles. En septembre 2019, Disclose présente des preuves de la participation de navires de guerre d'origine française au blocus imposé par la coalition au Yémen.
  • Depuis 2016, 12 pays européens, dont l’Allemagne, la Belgique, l’Italie et le Royaume-Uni ont annoncé des mesures visant à suspendre ou à limiter les ventes d'armes à l'Arabie saoudite et aux EAU en raison du conflit au Yémen.
  • 7 Français sur 10 souhaitent que la France suspende ses ventes d’armes à l’Arabie saoudite et aux Émirats arabes unis pour leur rôle dans la guerre au Yémen, selon un sondage YouGov réalisé en mars 2019 pour SumOfUs.
  • Près de 250,000 personnes ont signé les pétitions demandant la fin des ventes d’armes françaises à l’Arabie saoudite et aux Émirats arabes unis, lancées par Oxfam, SumOfUs et Amnesty International.
  • Suite à la mobilisation autour du conflit au Yémen, la Commission des affaires étrangères de l’Assemblée nationale a mise en place une mission d’information sur le contrôle des exportations d’armement, qui doit présenter ses recommandations d’ici janvier 2020.
  • Une procédure introduite par 6 ONGinfo-icon dont ASER, ACAT, Action contre la faim et Médecins du Monde, est en cours devant le Conseil d’État pour obtenir la suspension des exportations d’armes françaises vers les pays de la Coalition.