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Médecins du Monde offre un accès au traitement de l’hépatite C dans l’Etat du Kachin en Birmanie

© Sébastien Duijndam

Médecins du Monde offre un accès au traitement de l’hépatite C dans l’Etat du Kachin en Birmanie

(Paris, le 28 juillet 2019) - A l’occasion de la journée mondiale de lutte contre les hépatites, Médecins du Monde rappelle la nécessité d’un accès au traitement de l’hépatite C (VHC) pour l’ensemble des personnes infectées, notamment pour les usager-ère-s de drogues particulièrement exposé-e-s aux risques d’infections.

L’Organisation Mondiale de la Santé (OMSinfo-icon) estime à 71 millions le nombre de personnes vivant avec une infection chronique due au virus de l’hépatite C (VHCinfo-icon) dans le monde1. Une nouvelle infection sur cinq serait liée au partage de matériel pour la consommation de drogues, en raison du manque d’accès à des outils de prévention (programmes de distribution de seringues, traitements de substitution aux opiacés, etc.) ayant pourtant prouvé leur efficacité.

 

L’opportunité d’éliminer l’épidémie d’hépatite C s’offre à nous : les nouveaux traitements antirétroviraux à action directe (AADinfo-icon) permettent d’éliminer le virus en 8 à 12 semaines et de diminuer considérablement les infections. Le développement de versions génériques a permis de réduire le coût des traitements à moins de 100 euros par patient.

 

Mais la Communauté internationale peine à s’en saisir. Si le nombre total de patients traités avec les AADinfo-icon est passé d’environ 1 million à 1,5 million entre 2015 et 2016, cette augmentation est principalement due à un petit nombre de pays (l'Égypte et le Pakistan représentaient environ la moitié des personnes ayant commencé un traitement par AADinfo-icon en 2016). La vaste majorité (4/5e) des personnes vivant avec le VHCinfo-icon dans le monde ne sont toujours pas diagnostiquées.

 

De trop nombreuses barrières continuent de freiner l’accès aux soins. Parmi elles, le prix des tests diagnostiques et les restrictions légales qui empêchent des pays comme la Chine ou le Brésil d’avoir accès à des médicaments génériques à prix abordable.

 

La stigmatisation des usager-ère-s de drogues représente un obstacle majeur. Malgré une surreprésentation des personnes qui consomment des drogues parmi les personnes vivant avec l’hépatite C, seule une minorité des plans nationaux de lutte contre l’hépatite C prévoient des actions spécifiques dans leur direction. Dans de nombreux pays, les critères d’accès aux traitements les excluent sans fondement scientifique et en contradiction avec les recommandations des experts de 

santé publique dont l’OMSinfo-icon. Les discriminations s’observent également dans les comportements à l’encontre des personnes qui consomment des drogues, Médecins du Monde en est le témoin direct au travers de ses programmes.

 

En Birmanie, le gouvernement estime entre 80 et 90 000 le nombre de personnes injectrices, celles-ci sont particulièrement exposé-e-s aux risques d’infections. Dans l’Etat du Kachin, où Médecins du Monde mène un programme communautaire de réduction des risques et des dommages liés à la consommation de drogues, 30% des personnes reçues dans les cliniques sont infectées par le virus de l’hépatite C et 17% d’entre elles sont co-infectées VIHinfo-icon-Hépatiteinfo-icon C. Afin de garantir l’accès au traitement aux personnes les plus vulnérables, Médecins du Monde et Médecins sans frontières-Suisse soutenus par le Fonds Mondial, ont lancé depuis juin 2019, un programme inédit visant à soigner 1 400 personnes. Par ce programme, Médecins du Monde souhaite démontrer la possible élimination du virus de l’hépatite C grâce à la combinaison d’un accès au traitement et de services de prévention adaptés.

 

En 2016, la Communauté internationale s’est engagée à réduire de 90% les nouvelles infections, et de guérir 80% des personnes vivant avec l’hépatite C d’ici 2030. Pour atteindre ces objectifs ambitieux, les Etats doivent éliminer les barrières qui écartent les personnes usagères de drogues des services de prévention et de traitement. Il est urgent d’adopter une approche fondée sur la promotion de la santé et le respect des droits humains.