Jeux Olympiques, le revers de la médaille

Jeux Olympiques, le revers de la médaille

Dans un mois, à partir du 27 juillet, les JO investiront Londres et sa périphérie. Base arrière, le Nord-Pas de Calais accueille des athlètes du monde entier qui gagneront l’Angleterre pour accéder aux médailles, alors qu’à quelques kilomètres, à Calais et Dunkerque, des migrants, dans l’attente de rejoindre l’Angleterre, vivent dans des conditions indignes.

Paris, le 27 juin 2012

Dans un mois, à partir du 27 juillet, les JO investiront Londres et sa périphérie. Base arrière, le Nord-Pas de Calais accueille des athlètes du monde entier qui gagneront l’Angleterre pour accéder aux médailles, alors qu’à quelques kilomètres, à Calais et Dunkerque, des migrants, dans l’attente de rejoindre l’Angleterre, vivent dans des conditions indignes.

En transit, ils survivent dans des squats ou des campements, dans des conditions précaires, avec un accès aux soins limité et sous forte pression policière. A l’occasion des JO, Médecins du Monde alerte sur la situation des migrants du Nord littoral et demande l’arrêt du harcèlement policier et des expulsions sans alternatives d’hébergement.

Le 5 juillet, en amont des JO, Médecins du Monde diffusera un webdocumentaire conçu grâce au travail photographique et sonore de Sandra Calligaro et Julie Rousse. Réalisé à partir de témoignages de migrants, d’élus et de représentants d’associations, ce webdocumentaire, révèle la détermination de ces migrants, « athlètes » malgré eux, pour gagner l’Angleterre mais aussi les risques, les blessures physiques et morales liés au parcours migratoire.

> Télécharger les 3 visuels libres de droit

> Voir le teaser du webdoc

De Calais à Londres

Après la fermeture de Sangatte en 2002, les migrants n'ont pas renoncé à passer en Angleterre. Sur le littoral de la mer du Nord, des campements sauvages sont apparus. Des squats régulièrement détruits, laissant les migrants sans abri. Ces derniers font l’objet d’un harcèlement continu de la part des forces de police qui les empêchent, de jour comme de nuit, de se reposer, même quelques instants.

La stratégie adoptée jusqu’alors par les autorités françaises vise à rendre leurs conditions de vie impossibles jusqu’à les épuiser physiquement et moralement pour leur faire renoncer à leur projet de passage vers l’Angleterre ou, tout du moins, les obliger à quitter le Nord Littoral. Pourtant, cette politique répressive n’apporte aucune solution : les migrants en transit sont toujours là, leur présence étant liée à des facteurs avant tout économiques et géopolitiques. En revanche, elle a des conséquences dramatiques sur ces pour-eux déjà vulnérables : aggravation des problèmes de santé aigus liés aux conditions de vie, renforcement du pouvoir des passeurs, dispersion des migrants rendant de plus en plus difficile l’accès à l’aide humanitaire (distributions de nourriture, vêtements, matériel et soins médicaux)...

Médecins du Monde, du soin à la logistique d’urgence

Face à ces situations de survie, les équipes de Médecins du Monde sont amenées à mettre en place des réponses pour faire face à l’urgence sanitaire. Tout en poursuivant leurs activités médico-sociales sur les campements du Dunkerquois, les équipes développent un volet logistique : distribution de matériel de survie (duvets, jerricans, kits hygiène sacs à dos, bâches plastiques...) et mise en place de projets sanitaires pour améliorer les conditions de vie et d’hygiène (construction de douches, de latrines, mise en place de dispositifs d’accès à l’eau et de gestion des déchets…) Tout ce qui permet d’éviter ou de prévenir des pathologies dermatologiques ou des maladies contagieuses liées au manque d’hygiène.

Début 2012, le premier abri semi-solide et démontable conçu par Médecins du Monde, a également été construit. Franck Doens, logisticien de MDM, a conçu le prototype : «Un habitat nomade et démontable pour qu’ils ne soient pas détruits en cas d’expulsion. En une semaine de montage, 25m² sont disponibles pour 6 à 7  personnes». Un prototype repris par des associations locales comme Terre d’Errance et dont se sont même inspirées certaines mairies pour construire des abris aux migrants en transit sur leurs communes.Des actions menées en partenariat avec des associations locales dont l’association du « réseau des élus hospitaliers». Une association réunissant une centaine d’élus, dont des élus locaux, régionaux et des parlementaires créée début 2011 pour résister à l’injonction du préfet de détruire un campement de Norrent-Fontes.

Pour mettre fin à cette situation d’exception qui prévaut sur le Nord Littoral, Médecins du Monde demande la fin des violences policières, le respect du travail des associations et la mise à l’abri des pour-eux les plus vulnérables.

Il y a urgence à mettre fin aux politiques qui rendent malade, restaurer la confiance avec les associations sur le terrain et agir pour un système de santé vraiment solidaire.

« Il faut changer notre façon d’appréhender la migration qui peut être envisagée comme une opportunité et non comme un danger.»Dr Thierry Brigaud, président de Médecins du Monde

>>  N’hésitez pas à nous contacter pour organiser des interviews, des reportages sur le terrain et relayer le webdocumentaire « Jeux Olympiques 2012, le revers de la médaille »Contact Presse : Florence Priolet / Agnès Varraine-Leca / Léa Carniglia01 44 92 14 31 / 14 32 – 06 09 17 35 59 infomdm@medecinsdumonde.net