Fin du plan grand froid

Fin du plan grand froid

L’enquête MdM sur l’hébergement d’urgence. Bilan Hiver 2011 / 2012

Paris, le 27 mars 2012

A l’occasion de la fin du plan grand froid le 31 mars, Médecins du Monde publie les résultats de son enquête annuelle sur l’hébergement d’urgence, réalisée en début d’année dans sept villes (Saint-Denis, Marseille, Strasbourg, Lyon, Grenoble, Montpellier et Toulouse). Un bilan de la situation de l’hébergement d’urgence à la sortie de l’hiver qui permet d’analyser les réponses - ou absences de réponses - proposées aux personnes qui vivent à la rue ou dans des habitats précaires en France.

L’enquête a été menée en janvier et février 2012 auprès des personnes sans-abri rencontrées par les équipes de MdM, et pour lesquelles un appel au 115 a été effectué. L’objectif était de savoir combien de personnes ou familles ont été signalées au 115. Parmi elles, combien ont finalement obtenu un hébergement. Pour quelles raisons n’ont-elles pu trouver un lieu d’hébergement. Quelle était la part de femmes enceintes, d’enfants et de personnes malades parmi elles.  Parmi les 213 personnes pour lesquelles un signalement a été fait, 58% d’entre elles n’ont finalement pas été hébergées.

Les facteurs de vulnérabilité ne semblent plus être un critère de priorisation dans la distribution des places disponibles. En effet, parmi les personnes non hébergées, on trouve 74% de familles, 58% d’enfants (17 familles avec 38 enfants) et 43% de personnes malades. Parmi les 89 personnes malades signalées au 115 par les équipes de Médecins du Monde, une sur deux n’a pas pu être hébergée. Aucune des 7 femmes enceintes n’a pu être logée. Les maladies aiguës/infectieuses, les maladies chroniques (hypertension, diabète, cardio-vasculaire) et les problèmes liés aux dépendances sont les principales pathologies rencontrées.

L’absence de places disponibles demeure la raison majeure du non hébergement : pour 23% des personnes signalées, c’est bien le refus par manque de places qui les a maintenues à la rue. Mais en plus de l’absence de places disponibles, le 115 refuse également les personnes pour d’autres raisons  (17% des cas de refus) : Dépassement du quota de nuits (29%), problèmes de comportement/alcoolisme (9%), présence d’un chien (3%). Par ailleurs, 44% des personnes n’ayant pas eu accès à un hébergement suite à une demande faite par les équipes de MdM sont en situation irrégulière : le principe de l’inconditionnalité de l’hébergement n’est pas respecté.

Enfin, le refus des personnes de se rendre dans les lieux d’hébergement apparaît dans 18 % des cas comme déterminant : lieux non adaptés pour les familles, promiscuité, violence et vols, peur d’y aller seul sont les principales raisons évoquées pour expliquer ce refus. Beaucoup préfèrent rester dans leur abri précaire plutôt que de se rendre dans des lieux inadaptés et perçus de manière très négative.

L’enquête de MdM montre également que la gestion « au thermomètre » de l’hébergement d’urgence est inadéquate puisque c’est précisément à la fin du plan Grand Froid que le besoin d’accueil adapté est encore plus grand. Pourtant, plusieurs lieux ouverts à l’initiative d’associations dont MdM montrent que des solutions adaptées, originales et tenant compte des besoins de personnes existent. A Toulouse, la Halte de nuit ouverte de décembre à mars toute la nuit comprend des espaces isolés pour les hommes, les femmes, les couples et un espace de vie. Les chiens y sont acceptés. Ces initiatives sont pensées avec les personnes en situation précaire qui apportent « une expertise d’usage » dans l’élaboration des projets.

Face à ces constats, et après un arrêt important du Conseil d’Etat du 10 février 2012 qui qualifie le droit à l’hébergement d’urgence de « liberté fondamentale », Médecins du Monde recommande la création de structures ouvertes toute l’année, en nombre suffisant et conçues en fonction des besoins des personnes qui y ont recours, notamment pour celles souffrant de maladies chroniques, d’addictions ou de pathologies mentales.

N’hésitez pas à nous contacter pour plus d’informations concernant nos missions auprès des personnes sans-abri, organiser une interview ou un reportage sur le terrain.

Agnès Varraine-Leca / Léa Carniglia01 44 92 14 31 / 14 32 / 15 23 – 06 09 17 35 59infomdm@medecinsdumonde.net / www.medecinsdumonde.org

Extrait du webdoc "La vie de château" - en cours de réalisation - qui traite notamment de la mission squat de Médecins du Monde

 
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