Gaza : "Nous manquons de médicaments de base nécessaires à l'urgence"

Rencontre avec le Dr Hosam, médecin urgentiste pour Médecins du Monde à Gaza.

 

« Je suis le Dr Hosam, médecin urgentiste, je travaille avec Médecins du Monde à Gaza au service des urgences de l’hôpital Nasser, situé au sud de Gaza. Aujourd’hui, je veux vous parler de la situation désastreuse à Gaza causée par la guerre qui dure depuis 2 semaines.

Au sein de l’hôpital Nasser et principalement au service des urgences, nous recevons environ 75 personnes tous les jours ; les corps sans vie des membres d’une même famille, des enfants touchés par des tirs de roquettes ou des bombardements, des blessés graves et des personnes souffrant de blessures plus légères.

Il y a des complications dues aux éclats de roquettes.

La plupart des cas, présentent des complications dues aux éclats de roquettes qui occasionnent des traumatismes crâniens, thoraciques et abdominaux. Le deuxième type de blessures sont le traumatisme des membres et les blessures vasculaires qui requièrent la présence de chirurgiens, un appui médical qui nous fait malheureusement défaut, ils sont peu nombreux à Gaza.

La moitié des blessés ont besoin d’être admis au bloc opératoire ou dans des services spécialisés qui, au sein de l’hôpital, sont déjà remplis de patients et de victimes.

Comme vous le savez nous sommes assiégés depuis longtemps à Gaza, et ça a des conséquences sur l’accès aux soins sur le territoire. Il y a un manque de consommables et de médicaments de base nécessaires aux urgences.

Nous avons vraiment besoin d’une réaction ou d’une intervention de la part de la communauté internationale pour venir en aide aux personnes vivant à Gaza. »

Une aide humanitaire en péril

Les acteurs de santé continuent à travailler au péril de leur vie, alors que cliniques et ambulances sont ciblées par des raids aériens.

Les opérations militaires israéliennes s’intensifiant, l’aide humanitaire urgente ne peut être distribuée dans la bande de Gaza. Plusieurs cargaisons de produits médicaux acheminées par Médecins du Monde et destinées à des centres de santé en rupture de stock sont bloquées.

Médecins du Monde demande un cessez-le-feu immédiat et rappelle qu’il est impératif que toutes les parties au conflit respectent les règles du droit international humanitaire, qui visent à épargner les populations civiles ne prenant pas directement part aux combats. Empêcher l’accès aux soins des populations blessées en prenant les hôpitaux pour cible est un autre crime que nous dénonçons.

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