Observatoire de l'accès aux droits et aux soins 2018

Ce 19e rapport de l'observatoire de l'accès aux droits et aux soins s'inscrit dans un contexte d'augmentation de la précarité et des inégalités en France. © Olivier Papegnies

Observatoire de l'accès aux droits et aux soins 2018

Depuis plusieurs semaines, l’accès aux soins et aux droits des étrangers précaires en France est de nouveau la cible d’attaques. Cette obsession politique qui voudrait que l’on vienne dans un pays uniquement pour se faire soigner va à l’encontre des constats que Médecins du Monde développe dans son 19e rapport sur l’accès aux droits et aux soins en France.

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Mettre fin à l’instrumentalisation politique de la santé des étrangers 

Année après année, le constat est le même : la grande majorité des personnes, qu’elle soit bénéficiaire de l’AMEinfo-icon ou demandeuse d’asile, que nous accueillons et soignons dans nos centres d’accueil, de soin et d’orientation (CASO) se trouve physiquement et psychologiquement épuisée et nécessite une prise en charge médicale immédiate. Parmi elles, 85,7 % n’ont aucune couverture maladie. 

L’instauration d’un délai de carence de 3 mois pour les demandeurs d’asile aggraverait leur état de santé.

Beaucoup de demandeurs d’asile en France ont été victimes ou témoins de violences graves dans leur pays d’origine, durant leur exil et dans le pays d’accueil. Certains ont de lourdes séquelles psychiques et physiques, nécessitant un accès aux soins immédiat. Le gouvernement préfère l’oublier.

 

 

Les demandeurs d’asile font déjà face à de nombreux obstacles pour se soigner : méconnaissance de leurs droits, barrières administratives et linguistiques, accompagnement social inexistant ou inadapté, absence de dispositif d'hébergement pérenne… Ainsi dans nos CASO près d’un demandeur d’asile sur deux (47,5 %) présentait en 2018 des retards de recours aux soins et 43,6 % nécessitait des soins urgents.

 

 

Les difficultés pour accéder aux soins sont déjà nombreuses, ajouter à cela un délai de carence de trois mois pour pouvoir se soigner contribuerait à l’aggravation de leur état de santé.

La volonté du gouvernement de s’en prendre à la santé des demandeurs d’asile aurait des conséquences en termes de santé publique et serait un non-sens économique :

  • Cela entrainerait des prises en charge à un stade plus avancé de leur pathologie qui devra être traitée par les urgences hospitalières, déjà saturées.
  • Plus on tarde à soigner une pathologie, plus les traitements sont lourds et coûteux.

 

 

L’AMEinfo-icon, un filet de sécurité pour la santé des plus vulnérables

L’extrême politisation de l’Aide médicale d’Etat (AMEinfo-icon) est disproportionnée par rapport à la réalité. En effet, l’AMEinfo-icon ne représente que 0,5% des dépenses de santé de l’Etat chaque année. Ce dispositif est extrêmement contrôlé et peu de fraudes ont été constatées. Enfin, contrairement aux idées reçues, les bénéficiaires de l’AMEinfo-icon ont recours à un panier de soins plus réduit que les bénéficiaires de la couverture maladie. L’idée de le réduire davantage provoquerait de sérieuses conséquences pour leur santé.

 

 

Le véritable enjeu est l’accès aux soins et aux droits le plus tôt possible pour ces personnes. Ces dernières sont dans des logiques de survie avant même de penser à se soigner : trouver un logement et se nourrir. C’est le cas par exemple des milliers d’exilés qui survivent dans des conditions indignes dans le Nord-Est parisien, à Calais ou à Grande-Synthe. 44,3 % des personnes reçues dans nos centres de santé relèvent théoriquement de l’AMEinfo-icon mais n’y ont pas accès pour plusieurs raisons (méconnaissance du dispositif, lourdeurs des démarches administratives …).

 

 

Ces entraves dans l’accès aux soins contribuent à un état de santé dégradé. Les pathologies rencontrées sont d’ordre physique (digestif, respiratoire ou ostéoarticulaire) et psychique. Celles-ci sont liées aux mauvaises conditions de vie. Une personne en situation irrégulière sur cinq est sans domicile fixe.

Si la volonté du Gouvernement français est de permettre à chaque personne présente sur son territoire d’être soignée dignement, cela passe par une protection maladie réellement universelle et donc la réintégration des personnes en situation irrégulière dans le régime général de la Sécurité Sociale. Cette protection maladie doit se faire sans distinction de situation administrative et non par la mise en place de nouvelles restrictions des droits des plus vulnérables.

 

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