Exposition Unsung Heroes

Unsung Heroes donne à voir et à entendre l’injustice faite aux femmes à travers le monde. © Denis Rouvre

Exposition Unsung Heroes

Construit conjointement par Médecins du Monde et Denis Rouvre, ce projet photographique rassemble quelque 60 portraits et témoignages de femmes dans un livre et une exposition.
Rencontrées sur les terrains où l’association mène ses programmes humanitaires, toutes racontent les violences institutionnelles, sociétales, domestiques, morales et physiques auxquelles elles sont exposées.Unsung Heroes (héroïnes méconnues) donne à voir et à entendre l’injustice faite aux femmes à travers le monde. Mais aussi leur acte de résistance, leur engagement, leur volonté de faire évoluer les consciences et de défendre leurs droits bafoués.

 

 

 

Les violences liées au genre en situation de crise

Pour Médecins du Monde, une crise se traduit par une rupture de l’accès aux services de santé. Dans leur diversité, les crises ont une dimension genrée. Leur impact, selon le pays et le contexte, n’est pas le même sur les femmes et sur les hommes. Il est démontré qu’il existe des inégalités structurelles, incluant les inégalités de genre, qui amènent les femmes – notamment les plus pauvres et marginalisées, celles qui vivent en milieu rural, les migrantes, les travailleuses du sexe, les femmes séropositives – à être impactées de manière disproportionnée.

Les violences liées au genre concernent en majorité les femmes et les filles à tous les âges de la vie et au sein de toutes les classes sociales.

Les crises déstabilisent les systèmes de santé, bouleversent les mécanismes de protection communautaire par les déplacements de population et l’isolement qu’elles induisent, exacerbent les inégalités de genre et la vulnérabilité socioéconomique des femmes. Les effets sur la santé sexuelle et reproductive sont flagrants. Les femmes n’ont plus accès à un accouchement assisté et à la prise en charge en cas de complication obstétricale, à la contraception ou à des services de prévention. Les violences, les cas de transmission des ISTinfo-icon ou du VIHinfo-icon et les grossesses non désirées se multiplient.

Les violences liées au genre concernent en majorité les femmes et les filles à tous les âges de la vie et au sein de toutes les classes sociales. Souvent sous-estimées ou banalisées, elles prennent des formes multiples (physiques, sexuelles, psychologiques, économiques) et sont exercées par une diversité d’acteurs (partenaires intimes, hommes en armes, État, communautés).

 

Elysée est tombée enceinte suite au viol qu'elle a subit par les meurtriers de son mari en République Démocratique du Congo. © Denis Rouvre
Elysée est tombée enceinte suite au viol qu'elle a subit par les meurtriers de son mari en République Démocratique du Congo. © Denis Rouvre

 

Défendre le droit des femmes à décider

Médecins du Monde agit et milite pour le droit des femmes à disposer librement de leur corps et à décider de façon libre et éclairée de leur sexualité, de leur santé et de leur vie. Que ce soit en République démocratique du Congo, en Haïti, à Madagascar, en Côte d’Ivoire, en Ouganda, en Palestine ou en Bulgarie, Médecins du Monde travaille aux côtés des communautés, des acteurs de la société civile et des institutions publiques pour améliorer la disponibilité et la qualité des services de soins, notamment en santé sexuelle et reproductive.

L’association humanitaire accompagne les personnes dans la connaissance de leurs droits, renforce leur capacité d’agir et interpelle les décideurs afin de les mettre face à leurs manquements et leurs responsabilités.

Médecins du Monde se positionne notamment en faveur de l’accès aux soins pour un avortement en toute sécurité.

Médecins du Monde se positionne notamment en faveur de l’accès aux soins pour un avortement en toute sécurité et se bat pour faire abroger les lois prévoyant des mesures punitives contre les femmes et les jeunes filles ou le personnel soignant en cas d’interruption de grossesse.

 

Dorine & Diana. © Denis Rouvre
Dorine & Diana. © Denis Rouvre

Dorine & Diana

À l’université, je me faisais draguer par des garçons, j’essayais d’être normale, de me cacher, de m’habiller comme les autres filles... J’ai essayé de sortir avec des garçons ou de répondre à leurs avances, mais je n’y arrivais pas. J’avais peur des gens, de la police. La rumeur courait déjà que j’étais homo. Il y avait ce garçon dont je refusais les avances depuis longtemps. Nous étions dans la même classe. Il m’a violée. Il avait entendu les rumeurs, et il a appelé ça une « correction sexuelle ». Il m’a menacée de me dénoncer, d’appeler la police… Finalement, je l’ai dénoncé. Mais quand j’ai expliqué à mon père que j’avais été violée à cause de mon homosexualité, il ne m’a pas prise au sérieux. Pour lui, il valait mieux se faire violer que d’être homo.

Sur les conseils de mon oncle, il m’a amenée voir une espèce de guérisseur. J’étais effrayée. Ce guérisseur m’a entièrement déshabillée. Il a pris des feuilles qu’il a trempées et m’a frappée dessus avec, en parlant dans une langue que je ne comprenais pas... C’était censé me « corriger ».

Quand tu es homosexuel, on t’humilie, on parle dans ton dos, tu as peur de te promener quand les gens savent.

Mon coming out, le viol, l’enfermement, c’est vraiment la pire période de ma vie. J’avais peur, je ne savais pas quoi faire. Après trois ou quatre mois, j’ai découvert que j’étais enceinte. J’ai voulu me faire avorter. Ça fait bizarre de dire ça aujourd’hui parce que j’aime mon fils. Mais ils ne m’ont pas laissée faire. Ils pensaient peut-être que cela allait me guérir. Mon père a tenté d’entrer en contact avec sa famille. Pas pour le dénoncer, ou raconter à sa famille ce qu’il avait fait, mais pour discuter, leur dire qu’il m’avait mise enceinte, et leur demander s’il comptait venir me demander en mariage...

On ne peut pas vivre caché toute sa vie. Quand tu es homosexuel, on t’humilie, on parle dans ton dos, tu as peur de te promener quand les gens savent. D’où je viens, l’homosexualité est passible d’une peine d’emprisonnement. On voit ça comme ça, comme quelque chose de diabolique,
une sorte de possession.

En ce moment au Kenya, on essaie de faire abroger l’article du code pénal qui criminalise l’homosexualité. Je ne fais pas partie du collectif qui travaille à cette abrogation, mais je suis en contact avec eux depuis Londres. Cela fait des années et des années qu’ils mènent ce combat.

 

Découvrez tous les témoignages de ces femmes dans l'exposition Unsung Heroes.

> Informations pratiques

> www.unsungheroes.fr 

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