Migrants : en Grèce, Médecins du Monde soigne et témoigne

L'actualité a durement rappelé l'Europe à la réalité. Sur les îles de Lesbos et Chios, Médecins du Monde a des équipes qui, depuis 2013, assistent les migrants. 

L'ESSENTIEL

Près de 800 migrants sont morts noyés près des côtes Libyennes le week-end dernier.

400 autres avaient perdu la vie au large de l’Italie une semaine plus tôt. 

Lundi, c’est dans les eaux de la mer Égée qu’une nouvelle embarcation chavirait, faisant trois morts. Trois morts de plus sur une liste qui ne cesse de s’allonger : 22 000 migrants seraient morts en tentant de gagner l'Europe depuis 2000, principalement en traversant la Méditerranée

 

Combien de personnes devront ainsi périr dans des conditions dramatiques pour que les autorités européennes réagissent ?

La Grèce, une passerelle vers l’Europe

Le naufrage d’un bateau de fortune lundi près de l’île de Rhodes en est l’illustration : la Grèce est l’une des principales portes d’entrée vers l’Europe. Début 2015, le nombre de migrants arrivés par la mer y aurait été multiplié par trois. Après avoir traversé la Méditerranée, ils transitent par les îles grecques, tout particulièrement par les archipels de l’est, proches des côtes turques, où se trouvent les passeurs.

 

Fuir la guerre

Médecins du Monde vient en aide aux migrants en Grèce depuis 2013. Présentes sur les îles de Lesbos et de Chios, nos équipes ont pu mesurer l’augmentation exponentielle du nombre d’arrivées sur les côtes grecques ces derniers mois. Ainsi, sur Lesbos, 600 personnes débarquaient au cours du mois d’avril 2014. Un an plus tard, au 21 avril 2015, 3 500 migrants ont déjà été accueillis, venus pour la plupart de Syrie ou d’Afghanistan.

Parmi la foule de ceux qui tentent la traversée et risquent leur vie pour fuir la misère ou la guerre dans l’espoir d’un meilleur avenir, les femmes et les enfants sont de plus en plus nombreux.

Particulièrement vulnérables, ces personnes que Médecins du Monde accueille en Grèce sont souvent fragilisées par une histoire douloureuse. Engagée de longue date auprès des populations migrantes, nous les accompagnons depuis leurs pays d’origine, tout au long de leur parcours migratoire. Pour leur garantir un accès à des soins primaires et à l’hygiène, un soutien psychologique ainsi qu’un conseil juridique.

Mais au-delà de soigner, nous voulons également témoigner de l’impact négatif des politiques migratoires mises en place par les 28 pays européens sur la santé des migrants. Ces politiques engendrent des violences institutionnelles et une xénophobie qui marginalisent plus encore ces personnes qui ont quitté leur pays, leurs proches, leurs repères.

Le réseau international de Médecins du Monde a été sollicité afin de témoigner des conditions de traversée inhumaines pour les migrants en Méditerranée. Car le statut de victime de ces migrants est par trop souvent ignoré : victimes des conflits dans leurs pays, les migrants sont également victimes des passeurs et victimes de violences à leur arrivée.

Comme ils le disent eux-mêmes : « si tu ne bouges pas, tu meurs. Si tu bouges, tu meurs. Alors pourquoi ne pas bouger. »

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