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Mettre fin aux exactions envers les Rohingyas

©Arnaud Finistre

Mettre fin aux exactions envers les Rohingyas

En vue de la réunion du Conseil de sécurité de l’ONUinfo-icon sur la situation en Birmanie qui se tiendra le 12 décembre prochain, nous, coalition internationale de 81 associations humanitaires, confessionnelles et de défense des droits humains, appelons instamment le Conseil de sécurité à prendre des mesures contre la campagne de nettoyage ethnique et les atrocités perpétrées vis-à-vis de la minorité ethnique des Rohingyas par les forces de sécurité birmanes dans le nord de l’Etat de Rakhine. Nous demandons également au Conseil de sécurité d'agir contre les restrictions à l’aide humanitaire mises en place en octobre 2016 au sein de l’Etat.

Malgré les condamnations émises par les Nations Unies, notamment dans la déclaration prononcée le 6 novembre par le Président du Conseil de sécurité et dans la résolution sur la situation des droits de l’homme en Birmanie adoptée par la Troisième Commission de l’Assemblée générale des Nations Unies, le gouvernement birman n'a pas mis fin à ses exactions et n'a pas poursuivi ses responsables. Aujourd’hui, une action immédiate, conjointe et efficace est nécessaire à l'échelle internationale.

Le gouvernement birman n'a pas mis fin à ses exactions.

 

Les autorités birmanes continuent d'imposer de fortes restrictions aux associations humanitaires internationales, aux observateurs des droits humains et aux médias indépendants souhaitant accéder à l’Etat de Rakhine. La majorité de la population birmane rohingya, estimée à plus d’un million de personnes, a été forcée de fuir au Bangladesh. Malgré un accord bilatéral entre la Birmanie et le Bangladesh, il n’existe aujourd’hui pas de garanties suffisantes pour que ces populations puissent effectuer un retour sécurisé et volontaire. De fait, l'exigence d'un justificatif de résidence préalable sert toujours de prétexte à rejeter des demandes de retour légitimes, et les centres d’accueil temporaire font toujours office de camps de rétention semi-permanents. De même, aucun élément ne permet d'assurer que les aspirants au retour auront la même liberté de mouvement, le même accès à des moyens d'existence et aux services de santé ou à l'éducation que les autres résidents de l’Etat de Rakhine. À ce jour, la mission d'enquête de l’ONUinfo-icon chargée de préparer un rapport sur les violences en Birmanie n’a toujours pas obtenu d’autorisation d’entrée sur le territoire.

 

Les autorités birmanes continuent d'imposer de fortes restrictions aux associations humanitaires internationales.

La majorité de la population birmane rohingya, estimée à plus d’un million de personnes, a été forcée de fuir au Bangladesh. ©Arnaud Finistre
La majorité de la population birmane rohingya, estimée à plus d’un million de personnes, a été forcée de fuir au Bangladesh. ©Arnaud Finistre

Depuis le 25 août dernier, plus de 646 000 Rohingyas se sont réfugiés suite aux « opérations de nettoyage » commises par les forces de sécurité birmanes. Les témoignages de réfugiés sont des preuves accablantes des atrocités commises par les militaires birmans pendant ces opérations de nettoyage et lors de la campagne d'octobre 2016. Les crimes contre l’humanité perpétrés à l'encontre des Rohingyas incluent massacres et assassinats, viols collectifs et autres violences sexuelles, pillages, déportations et incendies de centaines de villages. Par ailleurs, les violences ont également provoqué le déplacement de dizaines de milliers de personnes appartenant à d’autres minorités ethniques. Quant aux Rohingyas restés en Birmanie, ils continuent de subir une insécurité alimentaire sévère et des menaces, outre la violation systématique de leur droit à la nationalité, de leur liberté de circulation, de leur accès à la santé, à l’éducation et à des moyens de subsistance.

 

Les crimes contre l’humanité perpétrés à l'encontre des Rohingyas incluent massacres et assassinats, viols collectifs et autres violences sexuelles, pillages, déportations et incendies de centaines de villages.

 

C'est au gouvernement birman qu'il revient d'assumer sa responsabilité première de protection envers l'ensemble de sa population, sans discrimination et indépendamment de critères ethniques, religieux ou de nationalité. Pourtant, les autorités civiles et militaires birmanes, dont le général Min Aung Hlaing, chef suprême des armées, refusent catégoriquement de reconnaitre les graves violations des droits humains commises à l’encontre des Rohingyas, et continuent de nier tout acte répréhensible perpétré par les forces de sécurité de l’Etat de Rakhine, tout en ignorant des dizaines d'années de discrimination institutionnalisée envers la communauté rohingya.

 

 

Nous appelons instamment le Conseil de sécurité de l'ONUinfo-icon à mettre en place un embargo immédiat sur les armes à destination des militaires birmans, que ce soit dans l’approvisionnement direct ou indirect, la vente ou la cession, le transit et le transbordement de toute arme, munition et autre matériel militaire et de sécurité, ainsi que d'empêcher la réalisation d'activités de formation et toute autre forme d’assistance militaire sécuritaire. Le Conseil de sécurité devrait également imposer des sanctions ciblées contre les officiers militaires responsables de crimes contre l'humanité et d'autres violations graves des droits humains. En outre, des sanctions financières devraient être prises à l’encontre des officiers militaires ayant donné l’ordre d’accomplir des actes criminels, ou tenus responsables selon la chaîne de commandement. Le Conseil de sécurité devrait étudier attentivement toutes les possibilités visant à réclamer justice et à poursuivre les auteurs de ces crimes, y compris par le biais des cours de justice internationales.

 

Si la promesse de ne « plus jamais » permettre des atrocités signifie encore quelque chose, alors le Conseil de sécurité ne doit plus attendre et agir.

Signataires

ALTSEAN-Burma

Ameinu

American Jewish World Service Ameinu

American Jewish World Service

Amnesty International

Burma Action Ireland

Burma Campaign UKinfo-icon

Burma Human Rights Network

Burma Task Force

Canadian Centre for the Responsibility to Protect

Carl Wilkens Fellowship

Center for Development of International Law

Center for Justice & Accountability

Darfur Women's Action Group

David Rockefeller Fund

Emgage Action

Entrepreneurs du Monde

Equal Rights Trust

European Rohingya Council

Fortify Rights

Franciscan Action Network

Foundation for Ethnic Understanding

Friends Committee on National Legislation

Genocide Watch

Global Centre for the Responsibility to Protect

Global Justice Center

Global Network of Women Peacebuilders

Holocaust, Genocide and Interfaith Education Center at Manhattan College

Humanity United Action

Human Rights First

Human Rights Now

Human Rights Watch

Info Birmanie

International Campaign for the Rohingya

International Federation for Human Rights (FIDH)

International Coalition for the Responsibility to Protect ICR2P

Investors Against Genocide

Jacob Blaustein Institute for the Advancement of Human Rights

Jewish Alliance of Concern over Burma (JACOB)

Jewish World Watch

Médecins du Monde

Middle East and North Africa Partnership for Preventing of Armed Conflict (MENAPPAC)

Muslim Bar Association of New York

Muslim Public Affairs Council (MPAC)

Muslin Social Justice Initiative (MSJI)

Network of Spiritual Progressives

Partners Relief & Development

Permanent Peace Movement (PPM)

Physicians for Human Rights

Rabbinical Assembly

Refugee Center Online

Refugees International

Rohingya Community Ireland

Save the Children

Society for Threatened Peoples – Germany

STAND Canada

Stanley Foundation

Stop Genocide Now

Syrian Network for Human Rights

The Center for Media Studies and Peacebuilding (CEMESP-Liberia)

The Interfaith Center of New York

The Jiyan Foundation for Human Rights

The Montreal Institute for Genocide and Human Rights Studies

T'ruah: The Rabbinic Call for Human Rights

United Nations Association - Sweden

United Church of Christ, Justice and Witness Ministries

Unitarian Universalist Service Committee

Viet Tan

World Federalist Movement – Canada

World Federalist Movement-Institute for Global Policy (WFM-IGP)

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