Séisme au Népal : "Il manque du matériel pour les opérations chirurgicales lourdes"

Séisme au Népal : "Il manque du matériel pour les opérations chirurgicales lourdes"

Médecins du Monde fait partir au Népal une équipe composée de chirurgiens, anesthésistes, infirmiers et logisticiens.

Gilbert Potier, directeur des opérations internationales, revient sur l'intervention et fait le point sur la situation au Népal.

Gilbert Potier, directeur des opérations internationales
Gilbert Potier, directeur des opérations internationales

Quelles sont les équipes de Médecins du Monde en place au Népal ?

Lorsque le séisme a eu lieu, une équipe de Médecins du Monde était présente au Népal, à 45 kilomètres de Katmandou, 40 personnes travaillant sur un programme de santé maternelle et infantile. Nos équipes n’étant pas spécialisées pour répondre à une telle catastrophe, nous n’avons pas perdu de temps pour faire partir une équipe d’urgentistes, composée de chirurgiens, anesthésistes  et infirmiers.  À ceux-là s’ajoutent des logisticiens car nous allons envoyer une quantité importante de matériel (kits d’urgence, kits chirurgicaux, etc.).

 

La situation sur le terrain ralentit-elle le déploiement de l’aide humanitaire ?

Nous devons faire face à des difficultés logistiques. Outre les routes fermées, les répliques sismiques ont empêché les avions d’atterrir sur l’aéroport de Katmandou. Le premier jour, on ne comptait pas moins d’une réplique toutes les 20 minutes. Pourtant, tout le monde sait que c'est dans les 72 premières heures qu'on a le plus besoin de nous, qu'on est le plus efficaces sur les traumatismes, les fractures, les écrasements des gens qui ont été ensevelis. Le défi à l’heure actuelle va être l'organisation des secours. On va tous arriver en même temps, il va falloir s'organiser. Mais il faut rendre hommage à la solidarité népalaise qui a déjà bien fonctionné : la population et les soignants sont à pieds d’œuvre depuis 48 heures.

Les blessés sont-ils pris en charge ?

Pour l’instant, des interventions sont en cours, mais des besoins importants sont à noter : il manque du matériel d’appui pour mener des opérations chirurgicales lourdes. C’est pourquoi nous envoyons plus de 20 tonnes de matériel. Cela va permettre de traiter à peu près 2000 personnes en chirurgie et jusqu’à 20 000 personnes pour des soins de base. Deux cliniques mobiles seront déployées pour soigner un maximum de personnes. Par ailleurs, les hôpitaux étant surchargés, Il s'agira aussi de continuer à soigner les pathologies répandues avant la catastrophe : gastroentérites, infections respiratoires, fièvres, etc.

 
Global loader