Aux Philippines: l’école, un refuge aujourd’hui mis à mal

Jera T. Pino, maîtresse d’école (Niveau 5 et 6) témoigne de la difficile reprise des cours à Hugpa, sur l’île de Leyte. Destruction du bâtiment et du matériel scolaire, traumatisme des élèves, difficultés financières des parents… le retour à l’école n’est pas chose facile pour ces jeunes Philippins.

 

« Ici à Hugpa, il n’y a qu’une seule école. Nous avons eu un jour avant le typhon pour prendre congé et nous préparer. Nous avons fait de la prévention auprès des élèves sur la nécessité de se réfugier dans un endroit solide. Ces élèves ont eux-mêmes sensibilisé leurs parents.

Les endroits les plus sûrs pour se protéger du typhon étaient pour beaucoup inaccessibles car très éloignés du village. Nous avons alors mis l’école à disposition pour que les gens du village, qui vivent pour la majorité dans des maisons précaires, puissent y trouver refuge pendant le passage du typhon. Ce jour-là, toute l’école était remplie par les habitants du village.

Bien que l’école ait été très endommagée (plusieurs toits se sont envolés, les vitres ont été soufflées), tout le monde s’en est sorti. Certains n’ont pas su comment s’abriter ou ont été pris de court, ils se sont donc réfugiés dans les champs de canne à sucre, et ils s’en sont miraculeusement sortis !

La vie continue, nous devons nous relever.

Après le typhon, les conditions d’enseignement n’étaient plus les mêmes : toutes les fournitures ont été détruites : les livres, les cahiers, les stylos, les meubles… Nous ne savons pas encore si nous aurons une aide particulière pour pouvoir remettre à niveau l’école. Les cours ont repris deux semaines après le typhon.

La vie continue, nous devons nous relever et reprendre en main nos vies, même si beaucoup d’entre nous sont traumatisés. Pour l’instant, seule la moitié des enfants sont revenus à l’école car ils aident leur parents à reconstruire une maison.

Pour la majorité d’entre eux, une des priorités aujourd’hui c’est de trouver de la nourriture. La culture de la noix de coco était leur revenu principal, mais les cocotiers ont été anéantis. Pour l’instant, ils ne savent pas quelle pourrait être leur future source de revenus qui leur permettra de nourrir leur famille. »

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