Philippines : des habitants vivant dans la crainte d’être oubliés…

Mean, mère de famille et habitante de Tacloban redoute que l’aide gouvernementale et internationale ne baisse voire ne s’arrête.

 

« Depuis le typhon, ma fille a des crises d’angoisse dès qu’elle voit des militaires, dès que la pluie commence à tomber… Elle ne veut plus entendre parler du typhon, elle a également du mal à s’exprimer. C’est vrai que les Philippins restent souriants, essayent des rester positifs, mais il faut rester réaliste, ça va être très dur de surmonter cette épreuve. En décembre, nous avons pu recevoir de la nourriture de la part du gouvernement. Mais à partir de janvier, nous n’aurons plus rien. Pour l’instant, les médias mettent la lumière sur le malheur des Philippins, mais demain, une autre catastrophe arrivera dans un autre pays, et tout le monde nous oubliera.

Nous sommes des survivants.

Le prix de la nourriture à Tacloban a doublé, voire triplé. Ma sœur gagne 5 000 pesos par mois et aide financièrement toute la famille. Mais 5 000 pesos, c’est le prix pour que toute la famille puisse manger à sa faim seulement un jour. Et quand tous les gens auront faim, que se passera-t-il ? Ils vont se mettre en colère, et ils essayeront de venir prendre de la nourriture chez les autres, chez nous. Notre abri est tellement fragile, juste une bâche et quelques bouts de bois… nous ne pourrons pas nous protéger en cas d’agression.  J’ai conscience qu’il y a des risques que nous ne survivions pas le mois prochain ma famille et moi.

J’essaye malgré tout de garder espoir. Après ma famille, c’est une des seules choses qu’il me reste. Je n’aime pas dire que nous sommes des victimes, c’est trop négatif. Je préfère me dire qu’au fond, nous sommes des survivants ! »

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