Rencontre avec le docteur Manuel T. de Lara, coordinateur médical aux Philippines

Docteur Manuel T. de Lara, coordinateur médical de la cellule urgence, nous raconte la mise en place de la première Clinique mobile à Cabintan aux Philippines.

 

« Quand nous sommes arrivés dans le village de Cabintan, municipalité de San Pablo, nous avons trouvé un centre de santé ruiné par le typhon. La sage femme et l’employé de la santé communautaire ne pouvaient plus soigner les personnes malades ou blessées. Le centre de santé de San Pablo étant trop loin pour les habitants, et le trajet en transport trop cher, ce qui a entrainé un renoncement au recours aux soins très important.
Le but de la clinique mobile était donc de permettre un approvisionnement en matériel ainsi qu’en médicaments, et d’apporter un soutien en staff médical, grâce à des infirmières et des docteurs recrutés par Médecins du Monde. La clinique mobile vient une journée entière, un jour par semaine. Une fois que le centre aura retrouvé son autonomie, l’équipe de la clinique mobile ira sur un autre village dont le centre de santé,  identifié par Médecins du Monde, a subi les effets destructeurs du typhon ».

« La première consultation à Cabintan a montré qu’au-delà du manque de matériel, l’accès à l’eau reste un réel dilemme pour les populations. En effet, le typhon a fait exploser les tuyaux alimentant le village, et la source d’eau est inaccessible car trop éloignée du village. C’est pour cette raison que nous avons rencontré beaucoup de patients atteints de maladies diarrhéiques. Au niveau des pathologies, nous avons rencontré en majorité des cas d’infections respiratoires supérieures, des infections cutanées, des blessures liées au passage du typhon, de l’hypertension et des diarrhées. »

La clinique mobile a permis de soigner des populations isolées.

La présence de médecins est un début de « thérapie » pour la population : ils savent qu’ils ont des personnes qui vont prendre soins d’elles et qui vont les écouter.

« Nous faisons aussi de la promotion de la santé par des séances d’éducation à la santé primaire et reproductive. Les habitants du village se réunissent autour du travailleur communautaire qui leur explique oralement  et à l’aide de panneaux pédagogiques comment se protéger de la Dengue par exemple. Pour rendre les séances plus attractives, nous sommes en train de mettre en place un système de recyclage des cocotiers anéantis par le typhon pour les transformer en banc pour le public.

Globalement, les Philippins vont de l’avant, et même dans la situation très douloureuse dans laquelle ils sont, ils continuent à sourire. « Another day will be a better day for us ». »

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