Droits dans le mur

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Droits dans le mur

Suite aux négociations entre les États-Unis et le Mexique pour la non-imposition de droits de douane sur les produits mexicains, le Mexique a adopté diverses mesures pour mettre fin à la migration en direction des États-Unis dans le cadre d’un accord conclu le 7 juin dernier. Des mesures dénoncées par Médecins du Monde Espagne et Médecins du Monde France qui vont à l’encontre du respect des droits fondamentaux des personnes migrantes dans la région.

L’accord sur les migrations mentionne notamment

  • Le renforcement de la militarisation du système actuel de confinement des flux migratoires ;
  • L’extension du programme "Stay in Mexico" sur sa frontière nord, impliquant l'accueil d'un plus grand nombre de personnes demandant l'asile aux États-Unis pendant le règlement de leur situation ;
  • La mise en œuvre de plans de développement avec les pays d’Amérique Centrale ; ainsi que la prise de mesures supplémentaires si les mesures précédentes ne prennent pas effet dans les délais prévus.

 

 

L'ampleur de ces mesures et leur mise en œuvre restent incertaines, mais on s'attend à une aggravation de la crise des migrations et de l’asile qui prévaut déjà dans la région, augmentant les risques et les vulnérabilités des personnes migrantes.

Médecins du Monde Espagne et Médecins du Monde France, associations internationales solidaires indépendantes, engagées pour l’accès au droit et à la santé pour tous, nous développons, en partenariat avec des organisations et institutions partenaires au Honduras, au Salvador, au Guatemala et dans le sud du Mexique, le Programme régional sur les migrations et les déplacements forcés, qui vise à améliorer l'accès à la santé et  le respect des droits des personnes sur les différentes étapes de leur migration : au départ, pendant le transit, à destination et lors de leur retour forcé.

La militarisation et la fermeture des routes migratoires accentuent la criminalisation des personnes migrantes.

Nous nous associons à la préoccupation exprimée par les groupes et organisations de défense des droits de l'Homme dans la région face à la crise actuelle des migrations et des réfugiés. Une crise exacerbée par l'application, sous la pression exercée par les États-Unis, d'accords et de politiques renforçant la militarisation et la fermeture des routes migratoires, qui accentuent la criminalisation les personnes migrantes.

 

 

Ce contexte alarmant nous conduit à rappeler les points suivants :

  • Nous reconnaissons les migrants en tant que détenteurs de droits et acteurs dans la défense de ces droits, dont ceux-ci doivent être respectés, protégés et garantis par les États.
  • Nous exprimons notre désaccord avec tout type d'accord ou de politique publique qui ne repose pas sur la reconnaissance de la migration dans la région comme une crise chronique trouvant ses causes dans un contexte social, politique et économique de corruption, de violence, de pauvreté et de dépossession, et qui empêche les citoyens d’obtenir les conditions de développement nécessaires à une vie digne et au plein exercice de leur droit à la santé.
  • Nous exhortons les États et leurs institutions à garantir la coordination et la participation inclusive des différents secteurs dans les processus d’élaboration de politiques publiques sur les migrations et les déplacements forcés en vue de la définition d’une réponse adéquate et intégrale, fondée sur les approches suivantes : des droits, du genre et de l'interculturalité.
  • Nous poursuivrons notre vision et notre mission en accompagnant les actions des organisations de la société civile qui s’occupent de la protection de la population migrante et qui veillent et dénoncent les violations de leurs droits fondamentaux.
  • Nous exhortons les organisations internationales et les organisations de la société civile à poursuivre et / ou à se joindre au travail de veille, de promotion et de défense des droits de l’Homme, en vue de donner la priorité aux soins et à la protection des personnes migrantes et déplacées forcées, avec une attention particulière sur les femmes, les enfants, les personnes LGBTI et la population autochtone.

 

 

Enfin, nous appelons la population mésoaméricaine à promouvoir la solidarité avec ces personnes contraintes de fuir leurs communautés en raison de la violence généralisée et de l’extrême pauvreté, avec pour objectif de protéger leur vie, leur santé physique et émotionnelle dans une société fondée sur la justice et la dignité. Nous vous invitons à rejeter tout discours xénophobe et discriminatoire et à agir maintenant plus que jamais pour que l’humanité et la fraternité règnent entre les nations et entre les peuples.

 

 

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