Haïti, trois mois après l'ouragan

Haïti, trois mois après l'ouragan

A sept ans d’intervalle, Haïti a été touché par deux catastrophes majeures : le 12 janvier 2010, un séisme ravageait la région métropolitaine de Port-au-Prince ; dans la nuit du 3 au 4 octobre 2016, l’ouragan Matthew, dévastait le sud-ouest du pays. En 2017, Haïti reste extrêmement vulnérable aux aléas naturels. Il est capital que les bailleurs, les associatifs et les états restent mobilisés pour soutenir le pays dans la construction d’une meilleure résilience.

Matthew, 3 mois après

Mardi 4 octobre 2016, nuit tragique pour des centaines de milliers d’Haïtiens. Infrastructures détruites, toits arrachés, récoltes ravagées… le bilan matériel de l'ouragan Matthew est très lourd. L’ONUinfo-icon a estimé que Matthew a affecté plus de 2 millions de personnes dont 900 000 enfants. Trois mois après, près de 800 000 personnes ont toujours besoin d’eau potable et nécessitent une aide alimentaire et médicale.

Une bénévole de l'équipe MdM s'occupe d'une personne âgée souffrant de déshydratation © Olivier Papegnies
Une bénévole de l'équipe MdM s'occupe d'une personne âgée souffrant de déshydratation © Olivier Papegnies

Près de 800 000 personnes ont toujours besoin d’eau potable et d'aide médicale.

Immédiatement, les équipes déjà sur place se sont mobilisées pour répondre à cette urgence. Pourtant habituée aux tempêtes tropicales, Mimose Doudoute Auguste, coordinatrice des équipes mobiles de Médecins du Monde en Grande Anse et dans le Sud, explique « qu’elle n’avait jamais connu ou vécu une telle situation avant ». Face à l’urgence sanitaire, 13 équipes mobiles choléra et 9 cliniques mobiles ont été déployées dans les deux départements d’intervention de Médecins du Monde : le Sud et Grand’Anse. 

 

900 000 enfants ont été affectés par Matthew selon l'ONU © Olivier Papegnies
900 000 enfants ont été affectés par Matthew selon l'ONU © Olivier Papegnies

Renforcer le système sanitaire

En 3 mois, ce sont près de 12 000 consultations médicales qui ont été réalisées auprès des personnes les plus éloignées du système de santé. En parallèle, ont été également menées des campagnes de dépistage des cas de malnutrition et de paludisme, deux pathologies mortelles qui ont resurgi après le passage de l’ouragan. 


Présent depuis 1989 en Haïti et notamment en Grand’Anse, Médecins du Monde, en collaboration avec les autorités sanitaires, a contribué à renforcer le système de santé national tout en intervenant au plus près des communautés, y compris les plus reculées notamment pour améliorer la santé materno-infantile. En 25 ans, le taux de mortalité a baissé et les femmes et enfants sont mieux pris en charge.

 

 

Limiter les épidémies

Des améliorations sont également visibles dans le traitement du choléra. En 2010, quelques mois après le séisme, est apparue une épidémie de choléra, maladie jusqu’alors inexistante en Haïti et qui a causé plus de 10 000 décès depuis cette date. Après Matthew, toutes les conditions étaient réunies pour que cette épidémie tue à nouveau. En prévision d’une nouvelle catastrophe, Médecins du Monde avait établi un plan d’urgence choléra pour répondre dans des délais très courts à de nouvelles flambées. Outre les soins apportés, des séances éducatives ont été menées auprès des communautés affectées.

 


Médecins du Monde constate que le travail des acteurs locaux soutenu par les partenaires internationaux a permis d’éviter le pire. Cependant, la situation reste toujours aussi critique. Médecins du Monde appelle les bailleurs à rester mobilisés pour répondre à l’urgence humanitaire plus que jamais d’actualité (les besoins alimentaires sont immenses, les cas de malnutrition se multiplient) mais aussi pour anticiper des perspectives durables qui permettront de construire un état stable, capable de répondre aux situations d’urgence.

 

 

Un membre de l'équipe pulvérise une solution pour limiter la propagation de l'épidémie de Choléra © olivier Papegnies
Un membre de l'équipe pulvérise une solution pour limiter la propagation de l'épidémie de Choléra © olivier Papegnies
Lisa Véran
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70 € permettent de prendre en charge un cas compliqué de choléra

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