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Haïti : une nouvelle épidémie de choléra ?

Haïti : une nouvelle épidémie de choléra ?

Depuis l’urgence choléra en octobre 2010 qui a causé la mort de plus de 9000 personnes, Médecins du Monde avait mis en œuvre un programme de lutte contre cette épidémie pour améliorer la qualité de la prise en charge des nouveaux cas ainsi que pour réduire le taux de létalité institutionnelle à moins de 1 %, en appuyant les structures de santé, les directions sanitaires et les communautés au sein de sept départements. Alors que les équipes de Médecins du Monde n’avaient recensé en Grand’Anse que 171 nouveaux cas en septembre 2016 et 0 décès, après le passage de Matthew, 1232 nouveaux cas suspects de choléra pour 12 décès ont été déplorés en octobre et 947 cas suspects (8 décès) en novembre.

En réponse aux flambées, le pool d’urgence choléra a été renforcé pour assurer la prise en charge des personnes malades et créer des cordons sanitaires dans les communautés afin d’interrompre la propagation de la maladie, et de concert avec les partenaires WaSH, mettre en place des points d’eau potable, améliorer l’assainissement et les mesures d’hygiène et enfin sensibiliser les communautés aux risques sanitaires et aux mesures de prévention des maladies diarrhéiques. Reportage en Grand’Anse avec ces équipes.

Ou tu traites vite, ou tu meurs vite


Mardi 6 décembre 2016, après un recensement des nouveaux cas arrivés la veille au Centre de Traitement du Choléra (CTC) de Jérémie, les équipes mobiles se préparent à aller sur le terrain. Afin de lutter contre la propagation de la maladie au sein des communautés impactées, une équipe de 4 personnes menée par Adeline, se rend dans le village de Font Bayard d’où proviennent les personnes malades. Pendant que Paulette, Honoré, Alexandre, Fortuné sont soignés par les équipes de Médecins du Monde au CTC de Jérémie, Juliette se prépare à décontaminer les maisons infectées et ses alentours.

 

En parallèle, les équipes discutent et informent les villageois des mesures d’hygiène à prendre : boire de l’eau traitée ou bouillie, pas de « caca sauvage » qui viendraient contaminer les sources puis en cas de diarrhées suspectes, se réhydrater via des sels de réhydratation orale et prendre les antibiotiques distribués par les équipes. Cette matinée, ce sont ainsi plus d’une vingtaine de personnes qui ont été sensibilisées. Si ces précautions sont respectées, ils auront réussi à circonscrire le foyer infectieux et éviter de nouvelles flambées. Les équipes repasseront la semaine suivante pour s’assurer que l’épidémie a bien été éliminée dans ce village.

 

 

Nos équipes décontaminent les lieux de vie © Olivier Papegnies
Nos équipes décontaminent les lieux de vie © Olivier Papegnies

Aller vers les populations isolées

 

Pour les personnes les plus éloignées du système de santé – certains villages se trouvent à 7h de marche du centre de santé le plus proche –, des équipes mobiles se déplacent et s’installent pendant plusieurs jours directement dans les communautés. Après plusieurs cas suspects signalés à Bataille d’Eau où 109 familles résident, 3 infirmiers et un animateur mettent en place un centre de traitement provisoire afin d’endiguer un début d’épidémie dans cette communauté accessible après deux heures de marche.

pour accéder aux populations les plus reculées, Médecins du Monde installe des centres de traitement provisoires © Olivier Papegnies
pour accéder aux populations les plus reculées, Médecins du Monde installe des centres de traitement provisoires © Olivier Papegnies

Mercredi 7 décembre, Walson Julot est pris en charge en urgence. Trop éloigné, trop vulnérable, sans Médecins du Monde, il serait aujourd’hui certainement décédé. Et inlassablement, les équipes continuent leur travail de décontamination ; inévitablement, elles sensibilisent les habitants aux mesures d’hygiène à respecter : Si caca sauvage, si main sans lavage, eau tu pollueras, dommage choléra tu auras.

Lisa Véran
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