Accéder aux populations en danger au Mali

La crise politique qui sévit dans le nord du Mali depuis le début de l’année 2012 est venue aggraver la situation alimentaire et sanitaire des populations, déjà en grande difficulté. Grâce à sa présence dans la région, Médecins du Monde a pu agir rapidement auprès des personnes réfugiées.

 

Les conflits armés déclenchés au début de l’année par les rebelles touaregs puis relayés par les groupes djihadistes dans le nord du Mali ont profondément aggravé la situation des populations de la région, déjà fortement menacées par l’insécurité alimentaire qui touche le Sahel. Plus de 400 000 personnes ont fui vers le sud du pays ou franchi les frontières des pays voisins pour rejoindre des camps de réfugiés.

LES PROGRAMMES AU MALI SE POURSUIVENT

Médecins du Monde soutient plusieurs programmes de développement au Mali. « À Bamako, le projet auprès des personnes migrantes fonctionne normalement, explique Isabelle Bruand, responsable de desk Afrique. Le projet d’appui au district de santé de Koro, dans la région de Mopti, et celui sur la prise en charge des femmes souffrant de fistules ont  été interrompus quelques semaines avant de reprendre leur cours. À Mopti, la fréquentation reste plus faible, car les femmes se déplacent plus difficilement. »

Plus de 400 000 personnes ont fui pour rejoindre les camps de réfugiés.

L'IMPACT SUR LE SYSTÈME DE SANTÉ LOCAL

Enfin les programmes auprès des populations directement touchées par le conflit dans le Nord, à Gao et Kidal, se poursuivent, même si l’accès des équipes internationales y est plus limité.

Assitance aux réfugiés

Actuellement, plus de 268 706 maliens sont réfugiés dans les pays voisins. Au Burkina Faso, ils sont plus de 100 000 répartis sur plusieurs camps. Présent dans la province du Soum, Médecins du Monde a ainsi pu soutenir les autorités sanitaires dans l’organisation de l’aide d’urgence sur deux camps, celui de Mentao, tout près de Djibo, et celui de Damba, qui accueillent 15 000 réfugiés, un chiffre stable depuis plusieurs mois. « En cas d’urgence humanitaire, on préfère agir là où nous sommes déjà présents plutôt que de s’implanter sur une nouvelle zone, précise Isabelle Bruand. À Djibo, nous connaissons bien le district et les autorités locales. Nous avons mis en place trois centres de santé qui accueillent les réfugiés comme la population hôte. Les équipes travaillent en proximité avec les bénéficiaires. »  Médecins du Monde développe également des actions de prévention du VIHinfo-icon, ainsi que des consultations materno-infantiles, préventives et curatives, menées par des infirmières et des sages-femmes.

L’AVENIR INCERTAIN DES POPULATIONS

Avec l’intervention armée envisagée par la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (Cedeao) sous l’égide de l’ONUinfo-icon, le déploiement de troupes afin de reconquérir la région du Nord, contrôlée par les groupes islamistes, risque d’exposer davantage encore les populations civiles. Dans ce contexte, Médecins du Monde cherche à évaluer en permanence les besoins et à y ajuster ses actions. Une mission exploratoire a ainsi eu lieu en septembre dans la région de Mopti, frontalière de la région du Nord. « La crise actuelle a un impact sur le système de santé local, déjà fragile, analyse Isabelle Bruand. La question est de savoir si l’on pourra intervenir dans les conditions de sécurité actuelles. Il s’agirait avant tout de venir en aide aux centres de santé déjà existants, voire de mettre en place des cliniques mobiles pour aller au-devant des personnes pour lesquelles l’accès aux soins est de plus en plus compliqué. »

Catherine Legras
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