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Yémen : soigner sous les bombes

Articles 01.06.2022

© Reuters

Depuis plus de sept ans, le conflit qui oppose les forces gouvernementales aux rebelles houthis ravage le Yémen, provoquant l’une des pires crises humanitaires actuelles. Médecins du Monde poursuit son intervention dans le nord, tenu par les Houthis, et dans le sud, sous l’autorité du gouvernement reconnu internationalement.

Malgré les pénuries, les destructions et le danger permanent, cinq centres de santé du nord du Yémen, dans le gouvernorat de Sanaa, et dix autres dans le sud, autour d’Aden, sont soutenus par l’association. Une offre médicale essentielle y est proposée : des soins de santé primaires, de nutrition, de santé sexuelle et reproductive, de santé mentale, ou encore la vaccination des enfants. 400 000 femmes, hommes et enfants sont ainsi soignés.

Pour compléter ce dispositif, Médecins du Monde a décidé de mettre en place un nouveau volet d’activités dédié aux violences liées au genre. Il s’agit de répondre à un besoin de protection, car le conflit a des conséquences dans la sphère familiale où les cas de violence domestique sont exacerbés par la peur, l’isolement, les privations.

Composer avec les dangers

Si les combats ne menacent pas directement la mise en œuvre des programmes de Médecins du Monde, leur impact se fait sentir sur les moyens de communication notamment. La destruction des tours de communication provoque des coupures d’Internet pendant des jours, ce qui ralentit les activités. Et lorsque l’aéroport est bombardé, c’est l’accès au pays qui est compromis.

Dans le sud du pays, les attentats et les affrontements réguliers entraînent des mesures de sécurité très strictes mais l’accès aux centres de santé demeure possible. Le matériel médical et les médicaments achetés en France sont acheminés par bateau au port d’Aden. Il faut ensuite les transporter vers les centres de la région et vers le nord. Les démarches administratives compliquent le transit et allongent les délais d’approvisionnement.

Ils sont en moyenne de six mois. Des conditions extrêmement difficiles, qui contraignent les équipes de l’association à anticiper pour limiter les ruptures de stock.

© Reuters

S’adapter à l’évolution du conflit

Si le conflit touche directement de nombreuses régions du Yémen, depuis plusieurs mois les combats sont particulièrement intenses autour de Marib, chef-lieu d’un gouvernorat au centre du pays. La zone est stratégique, c’est là que se trouvent 90 % des réserves de pétrole yéménites.

Tenue par les autorités du sud, elle est soumise à une offensive du nord. La situation s’enlise, les combats sont quotidiens et les lignes de front changent sans arrêt.

Marib accueille aujourd’hui le plus grand nombre de déplacés du pays, des dizaines de milliers de personnes qui fuient les combats et les bombardements pour rejoindre la ville, plus sûre. Alors qu’elle comptait 50 à 60 000 habitants avant la guerre, ils sont près de 300 000 depuis quelques mois.

Et l’accès aux soins est complètement saturé. Médecins du Monde a donc décidé d’y soutenir cinq nouveaux centres de santé. L’association y déploiera son aide dès le printemps 2022.