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Ebola en RDC: construire la réponse avec les communautés pour endiguer l’épidémie

09.06.2026

© Philémon Barbier

  • Ebola en RDC : co-construire la réponse avec les communautés pour endiguer l’épidémie

En à peine plus de deux semaines, l’épidémie d’Ebola qui sévit à l’est de la République démocratique du Congo (RDC) a touché plus de 320 personnes, dont près de 50 sont déjà décédées [1], tandis que des dizaines de cas suspects continuent d’être enregistrés chaque jour. L’épidémie progresse à toute allure et les autorités sanitaires, aux côtés des acteurs humanitaires, s’activent pour tenter d’endiguer sa propagation.

Co-construire la réponse

Si l’épicentre de l’épidémie reste pour l’instant situé en Ituri, les provinces du Nord-Kivu et du Sud-Kivu voient le nombre de cas augmenter de jour en jour. Sur place, les équipes de Médecins du Monde travaillent en étroite collaboration avec les prestataires de soins, les organisations de la société civile et les relais communautaires afin de renforcer la communication sur les risques liés à la maladie et l’engagement communautaire (CREC).

La CREC est un pilier transversal fondamental de la réponse à une épidémie d’Ebola, car elle permet de véhiculer des informations sûres, fiables et en temps réel au sein de la population. C’est également un moyen très efficace pour (ré)instaurer la confiance entre les communautés et les acteurs de la réponse, lutter contre la désinformation et favoriser la détection rapide des patients présentant des symptômes suspects.

« Les communautés locales connaissent mieux que nous leur environnement. C’est pourquoi il faut éviter d’arriver avec des messages et des solutions toutes faites, et donner l’opportunité à la population de co-construire une intervention adaptée »

Insiste Oscar B. Ayagirwe

À Ibanda ou Katana, par exemple, deux zones de santé du Sud-Kivu situées à proximité du lac Kivu, et donc marquées par un flux important de voyageur·euses, les équipes de Médecins du Monde insistent sur la vigilance à avoir face aux mouvements de population, notamment en provenance des zones fortement touchées par l’épidémie. En revanche, dans une zone comme Miti-Murhesa, frontalière avec le parc national de Kahuzi-Biega, la communication se concentre davantage sur les risques liés à la consommation de viande de brousse, l’un des vecteurs de transmission de la maladie.

Tous et toutes engagé·es

Depuis la semaine passée, en collaboration avec les autorités sanitaires locales, 300 relais communautaires ont déjà été formés par Médecins du Monde dans plusieurs zones de santé à Bukavu et aux alentours, où les premiers cas d’Ebola ont été enregistrés au Sud-Kivu. Avec l’accompagnement constant des équipes de Médecins du Monde, chaque personne formée a désormais la charge de sensibiliser entre 50 et 70 ménages de sa communauté.

« L’objectif est de toucher le plus de monde possible, le plus rapidement possible. De cette manière, tout le monde se sent concerné et peut agir à son niveau. La lutte contre l’épidémie n’est pas seulement la responsabilité des expert·es. Chacun·e est responsable de veiller sur sa famille, ses voisin·es et sa communauté »

Conclut Oscar B. Ayagirwe

À retenir

  • [1] Données officielles des autorités sanitaires congolaises mises à jour au 31 mai 2026. Les chiffres ont été revus à la baisse à la suite de la vérification/confirmation progressive des cas.
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