Faire un don

République démocratique du Congo

République démocratique du Congo

50 %

des grossesses ne sont pas désirées à Kinshasa

1/4

des adolescentes tombent enceintes avant 19 ans

25 000

enfants vivent dans la rue à Kinshasa

La situation

À Kinshasa, près d’une grossesse sur deux n’est pas désirée et dans le pays, une fille sur quatre est enceinte pour la première fois avant l’âge de 19 ans. Or l’accès à la contraception est illégal pour les mineures et l’avortement n’est autorisé qu’à des fins thérapeutiques, mais même dans ces cas l’accès à l’avortement n’est pas effectif.

 

Entre 2006 et 2011, le nombre d’enfants vivant dans les rues de Kinshasa a augmenté de 45 %. Ils sont aujourd’hui 26 000, dont 46% de filles. Dans cette situation, les filles, qui vivent essentiellement de prostitution, risquent d’être infectées par le VIHinfo-icon, l’hépatite B et les autres MSTinfo-icon. Les grossesses précoces et non désirées sont très fréquentes : chaque mois, 61 bébés naissent dans la rue. Parmi eux, 5 ne vivront pas plus d’un mois.

Chaque mois, 61 bébés naissent dans la rue.

 

Notre action

 

FEMMES & ENFANTS

Les adolescentes de Kinshasa

Dans deux zones de santé de la mégalopole, Médecins du Monde intervient auprès des adolescents pour les informer et les sensibiliser sur les questions de santé sexuelle et reproductive. En collaboration l’association locale HPP Congo, Médecins du Monde tente d’améliorer l’accès des jeunes filles au planning familial, de les informer sur les ISTinfo-icon, d’offrir des soins à celles ayant avorté ou de prendre en charge celles qui ont subi des violences sexuelles. Améliorer l’accès à ces services leur permettra de choisir d’avoir un enfant quand et si elles le souhaitent, et leur assurera une certaine autonomie vis-à-vis de leur famille et de leur communauté.

 

Kinshasa
Kinshasa

En 2015

Nous avons aidé :

  • 11 200 jeunes de 10 à 24 ans / 564 227 personnes vivant dans les zones de santé de Selembao et Kingabwa

Médecins du Monde forme par ailleurs le personnel de santé, en lien avec le ministère, à une approche adaptée aux adolescents. Enfin, l’association soutient la société civile auprès des autorités pour rendre la contraception des mineurs et l’avortement légaux.

 

Une loi a été présentée au parlement en juin 2014 pour promouvoir l’accès libre à la contraception pour toute femme en âge de procréer. La Cour supérieure de justice a donné un avis positif.

815.497 €
  • © Luc Valigny

    Merlyne

    « Si tu oses avorter, tu vas mourir! » Voilà ce que lui a répondu l’infirmier qu’a consulté Merlyne lorsqu’elle a appris qu’elle était enceinte. Elle ne désirait pas cet enfant, son fiancé non plus : Merlyne ne pensait pas pouvoir tomber enceinte, et n’utilisait aucun contraceptif, faute d’information sur les différentes méthodes disponibles. Quand son fiancé a compris qu’elle n’avorterait pas, il n’a pas assumé et s’est enfui : le jour où Merlyne a accouché, cela faisait déjà plusieurs mois qu’il n’avait plus donné signe de vie.
    Merlyne a aujourd’hui 20 ans, et même si elle est heureuse d’avoir une petite fille de 4 mois, Grady, elle aurait préféré attendre de pouvoir subvenir seule à ses besoins. Elle et sa fille sont une charge supplémentaire pour ses parents. Merlyne ne veut pas entendre parler d’une nouvelle grossesse, mais ne prend aucune méthode contraceptive pour l’éviter. Elle est pourtant bien décidée à prendre le temps de voir son premier enfant grandir, et à accomplir son rêve : ouvrir un salon de coiffure et acquérir son autonomie.

    Merlyne
  • © Luc Valigny

    Tina

    Tina n’a que 12 ans quand elle tombe enceinte pour la première fois. Trop jeune pour comprendre ce qui se passe dans son corps, elle ne réalise ce qui lui arrive qu’au bout du sixième mois. Ses parents hésitent à interrompre cette grossesse précoce et non désirée : ils ont trop peur que Tina ne perde la vie. Ils préfèrent demander au père de l’enfant d’assumer ses responsabilités. Contrainte et forcée par cette grossesse inattendue, Tina se retrouve obligée de poursuivre sa relation avec cet homme. Deux autres enfants suivront rapidement, mais la vie du couple se dégrade à tel point que Tina doit demander au père de ses enfants de partir. Elle a trouvé depuis un nouveau copain, et souhaite désormais prendre le temps avant de faire un nouvel enfant et décider librement du moment opportun. Sur les conseils d’une amie, elle s’est fait poser un implant qui la protège pour 5 ans, mais c’est un secret : elle n’ose pas en parler à son nouvel ami, de crainte de sa réaction s’il l’apprenait.

    Tina
  • © Luc Valigny

    Omba

    L’aîné a 12 ans, le dernier 2 mois. Les autres 10, 8 et 4 ans. Leur mère, Omba, n’a que 28 ans et 6 enfants déjà. Pourtant, elle n’en voulait que deux, mais les grossesses se sont suivies les unes après les autres. Pour cette femme qui n’a pas accès aux informations sur la planification familiale, c’est à chaque fois une malédiction. Même ses voisines se moquent d’elles de la voir tomber enceinte si souvent : elles lui proposent de l’aide pour avorter, mais Omba a trop peur de mourir. Aujourd’hui, Omba et son mari sont tous les deux au chômage : ils vivent dans l’angoisse de ne pouvoir nourrir correctement leurs enfants et seul le petit de 4 ans est scolarisé, faute de moyens. Omba est allée dans un centre de santé où on lui a parlé d’une méthode d’implant qui la mettrait à l’abri d’une nouvelle grossesse durant 5 ans. Mais pour cela, il faudrait de l’argent. Omba n’en a pas : elle n’a que des enfants. 

    Omba
  • © Luc Valigny

    Audrey

    Après une première grossesse non désirée à l’âge de 21 ans, Audrey enchaîne trois autres grossesses, chacune à un an d’intervalle. Le médecin l’a pourtant prévenue des risques que cela représente pour sa santé comme pour celle de ses enfants, mais Audrey n’est pas suffisamment informée sur les méthodes de contraception et n’a pas les moyens de faire autrement. Elle décide alors de s’intéresser à la planification familiale, et d’en parler à son mari Sustan. D’un commun accord, ils optent pour le préservatif afin de contrôler les naissances à venir : neuf ans passeront ainsi avant l’arrivée de leur dernier enfant suite à une grossesse désirée et planifiée. À 36 ans, Audrey est mère de 5 enfants, âgés respectivement de 15 ans, 11 ans, 10 ans, 9 ans et 9 mois. Elle en est désormais convaincue : la planification des naissances est une affaire de couple, et c’est à deux que doit se prendre la décision de faire ou non des enfants. Un avis heureusement partagé par son mari.

    Audrey
  • © Luc Valigny

    Irène

    Irène a un ami depuis peu de temps, et l’annonce de sa grossesse est un choc. Ils n’ont eu que quatre rapports sexuels, et elle ne pensait pas tomber enceinte si rapidement : ni ses parents, ni l’école ne lui ont expliqué pourquoi et comment se protéger. Pour cette brillante élève de 19 ans, en dernière année d’étude, une grossesse signifie l’arrêt de sa scolarité. De cette grossesse non désirée, elle n’ose même pas parler à son copain, qui l’a déjà menacée plusieurs fois de la quitter si elle tombait enceinte. Elle essaye d’abord d’avorter par tous les moyens, mais cela demande de l’argent qu’elle n’a pas. Quand elle se résout enfin à dire la vérité, son copain la quitte, la laissant seule face à cette grossesse pour laquelle elle ne se sent pas prête… À la naissance de Moïse, son ami décide finalement de revenir et d’assumer son rôle de père. Mais Irène, a été profondément marquée par cette grossesse qu'elle ne désirait pas.. Elle impose désormais l’usage du préservatif à son ami : la prochaine fois qu’elle sera enceinte, c’est qu’elle l’aura décidé. En toute liberté.

    Irène
  • © Luc Valigny

    Nadège

    Orpheline très jeune, Nadège a été élevée par sa tante qui n’avait pas les moyens de l’envoyer à l’école. Après une adolescence marquée par la pauvreté, elle n’a que 20 ans lorsqu’elle se retrouve enceinte de son premier enfant. Pour Nadège, cette grossesse sonne comme « la fin du monde ». Elle ne s’y attendait pas et ne désire pas cet enfant. Elle cherche alors à se faire avorter à tout prix : moyennant finance, un infirmier accepte de l’aider. Mais le jour de l’intervention, ce dernier lui explique qu’il a fait un mauvais rêve durant la nuit, dans lequel il a vu Nadège mourir. Il refuse de pratiquer l’intervention et lui rend son argent. Depuis, Nadège a eu deux autres enfants, dont le dernier n’a qu’un an : deux grossesses non désirées de plus… Bien sûr, elle a entendu parler des moyens de contraception, et notamment de l’implant qui dure 5 ans et coûte environ 20 dollars. Nadège espère un jour pouvoir réunir une telle somme. En attendant, elle utilise des préservatifs.

    Nadège

 

FEMMES & ENFANTS

Les filles des rues de Kinshasa

À Kinshasa, Médecins du Monde travaille avec le réseau des éducateurs des enfants et jeunes de la rue (Reejer). L’association soutient et renforce le pôle médical mis en place par le Reejerinfo-icon en 2014, qui facilite l’accès aux soins et à la contraception pour les enfants des rues.

 

Y sont proposés des consultations médicales, notamment de suivi de grossesse, des vaccins contre l’hépatite et des moyens de contraception. Une enquête réalisée en 2014 montre qu’après 4 ans d’intervention, l’utilisation du contraceptif est passée de 3 à 43 % et le taux d’IVGinfo-icon a baissé de 40 à 23 %. Médecins du Monde plaide également auprès des autorités pour que les enfants aient accès gratuitement aux structures publiques de santé.

2015 a été l’année de la passation finale du projet par MdM au Reejerinfo-icon, qui en avril 2016 prendra le lead complet du programme.

 

Le savez-vous ?

 

La RDCinfo-icon affiche un des taux de mortalité maternelle les plus importants au monde.

Kinshasa
Kinshasa

En 2015

Nous avons aidé :

  • Environ 26 000 enfants vivant dans les rues de Kinshasa, dont 11 960 filles

  • 392 filles qui ont nouvellement adopté une méthode contraceptive, dont 64% une méthode de longue durée

1 163 921 €
25 000 enfants vivent dans la rue à Kinshasa. © Lâm Duc Hiên
25 000 enfants vivent dans la rue à Kinshasa. © Lâm Duc Hiên

LES PERSONNES EN SITUATION DE RISQUE


Prévention, dépistage et prise en charge du VIH/Sida chez les jeunes

Au Nord-Kivu et à Kinshasa, forte de son expertise auprès des jeunes en matière de santé sexuelle et reproductive, Médecins du Monde travaille avec des partenaires locaux, civils et institutionnels pour renforcer la qualité des services de prévention, de dépistage et de prise en charge du VIHinfo-icon.

Le projet cible les et les jeunes et les adolescents (de 10 et 24 ans), quel que soit leurs statuts, leurs origines ou leurs pratiques sexuelles. Par ailleurs, le projet s’inscrit dans le cadre de la stratégie nationale de lutte contre le VIHinfo-icon/Sidainfo-icon en RDCinfo-icon, qu’il appuie par la production de connaissances sur l’épidémie et la promotion d’un environnement favorable à la lutte contre cette maladie.

Notre programme s’articule autour de 4 axes majeurs : 

  • L’amélioration des connaissances sur l’épidémie
  • Le renforcement des capacités des professionnels et le dépistage
  • La création de liens entre les structures de santé et les jeunes
  • Les actions de plaidoyer visant à l’instauration d’un cadre social et légal favorable à la lutte contre le VIHinfo-icon
1 007 760 €
Historique
1994
Programmes d’urgence dans les provinces du Kasaï, du Sud et du Nord-Kivu puis de Province Orientale. Fermeture en 1998.
1999
Ouverture d’un programme destiné aux enfants des rues à Kinshasa.
2002
Ouverture, dans la région du lac Tanganyika, d’un programme d’accès aux soins et de prise en charge du choléra. Fermeture en 2011.
2003
Ouverture d’un programme de lutte contre le sida à Goma, dans la province du Nord-Kivu. Fermeture en 2015.
2008
Ouverture d’un programme de santé mentale liée aux violences liées au genre au Nord-Kivu. Fermeture en 2013.
2014
Ouverture d’un programme de santé sexuelle et reproductive spécifique pour les adolescents de Kinshasa.

Votre soutien

S'informer

Je m'inscris à la newsletter.

Nous rejoindre

Je postule en ligne.