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La chasse à l'homme perdure

Les conditions de vie déplorables touchent des personnes déjà fragilisées et viennent dégrader davantage leur état de santé physique et mentale. ©Reuters

La chasse à l'homme perdure

Après l’« opération de mise à l’abri » du campement de la Porte de La Chapelle le 18 août dernier, la présence des forces de l’ordre s’est renforcée. Ces dernières empêchent tout regroupement et pratiquent un harcèlement systématique auprès des migrants.

Harcelés

« Depuis une dizaine de jours, nos équipes constatent une politique de chasse à l’homme délibérée, qui vise à repousser les migrants pour les éloigner et les rendre invisibles. Nous craignons que la situation ne dégénère avec ces nouvelles pratiques violentes » déplore le docteur Françoise Sivignon, Présidente de Médecins du Monde.

Nos équipes constatent une politique de chasse à l’homme délibérée.

Tout au long de la journée, les forces de l’ordre interviennent pour déloger les exilés ou les disperser. La situation des personnes, contraintes d’être constamment en mouvement et de se cacher pour dormir, se dégrade. Leurs besoins primaires ne sont pas couverts, les distributions de repas étant régulièrement entravées. Leur accès aux soins est aussi problématique en raison de leur mobilité permanente.

 

Nos activités entravées

Le camion médicalisé de Médecins du Monde a fait l’objet à plusieurs reprises d’interruptions d’activités de la part des forces de l’ordre. Nos équipes ont été contraintes de quitter les lieux afin d’éviter de créer un supposé « point de fixation » alors que nous prodiguions des soins. « Notre espace d’intervention humanitaire est volontairement réduit, nous ne pouvons plus effectuer notre travail correctement » poursuit-elle.

Pour une politique migratoire empreinte d'humanité

Fin juin 2017, Médecins du Monde interpellait le Président Emmanuel Macron pour mettre fin à la situation indigne Porte de La Chapelle. « Si la réponse apportée consiste à disperser et harceler, c’est incohérent et inadapté. L’engagement de Monsieur Macron de « plus personne à la rue d’ici la fin d’année » doit se concrétiser par une politique d’accueil et d’intégration respectueuse, non par la violence des dispersions » conclut Françoise Sivignon.

 

 

Médecins du Monde demande l’arrêt immédiat de ces pratiques et :
-    L’ouverture de centres d’accueil inconditionnel en France pour une mise à l’abri respectueuse des droits des personnes
-    L’élaboration puis la mise en place d’une politique migratoire et d’intégration ambitieuse empreinte d’humanité pour assurer la protection des migrants