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Un camp aux conditions de vie inhumaines

Un camp aux conditions de vie inhumaines

Lettre ouverte alertant les pouvoirs publics sur la situation du camp de la Linière à Grande Synthe.

Monsieur le Maire,

Mesdames et messieurs les administré.e.s,

 

Début 2016 s’effectuait le déménagement de 2 800 personnes qui occupaient le « camp sauvage » du Baroch vers celui de la linière, le premier camp en France qui devait répondre aux « normes humanitaires internationales ».

Contrairement à ce qui avait été annoncé il y a un an et malgré des variations importantes de populations (700 départs en CAO depuis mars 2016 et le constat de la présence de 780 exilés en novembre dernier), le camp ne s’est pas désempli à ce jour. Le dernier décompte fait état de 1 450 personnes au 16/02/2017 (nombre officialisé par la mairie de Grande Synthe)*.

C’est pourquoi les associations alertent à nouveau les pouvoirs publics face à cette situation et sur les conséquences désastreuses pour les personnes qui vivent dans ce camp.

Nous rappelons que plus de 200 personnes en demande d’asile, sont en attente de partir au sein de structures ad hoc, mais, faute de place, elles sont contraintes de rester sur ce camp. Nous rappelons qu’il est de la responsabilité de l'Etat de prendre en charge ces personnes dans des dispositifs adaptés à leur besoin de protection tels que CADA ou HUDA.

Nous déplorons une importante dégradation des conditions de vie au sein du camp :

  • surpopulation, 50 personnes dormant dans les cuisines communautaires
  • vétusté des abris, humidité, moisissures
  • dégradation de la salubrité, augmentation des déchets à proximité des abris

Nous nous inquiétons des conséquences sur la santé : risque épidémique accru lié à la promiscuité, exposition aux aléas climatiques. Nous craignons que ces facteurs aient un impact non négligeable sur la santé mentale des résidents du camp.

 

 

Au-delà de ces aspects matériels des conditions de vie, nous sommes particulièrement préoccupés par la sécurité des personnes vivant sur ce camp. En premier lieu celle des femmes et des enfants : pas d'espace dédié et sécurisé pour les personnes vulnérables ; des sanitaires qui ne ferment pas à clefs et ne sont pas sécurisés la nuit et peuvent être le lieu d'agressions ; des femmes qui disent ouvertement se refuser d'utiliser les sanitaires ou sortir dans le camp la nuit.

En cohérence avec la demande du Maire de Grande Synthe, Monsieur Damien Carême, les associations interpellent les pouvoirs publics sur la nécessité de réaménager ce camp afin qu’il réponde à des normes humanitaires sécurisant les personnes qui y vivent.

Pour ce qui est des femmes, avec ou sans enfants, il est nécessaire que soit aménagée une zone protégée qui les mettrait à l’abri de toute atteinte à leur dignité. Une zone de vie qui leur donnerait la possibilité plus sereine de se projeter dans l’avenir.

Il en est de même pour ce qui concerne les mineurs ; Nous rappelons que l’Etat s’était engagé à mettre en place dans les Hauts de France en collaboration avec le Home Office un dispositif de suivi des mineurs désireux de rejoindre l’Angleterre. Il est impératif que sur ce camp, les mineurs non accompagnés ou assimilés soient protégés. Il doit être aménagé un lieu d’accueil spécifique qui les prendrait en charge et les mettrait à l’abri de toute menace interne ou externe au camp.

 

 

Les associations se tiennent à disposition pour travailler de toute urgence en partenariat avec les acteurs de l’Etat et des collectivités pour repenser l’organisation du camp. Définir un lieu qui permette de répondre aux besoins vitaux et à la sécurité des personnes qui y vivent en garantissant un accueil digne et respectueux des Droits Humains.

 

Signataires

ADRA France Antenne locale Dunkerque ; Aide Migrantsinfo-icon Solidarité (AMiS) ; Auberge des Migrantsinfo-icon ; ASR Collectif ; Care4Calais ; Croix Rouge Française ; ECNou ; Fraternité Migrantsinfo-icon Bassin Minier 62 ; Gynécologie Sans Frontière ; UNICEF France ; Médecins Du Monde

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