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Les oubliés de l’hébergement d’urgence

©Olivier Papegnies

Les oubliés de l’hébergement d’urgence

Alors que le logement pour tous est un droit fondamental, la France connaît aujourd’hui une grave crise de l’hébergement d’urgence. De plus en plus de personnes vulnérables (femmes enceintes, familles avec enfant(s), personnes malades…) sollicitent le Samu social sans succès ou sont confrontées à des ruptures d’hébergement faute de places. Des situations qui, exceptionnelles il y a quelques années, deviennent aujourd’hui récurrentes.

Le 115, un dispositif saturé

Médecins du Monde rend publique une étude menée en Ile-de-France auprès de 192 personnes identifiées comme vulnérables et n’ayant aucune solution d’hébergement (2/3 sont des hommes, 1/3 des femmes). 

Pour les personnes sans-domicile fixe, le seul recours disponible est celui de l’appel au 115. Mais ce dispositif est totalement saturé : le nombre de demandes est en augmentation exponentielle et alarmante depuis plusieurs années. Pourtant, ce système reste peu ou mal connu : 55% des personnes interrogées n’ont jamais sollicité le 115, soit parce qu’elles ne connaissent pas son existence (43% des personnes), soit parce qu’elles ne souhaitent pas y faire appel (12% des personnes). En effet, découragées par le manque de place, les difficultés pour joindre le dispositif ou par les mauvaises expériences, les personnes finissent souvent par renoncer.  Finalement, seule près d’une personne interrogée sur cinq a été mise à l’abri au moins une fois par le 115, alors même que tous combinaient précarité, absence de domicile fixe et vulnérabilité.

Seule une personne sur cinq a été mise à l’abri au moins une fois par le 115.

Le mal logement a des impacts directs sur la santé

La méconnaissance, la non-prise en charge ou le renoncement amènent les personnes rencontrées pour cette enquête à se débrouiller par elles-mêmes pour essayer de se mettre à l’abri : 37% vivent à la rue, 35% sont hébergées chez un tiers, 15% vivent en squat ou sur un terrain sans droit. 

Ne pas avoir de toit ou vivre dans un logement indigne a des répercussions indéniables sur la santé (épuisement, stress, alimentation déséquilibrée, mauvaises conditions d’hygiène, difficultés d’observance des traitements médicamenteux, problèmes d’addiction ou de santé mentale…) et peut être un facteur aggravant de pathologies existantes. Parmi les personnes interrogées, plus de la moitié (54,5 %) jugent leur état de santé global « mauvais à très mauvais » et 14 % ont déclaré une maladie chronique. Par ailleurs, leurs conditions de vie aggravent la logique de survie et d’errance et les exposent à différentes formes de violences, et ne leur permettent ni de se projeter ni d’envisager une possibilité d’insertion.

Parmi les personnes interrogées, 37% n'ont d'autre choix que de vivre à la rue - ©AFP
Parmi les personnes interrogées, 37% n'ont d'autre choix que de vivre à la rue - ©AFP

Ne pas avoir de toit ou vivre dans un logement indigne a des répercussions indéniables sur la santé.

 

L'Etat doit prendre ses responsabilités

Cette étude met en lumière une population ultra-précarisée, souvent invisible dans les statistiques traditionnelles, celles-ci ne comptabilisant que les personnes qui ont recours au 115. Elle dénonce surtout un système qui échoue dans la prise en charge des personnes en situation de grande vulnérabilité.

A la veille de la fin de la trêve des expulsions locative et des plans hivernaux d'hébergement, Médecins du Monde, membre du Collectif des Associations Unies (CAUinfo-icon), rappelle à l’État, responsable de la prise en charge des personnes sans abri, que : 

  • Les droits au logement et à l’accueil inconditionnel quelle que soit la situation administrative des personnes doivent être respectés en mobilisant les préfets, collectivités territoriales, bailleurs et associations pour trouver des alternatives sur les territoires,
  • Pour répondre aux situations d’urgence, il est nécessaire d’offrir toute l’année un parc d’hébergement respectueux de l’accueil inconditionnel et de la dignité des personnes, proposant un accompagnement à toute personne en situation de détresse, 
  • Il faut renforcer les moyens des 115 pour assurer un réel accueil inconditionnel des personnes en précarité.

Et rappelle les 3 engagements fermes et immédiats que le CAUinfo-icon demande à Madame la ministre du Logement et de l’habitat durable :

  • Personne ne doit être contraint de vivre à la rue,
  • Personne ne doit être remis à la rue sans solution de logement ou d’hébergement pérenne à la fin de l’hiver,
  • Personne ne doit être expulsé de son logement, d’un terrain ou d’un squat sans solution alternative et durable.
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