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Le diagnostic 2011 des personnes en danger

Le diagnostic 2011 des personnes en danger

"La tuberculose, c’est une maladie de la pauvreté, du mal-logement. Nous pouvons tous être porteurs du bacille de la tuberculose, mais dans des conditions d’hygiène normales, dans des logements sains, il restera au repos. Lorsqu’on est exposé à des conditions de vie difficiles, une sous-alimentation, un logement insalubre, là il peut trouver un nid pour se développer".

Jeanine Rochefort,
responsable du Caso de Saint-Denis.


Le retour des endémies de la misère

Depuis 2008, une épidémie de rougeole en population générale sévit en France. Au total, plus de 20 000 cas ont été déclarés dans la métropole entre début 2008 et juin 2011. L’épidémie touche toute la population, quel que soit le milieu social mais les populations en situation de précarité sont plus particulièrement exposées car moins vaccinées et n’ayant qu’un accès limité aux soins.

En 2009, la prévalence de la tuberculose en population générale en France était de 0,008 %. En Île-de-France, elle atteint 0,015 %. Un dépistage de la tuberculose réalisé auprès des patients des Caso de Paris et de Saint-Denis a permis de dépister 14 cas pour 1 111 patients orientés vers une radiographie pulmonaire, soit une prévalence de 1,3 %. Suite à un dépistage positif, MdM assure une réorientation des patients. Les personnes vivant dans des lieux insalubres sont particulièrement exposées. Les expulsions et l’absence de proposition de relogement les condamnent à des conditions de vie extrêmement précaires et les exposent à un risque épidémique accru : tuberculose, coqueluche, rougeole. Le non accès à l’eau potable entraine la recrudescence de cas de gale et d’hépatite A.

Le taux de couverture vaccinale des patients de MdM est globalement faible avec, selon les vaccins, seulement 28 à 44 % des personnes qui peuvent être considérées comme à jour des principaux vaccins obligatoires ou recommandés. Une enquête spécifique menée par MdM cette année sur la vaccination des populations roms montre que seuls 8 % des Roms interrogés ont un carnet de santé confirmant que leurs vaccins sont réellement à jour.


8 % de femmes enceintes vivent à la rue

En 2010, les femmes enceintes sont plus nombreuses à se retrouver à la rue ou hébergées par un organisme ou une association. Seules 23 % d’entre elles ont un logement stable et 8 % n’ont aucun domicile. Cette situation sociale extrêmement fragile a de graves conséquences sur le suivi de leur grossesse : premier contact tardif, nombre de consultations prénatales et d’échographies insuffisant, dépistage de pathologies liées à la grossesse médiocre. Plus de la moitié des femmes reçues par MdM présente ainsi un retard de suivi de grossesse et 68 % d’entre elles n’ont pas accès aux soins prénataux ordinairement proposés aux femmes enceintes. 45 % des consultations nécessiteraient un suivi d’au moins 6 mois Dans près de 45 % des consultations, les patients auraient besoin d’une prise en charge à moyen ou long terme d’au moins 6 mois. Aux premiers rangs des pathologies nécessitant un suivi de longue durée : l’hypertension artérielle, le diabète, les troubles psychiques, les troubles anxieux et l’asthme.


Les enfants en danger aussi
Consultation pédiatrique dans l'un des centres de soins Mdm
© Christina Modolo

L’augmentation de la part des mineurs constatée en 2009 se confirme en 2010 avec près de 12 % de patients reçus âgés de moins de 18 ans. La moitié de ces mineurs a moins de 7 ans, et parmi eux, seul le tiers est suivi par les services de protection maternelle et infantile. Les résultats des enquêtes menées par MdM montrent surtout que les moins de 18 ans sont particulièrement en situation de danger sanitaire :

> Seul un tiers des enfants de moins de 6 ans reçus pour le première fois dans les centres MdM sont à jour dans leurs vaccinations.
> A Mayotte, la malnutrition aigüe concerne 13,8 % des enfants reçus au centre de soins pédiatriques de MdM, dont 11,6 % en situation modérée et 2,2 % présentant des formes sévères.
> 9 % des jeunes patients sont sans domicile fixe, et environ 40 % vivent dans un lieu potentiellement insalubre

octobre 2011