Soigner et protéger les filles des rues et leurs bébés
Kinshasa
» LES ACTIVITÉS
En partenariat avec l’association congolaise AED, et en lien avec un large réseau d’acteurs institutionnels et de la société civile, le projet vise à promouvoir la santé des enfants vivant dans la rue, en particulier celle des filles et de leurs bébés. Le programme les informe sur leurs droits, comme la contraception des mineurs ou la protection des enfants. Des séances d’éducation à la santé sont également proposées afin de réduire les risques sexuels auxquels les enfants et adolescents sont exposés. Parallèlement, ces derniers ont accès à des ateliers sur l’estime de soi.
Des consultations en soins de santé primaires permettent de rediriger les patients vers les structures sanitaires adéquates, notamment pour le dépistage du VIH/sida et l’accès au traitement. Enfin un centre semi-ouvert est dédié à l’accueil des filles et des jeunes femmes des rues. Elles y reçoivent des soins médicaux, des informations sur la santé reproductive, sont écoutées et soutenues dans les cas de violences sexuelles.
» LES RÉSULTATS
15 319 consultations réalisées, dont 57 % pour les filles et 30 % pour les enfants de moins de 5 ans.
1 919 consultations en santé reproductive, dont 1 217 suivis de grossesse.
245 filles ont adopté une méthode contraceptive.
» LES PERSPECTIVES
MdM va renforcer le volet préventif du programme, notamment en ce qui concerne les infections sexuellement transmissibles et les hépatites. L’accompagnement psychologique et social des patientes vivant avec le VIH va être renforcé. Les jeunes filles seront de plus en plus impliquées dans le projet notamment à travers des groupes d’auto-support et le travail des pairs.
Propos recueillis auprès de jeunes filles :
« Quand je viens au centre BBS (centre d’accueil), je me repose, je me lave, et on me soigne gratuitement. »
« Au centre BBS, les éducateurs remplacent nos parents. »
« Au centre BBS, on reçoit l’affection qu’on ne peut pas avoir dans la rue. »
Lutter contre le VIH/sida
Province du Nord-Kivu (zones de santé de Goma et Karisimbi)
» LES ACTIVITÉS
Démarré en 2003, le programme vise à assurer la prévention et la prise en charge des infections sexuellement transmissibles et du VIH/sida. MdM s’est associé aux acteurs locaux, aux autorités sanitaires et aux associations nationales pour soutenir ce projet à Goma et Karisimbi.
Le dispositif comprend trois services dédiés aux infections sexuellement transmissibles, un centre de dépistage anonyme et gratuit, un service de prise en charge du VIH/sida, deux sites pour la réduction de la transmission de la mère à l’enfant ainsi qu’un centre provincial de transfusion sanguine. Un soutien à douze associations locales est également apporté pour les actions de sensibilisation.
En 2011, MdM a souhaité passer la main progressivement aux acteurs locaux, mais le gel des financements du Fond mondial en RDC a fortement handicapé le projet.
» LES RÉSULTATS
5 756 patients suivis, dont 1 496 sous traitements antirétroviraux.
3 395 nouveaux dépistages effectués (prévalence du VIH de 13 %).
» LES PERSPECTIVES
Les acteurs locaux impliqués dans la lutte contre le VIH ont acquis assez d’expérience pour reprendre le dispositif mis en place. MdM les accompagne techniquement et financièrement afin de pérenniser les actions. Mais la réduction drastique des financements alloués aux programmes de lutte contre le VIH risque de compromettre le programme.
Propos d’un patient séropositif pris en charge dans une structure soutenue par MdM. Faute de financements, le taux de couverture des antirétroviraux en RDC est très faible, l’un des plus bas du monde. Il est estimé à 14 % des besoins
« Je n’ai plus accès aux antirétroviraux, tout est bloqué, je deviens de plus en plus faible parce que je n’ai pas accès aux médicaments… je vois déjà ma mort. »
Lutter contre les violences sexuelles par le développement d’un programme de santé mentale communautaire
Province du Nord-Kivu
» LES ACTIVITÉS
Renforcer les compétences des conseillers psychosociaux et des agents communautaires prenant en charge les victimes de violences sexuelles est l’objectif de MdM. Pour favoriser l’échange et la mutualisation des expériences entre les conseillers, un centre de ressources sur la problématique des violences sexuelles a donc été créé.
MdM soutient également techniquement et financièrement 10 associations congolaises développant des projets de santé mentale communautaires afin de lutter contre les violences sexuelles à Goma et dans les campagnes de la province. Ainsi, ces associations assurent des activités de sensibilisation et de prise en charge psychosociale des femmes victimes de violences. Elles les accompagnent dans leur réinsertion dans la société et leur famille.
» LES RÉSULTATS
3 620 femmes victimes de violences sexuelles prises en charge par 83 conseillers psychosociaux formés à l’accompagnement des victimes.
» LES PERSPECTIVES
Un second groupe d’agents communautaires sera formé à l’accompagnement des victimes et l’ancrage au sein de la société civile congolaise se poursuivra grâce au partenariat avec les associations locales impliquées dans la lutte contre les violences sexuelles.
Annie, conseillère psychosociale
« J’ai beaucoup appris lors des cycles de formation, ce qui me permet de partager mes connaissances au sein de mon association et de ma communauté. J’essaie d’appliquer ce que j’ai appris au quotidien. Ça m’aide personnellement à tous les niveaux et ça a changé positivement ma vie. J’ai changé de regard sur les autres et je sais mieux comment réagir face aux victimes qui ont besoin de soutien psychologique. »
Renforcer le système de santé du district et lutter contre les épidémies
Province du Katanga, district du Tanganyika
» LES ACTIVITÉS
De 2006 à 2011, ce programme a soutenu les autorités sanitaires dans la reconstruction et le renforcement du système de santé du district du Tanganyika, ainsi que dans la lutte contre les épidémies. Le partenariat développé a favorisé l’accès aux soins et permis d’améliorer la qualité de l’offre de soins pour la population générale de la région.
MdM a accompagné les autorités sanitaires dans leurs activités dans les différents centres de santé, et a contribué à former le personnel des structures sanitaires. Ces dernières ont été réhabilitées et approvisionnées en médicaments et en matériel de réhydratation pour prendre en charge des cas de choléra. La surveillance épidémiologique a été assurée et des campagnes de vaccination – notamment contre la poliomyélite et la rougeole – ont été réalisées. Les communautés ont également bénéficié d’actions d’éducation à la santé.
» LES RÉSULTATS
119 143 cas de paludisme pris en charge et 140 643 enfants de moins de 1 an (0-11 mois) vaccinés contre la poliomyélite.
» LES PERSPECTIVES
Le partenariat développé depuis plus de cinq ans a permis le transfert de responsabilités aux autorités compétentes du district. MdM a donc clôturé son programme en août 2011. Depuis l’urgence jusqu’à la reconstruction, l’expérience de MdM dans le Tanganyika, présent dans la région depuis dix ans, a fait l’objet d’une étude de capitalisation.
