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La couverture santé universelle (CSU), c’est quoi ?

© Christophe Da Silva

  • La couverture santé universelle (CSU), c’est quoi ?

En 2025, la Sécurité sociale fête ses 80 ans. Elle repose depuis 1945 sur un principe simple : « Chacun contribue selon ses moyens, chacun reçoit selon ses besoins » .

Mais aujourd’hui, se soigner coûte de plus en plus cher. Les restes à charge augmentent, les démarches sont complexes, et de nombreuses personnes retardent ou renoncent aux soins.

Forte de son expérience de terrain, Médecins du Monde propose une réforme pour garantir un accès réel aux soins pour toutes et tous : la Couverture santé universelle (CSU).

Comment fonctionne la couverture santé universelle ?

Concrètement, la CSU repose sur trois piliers complémentaires.

Le “100% Sécurité sociale” : plus juste, moins coûteux, plus efficace

100% des frais pris en charge

Aujourd’hui, même en étant couvert·e, il reste souvent des frais à payer – ce qu’on appelle les restes à charge : franchises, tickets modérateurs, dépassements d’honoraires… À ceux-ci s’ajoutent des frais du quotidien moins visibles mais bien réels, comme le petit matériel médical (pansements, produits désinfectants, …), les frais de transport ou encore le parking pour se rendre chez un·e professionnel·le de santé. L’ensemble de ces dépenses représente en moyenne 1557€ par an et par personne (France Assos Santé, 2024), et pousse des milliers de personnes à retarder ou à renoncer à se soigner.

En outre, avec le système actuel, plus on est âgé·e, malade ou précaire, plus on paie cher… ou moins on est bien couvert selon notre capacité à payer une complémentaire santé. Les personnes qui ont le plus besoin de soins sont donc souvent celles qui doivent payer davantage ou renoncer.

Concrètement, avec la CSU :

  • 100% des frais seraient pris en charge par la Sécurité sociale,
  • pour que tout le monde bénéficie du même droit aux soins,
  • indépendamment du revenu, de l’âge ou du statut administratif.

C’est un retour au principe fondateur de la Sécurité sociale : chacun contribue selon ses moyens, chacun reçoit selon ses besoins.

… par un régime unique et universel autour de la Sécurité sociale

Aujourd’hui pour se soigner, on sort souvent deux cartes : la carte Vitale, puis la carte de mutuelle. Ce système à deux étages – Sécurité sociale + complémentaire santé – est : complexe (démarches en double, règles différentes), coûteux (frais de gestion multiples) et inégalitaire.

Selon le Haut Conseil pour l’Avenir de l’Assurance maladie, un système unifié autour de la Sécurité sociale permettrait de réaliser 5,4 milliards d’euros d’économies par an, simplement en supprimant les doublons.

La CSU c’est un système plus simple, plus efficace, où l’argent sert d’abord à soigner – et non à gérer ou commercialiser.

Un régime unique fondé sur la résidence

Aujourd’hui, la couverture maladie dépend du statut administratif ou professionnel, et on se retrouve face à un véritable labyrinthe de l’accès aux soins : Protection universelle maladie (Puma), complémentaires santé solidaire (C2S), 100% santé, aide médicale d’Etat (AME)… Cela crée des exclusions et une grande confusion.

Avec la CSU : une seule carte Vitale, une seule règle, un seul droit.

Toutes les personnes qui résident en France seraient couvertes de la même manière. Parce qu’une couverture santé n’est vraiment universelle que si elle concerne tout le monde.

Une gouvernance plus démocratique

A la création de la Sécurité sociale, les assuré·es participaient à sa gestion. Cette dimension démocratique s’est progressivement effacée.

La couverture santé universelle propose de redonner du pouvoir aux usagers et usagères tout en renforçant la transparence du dispositif. Il s’agit d’associer citoyen·nes et professionnel·les de santé aux décisions.

Médecins du Monde propose que les pourvoirs publics organisent une Convention citoyenne de la Sécurité sociale, pour décider ensemble des soins à couvrir, de leur financement, et des règles du système. Tiré·es au sort, des citoyen·nes pourraient débattre de ce choix avec des professionnel·les et des expert·es. Leurs propositions devraient ensuite être réellement prises en compet et mises en œuvre. L’objectif : refonder démocratiquement la Sécurité sociale et construire un système plus juste, décidé avec celles et ceux qu’il concerne.

 

En résumé, la couverture santé universelle, c’est :

  • plus simple : un seul système, lisible et accessible
  • plus juste : chacun contribue selon ses moyens et reçoit selon ses besoins
  • plus solidaire : fin des restes à charge et des exclusions
  • plus démocratique : la santé décidée avec celles et ceux qui la vivent.