Wafa'a : l'engagement d'une femme yéménite

© Anais Oudart

Wafa'a : l'engagement d'une femme yéménite

Wafa’a AlSaidy, 41 ans, vit à Sana’a, la capitale yéménite. Depuis 2014, la guerre qui fait rage dans son pays affame et terrorise la population. Responsable de la réponse de Médecins du Monde à cette grave crise, Wafa’a mène de front engagement humanitaire, vie de famille et des études en administration publique à l’université de Birmingham.

Pourquoi j'y suis ?

Je suis diplômée en pharmacie de l’université de Sana’a, au Yémen. J’ai commencé ma carrière en tant qu’enseignante en pharmacologie puis j’ai dirigé une structure de santé jusqu’à la révolution yéménite en 2011. C’est alors que Médecins du Monde a commencé à soutenir le centre dans lequel je travaillais. Ils avaient besoin d’une pharmacienne pour gérer les stocks de médicaments. Les choses ont commencé comme ça. J’ai ensuite été assistante de la coordination médicale, agent de santé, représentante nationale et finalement coordinatrice générale.

 

 

Ce que je fais

Lorsque Médecins du Monde a lancé son programme d’urgence au Yémen, en 2015, nous avons commencé par quelques cliniques mobiles dans le gouvernorat de Sana’a. Puis rapidement nous avons étendu nos activités au gouvernorat d’Ibb. Aujourd’hui nous soutenons 16 centres de santé dans cinq gouvernorats pour renforcer l’offre de soins primaires, de santé mentale et le référencement des urgences, notamment les accouchements, vers les hôpitaux. Nous participons également à la réponse aux épidémies telles que le choléra et la diphtérie.

 

Le blocus freine l’importation de médicaments. Cela affecte toute la population. 

 

Ce que je ressens

Les besoins des Yéménites ne pourront être satisfaits tant que la guerre durera. L’aéroport de Sana’a est fermé. Le blocus freine l’importation de médicaments. Cela affecte toute la population. Il y a des denrées alimentaires sur les marchés mais elles ne sont pas abordables. Les prix ont doublé, or les gens ont perdu leur emploi.

Nous observons une recrudescence des mariages précoces dans les villes, parce que les familles ne peuvent plus nourrir leurs filles et que la dot permet de survivre quelques mois. Avec la guerre, nous avons vu arriver dans les centres de santé gratuits des personnes qui pouvaient jusque-là payer leurs soins ou de jeunes patients enchaînés parce qu’ils n’avaient plus accès au traitement pour leur maladie mentale. Il faut mettre un terme à cette guerre.

 

 

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