3 minutes
En cours de lecture La situation humanitaire au Nigéria : le point avec Billy Graham, coordinateur adjoint au Nigéria
Articles

La situation humanitaire au Nigéria : le point avec Billy Graham, coordinateur adjoint au Nigéria

26.12.2025

© Anaïs Oudart

  • La situation humanitaire au Nigéria : le point avec Billy Graham, coordinateur adjoint au Nigéria

Au Nigéria, les violences armées, les catastrophes naturelles et l’insécurité alimentaire bouleversent la vie de millions de personnes. Marqué par les attaques djihadistes et les déplacements massifs de populations, le nord du pays est particulièrement touché tandis que les aides financières se tarissent.

Billy Graham et son équipe s’adaptent pour répondre aux besoins des personnes les plus vulnérables et plaident pour une approche holistique qui inclut la santé sexuelle et reproductive et la santé mentale.

Quelle est la situation humanitaire au Nigéria aujourd’hui ?

Malgré une amélioration sécuritaire dans l’État du Borno, d’autres crises ont émergé : l’économie est en difficulté et des inondations ont submergé des terres agricoles et aggravé la situation. Dans le nord-ouest, en particulier dans l’État de Katsina, l’insécurité et les déplacements forcés ont contraint de nombreuses familles à abandonner l’agriculture, tandis que la flambée des prix alimentaires a plongé davantage d’enfants dans la malnutrition aiguë. Selon les Nations unies, environ 33 millions de personnes sont confrontées à l’insécurité alimentaire en 2025. Dans ce contexte incertain de baisse des financements et de réduction des activités humanitaires, c’est extrêmement préoccupant.

 Les coupes budgétaires nous plongent dans l’incertitude mais il est primordial de poursuivre le combat pour l’accès à la santé au Nigéria.

Billy Graham, coordinateur adjoint au Nigéria

Quels sont les principaux défis humanitaires ?

Les personnes les plus vulnérables sont les déplacées internes, souvent déracinées depuis plusieurs années et dépendantes de l’aide humanitaire. Dans les États de Borno et de Katsina, le système de santé officiel est soumis à une pression croissante et les coupes budgétaires créent des ruptures de stock fréquentes de médicaments et d’aliments utilisés pour le traitement de la malnutrition aiguë sévère. Les femmes enceintes, allaitantes, les enfants isolés, les personnes âgées et les jeunes filles sont particulièrement exposées aux violences sexuelles et aux privations, y compris dans les camps de déplacés. Les besoins sont immenses, non seulement en termes de soins médicaux et nutritionnels, mais aussi de santé mentale.

Comment vos activités s’adaptent-elles ?

Nous continuons de soutenir les centres de santé et nous avons déployé des cliniques mobiles auprès de quatre communautés difficiles d’accès à Zango, dans l’État de Katsina. Nos actions s’inscrivent dans une approche de santé globale : santé primaire, santé sexuelle et reproductive, santé mentale, avec une importante mobilisation communautaire. Face aux violences basées sur le genre, Médecins du Monde propose une prise en charge clinique, assure un suivi psychosocial et travaille en collaboration avec des partenaires juridiques pour accompagner les survivantes. Les coupes budgétaires nous plongent dans l’incertitude mais il est primordial de poursuivre le combat pour l’accès à la santé au Nigéria.