Birmanie

Myanmar

© Sébastien Duijndam

14 millions

de personnes ont besoin d’assistance humanitaire selon les Nations-Unies (ONU), depuis le coup d’Etat.

220 000  

personnes au Myanmar sont séropositives

70 %

des nouvelles infections au VIH concernent les populations les plus à risque

Face aux urgences, Médecins du Monde mène divers programmes d'aide humanitaire. Découvrez nos actions et missions au Myanmar ci-dessous.

LA SITUATION AU MYANMAR

1er fevrier 2021 : Coup d’Etat au Myanmar

Le 1er février 2021, les membres démocratiquement élus de la Ligue Nationale pour la Démocratie (LND) ont été écartés du pouvoir par la Tatmadaw, l’armée birmane. Un état d’urgence a été déclaré et le pouvoir a été transféré au régime militaire. Les résultats des élections de novembre 2020 ont été invalidés et les leaders de la LND ont été arrêtés.

Rapidement, un mouvement de désobéissance civile a émergé, organisant des activités de protestation et des campagnes de boycott à travers tout le pays. Les personnels soignants se sont beaucoup mobilisés dans ce mouvement de désobéissance civile et ont été fortement réprimés en retour. Près de la moitié des exactions relevées au niveau mondial contre le personnel soignant et les structures de santé ont eu lieu au Myanmar en 2021.

Les restrictions de déplacements et l’insécurité ont fortement impacté le travail humanitaire. Dans le même temps, les populations déjà vulnérables, telles que les travailleurs et travailleuses du sexe ou les personnes usagères de drogues, ont dû s’adapter et devenir très mobiles pour se protéger, compliquant le maintien des activités humanitaires et des contacts entre ces populations clés et les ONG. Les populations sont ainsi confrontées à une crise multidimensionnelle, politique, économique, sociale, sanitaire et humanitaire. Les Nations-Unies estime que près de 14 millions de personnes requièrent une assistance humanitaire, dont 3 millions de personnes immédiatement.

Le pays n’a pas non plus été épargné par la pandémie de COVID-19. La plus grande vague épidémique a frappé le Myanmar en juillet 2021 et pendant les mois qui ont suivi.

LE VIH ET LA DROGUE

  • L’une des plus fortes épidémies de VIH/Sida d’Asie du Sud-Est

    Malgré l’actualité au Myanmar, il faut rappeler que le pays connaît l’une des épidémies de VIH/SIDA les plus importantes d’Asie du Sud-Est, et que la difficulté d’accès aux antirétroviraux et traitements n’en a qu’été renforcée avec cette crise.

     

    Un plan d’aide médicale doit être déployé selon deux axes : l’accès aux traitements et la sensibilisation des populations.

  • Quand la drogue s’ajoute à l’épidémie

    Le VIH touche particulièrement les personnes usagères de drogue par voie intraveineuse : au niveau national, 35 % d’entre elles sont infectées par le virus.

     

    Au VIH déjà présent, s’est ajoutée la crise sanitaire du Covid-19. Une pandémie qui a notamment eu pour conséquence de compliquer l’accès à des traitements ou à du matériel de réduction des risques liés à l’usage de drogue.

  • La situation des travailleurs et travailleuses du sexe

    14,6 % des travailleurs et travailleuses du sexe (TDS) ainsi que 11,6 % des hommes ayant des relations sexuelles avec des hommes (HSH) sont affectés par l’épidémie.

     

    La crise multi-dimensionnelle qui a frappé le Myanmar en 2021 a encore davantage fragilisé ces populations-clés, qui souffrent au quotidien d’isolement, de stigmatisation et d’un accès limité aux infrastructures de santé.

     

    Par exemple, les contrôles et restrictions de déplacements par les autorités ont eu des conséquences néfastes sur les TDS, puisque leurs moyens de subsistance dépendent largement de leurs possibilités – et de celles de leurs clients – de se déplacer.

     

    Pour les personnes usagères de drogues, l’accès à leurs traitements ou au matériel de réduction des risques a également été compliqué.

Réduction des risques Myanmar

© William Daniels

L’aide humanitaire de Médecins du Monde au Myanmar

Dans le cadre de son action au Myanmar, Médecins du Monde oeuvre afin de promouvoir un accès équitable à la santé et aux droits pour toutes et tous. Nos programmes de réduction des risques proposent des services de prévention, de traitement et d’accompagnement des publics clés, tels que les TDS, les hommes ayant des relations sexuelles avec des hommes à Yangon, et les personnes usagères de drogues par voie intraveineuse dans le Kachin.

ACCOMPAGNER LES PLUS OPPRIMéS

Médecins du Monde France intervient depuis 2000 auprès de la communauté des TDS et des hommes ayant des relations sexuelles avec d’autres hommes à Yangon, au sud du Myanmar.

 

C’est au travers d’un réseau de “pairs éducateurs” dont la base est communautaire, que les activités de prévention du VIH sont menées par Médecins du Monde. Des actions humanitaires collaboratives qui ont permis de soutenir des milliers d’individus potentiellement à risque d’infection.

 

En 2021, en raison de la pandémie de COVID-19 et des turbulences politiques, les travailleurs pairs ont dû s’adapter et proposer une intervention plus flexible, mobile, pour aller directement à la rencontre de ces populations clés. Ainsi, les équipes de prévention ciblant les hommes ayant des relations sexuelles avec des hommes et les TDS ont organisé des séances « d’aller-vers », la distribution de matériel de réduction des risques et assurer l’orientation des personnes vers des services de dépistage du VIH.

  • BILAN

    En 2021, nous avons :

    • Proposé des services de prévention du VIH à 2 620 TDS et des hommes ayant des relations sexuelles avec d’autres hommes,
    • Permis à 2 600 TDS et des hommes ayant des relations sexuelles avec des hommes de se faire dépister pour le VIH,
    • Distribué plus de 104 550 préservatifs pour les populations les plus à risque à Yangon.
Myanmar Réduction des risques

© Wiliam Daniels

ACCOMPAGNER LES PERSONNES USAGERES DE DROGUES

Dans l’État du Kachin, Médecins du Monde intervient auprès des personnes usagères de drogues, particulièrement touchées par les maladies infectieuses. Dans certains lieux d’intervention, plus de la moitié des usagers de drogues par injection sont séropositifs, et parmi eux 70 % sont également affectés par le virus de l’hépatite C.

 

Avec le coup d’Etat et la pandémie de COVID-19, Médecins du Monde a dû ajuster ses activités médicales et de prévention afin d’assurer la sécurité des équipes, des travailleurs pairs mais aussi des personnes usagères des services. L’association intervient dans 90 sites répartis au sein de trois Townships, ainsi qu’à travers des activités d’« aller-vers », soutenu par un réseau de 116 travailleurs pairs.

 

En 2021, ce modèle communautaire et mobile a permis à plus de 7.500 usagers et usagères de drogues par injection de continuer à bénéficier d’un accès à des services de prévention et de réduction des risques. Ainsi, les équipes de Médecins du Monde ont eu pour principal objectif d’assurer la continuité des services médicaux essentiels pour ces populations clés, en maintenant une offre de dépistage, de conseil et de traitement du VIH, de vaccination contre l’hépatite B, de dépistage de l’hépatite C, ou encore en proposant un accès au traitement de substitution par la méthadone. Du matériel de réduction de prévention et de réduction des risques a également été distribué (préservatifs, seringues stériles, eau, tampons alcoolisés).

 

Au deuxième semestre 2021, Médecins du Monde a aussi commencé à développer un projet pilote dans le Kachin sur les stimulants de type amphétamine, deuxième drogue la plus utilisée au monde après le cannabis. L’objectif est de renforcer les capacités des personnes usagères de stimulants afin de créer et de favoriser un accès à des services de réduction des risques adaptés. En juillet 2021, l’association a ainsi mené une mission exploratoire dans le Kachin pour analyser les besoins, rencontrer les personnes usagères, discuter avec de potentiels futurs associations locales partenaires et de travailler ensemble à l’élaboration d’une feuille de route : il est important de co-construire ce projet avec les personnes usagères de stimulants et les associations locales afin de garantir une appropriation durable des activités et une offre de services adaptée.

  • Bilan

    En 2021, nous avons :

    • Proposé des services de prévention du VIH à 7 560 personnes usagères de drogue,
    • permis à 1 180 personnes usagères de drogue de se faire dépister pour le VIH,
    • accompagné 3 124 personnes vivant avec le VIH en maintenant un accès au traitement antirétroviral,
    • proposé un traitement du virus de l’hépatite C pour 1 400 personnes,
    • distribué plus de 5 millions d’aiguilles et de seringues afin de permettre une consommation à moindre risque,
    • participé à une conférence internationale sur « le traitement de substitution aux opiacés à domicile dans le contexte de la pandémie de COVID-19, » en marge de la 64e Session de la Commission des stupéfiants de l’Office des Nations Unies contre la drogue et la crime.
  • 10 200

    Bénéficiaires en 2021.

  • 2 035 300

    Budget 2021.

10 200

Bénéficiaires en 2021.

2 035 300

Budget 2021.

Historique
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    1994
    Premier projet VIH dans l’État du Kachin. Activités de prévention auprès des usagers de drogue par injection.
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    2000
    Ouverture d’un programme à Rangoun auprès des TDS
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    2002
    Ouverture du premier centre de prise en charge médicale. Délivrance de traitements antirétroviraux (ARV).
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    2006
    Médecins du Monde obtient l’autorisation de délivrer de la méthadone.
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    2008
    Cyclone Nargis : intervention d’urgence dans le delta de Pyapon. Amélioration de la prise en charge des mères et des enfants.
  • Circle svg
    2013
    Intervention auprès des déplacés du conflit indépendantiste dans le Kachin.