Algérie

168 000  

personnes migrantes transitent par l’Algérie chaque année

79 %

des femmes mariées n’ont pas accès à la contraception dans les structures publiques

69 %

des hommes ayant des relations avec des hommes n’ont pas accès aux soins, par peur de la discrimination et de la stigmatisation

Face aux urgences, Médecins du Monde mène divers programmes d'aide humanitaire. Découvrez nos actions et missions en Algérie ci-dessous.

CONTEXTE HUMANITAIRE EN ALGÉRIE

En Algérie, différentes problématiques humanitaires se posent et sont à l’origine de la mise en place des actions de Médecins du Monde pour permettre à toutes et tous puissent avoir accès aux soins :

LES PERSONNES MIGRANTES EN ALGÉRIE : ENTRE CLANDESTINITÉ ET DISCRIMINATION

  • Des populations expulsées du pays

    Les arrestations et les expulsions de migrants vers le Niger se sont multipliées en Algérie en 2020, malgré la crise sanitaire, et représentent des événements répétés et constants qui aggravent leurs conditions sanitaires et sociales déjà préoccupantes. Les interpellations des autorités algériennes sont effectuées dans les bus, les taxis mais aussi sur les lieux de travail et de vie des migrants, sans distinction de nationalité, séparant parfois les familles, et isolant des mineurs. Des descentes dans les lieux de vie se sont opérées la nuit avec des arrestations massives. Des centaines de migrants subsahariens, dont des demandeurs d’asile, des femmes, notamment enceintes, et des enfants, sont transférés en bus et en camion, à travers le Sahara, pour être abandonnés à la frontière avec le Niger où ils se trouvent contraints de parcourir une grande distance à pied pour rejoindre le premier centre urbain du Niger (Assamaka).

     

    Pour ceux qui ont échappé à ces expulsions, la situation reste tout aussi difficile. Face à la crainte d’être arrêtés, les migrants s’enferment dans leurs domiciles ou dans des chantiers. Forcés à vivre cachés pendant des mois, les migrants se retrouvent dans une situation d’extrême vulnérabilité, aboutissant de fait à la rupture d’accès aux soins et aux droits fondamentaux.
    Sur le plan humain, cette situation est plus que préoccupante : elle touche des populations fragiles et issues de différents pays. On peut donc parler d’une urgence humanitaire en Algérie.

     

    Cette discrimination est confortée par le discours politique et la législation répressive de l’État algérien à l’égard des migrants, dont le séjour est irrégulier, mais aussi à l’égard des citoyens et professionnels algériens leur apportant une assistance.

  • Des populations exclues du système de santé

    Stigmatisés, souvent victimes de violences, les migrants subsahariens en Algérie rencontrent des difficultés pour se faire soigner, malgré un système sanitaire permettant, en principe, un accès universel et gratuit aux structures de santé. La situation s’améliore doucement, mais un travail important reste à faire dans la lutte contre la stigmatisation pour un accès aux soins effectifs de ces populations migrantes, ainsi qu’à la reconnaissance de leurs autres droits, comme le droit à rémunération pour travail rendu, à la scolarisation ou au logement. La couverture sociale n’est ni accessible aux étudiants boursiers ni aux travailleurs clandestins subsahariens, qui sont hautement exposés aux accidents graves pendant leurs prestations.

Paroles de femmes migrantes en Algérie

LES LIMITES DE LA SANTÉ SEXUELLE ET REPRODUCTIVE EN ALGÉRIE

  • Des pratiques médicales trop restreintes

    L’accès à la santé sexuelle et reproductive demeure un sujet délicat vu le manque de connaissance des populations migrantes et des populations algériennes, notamment les personnes ayant des pratiques à risques et les femmes sexuellement actives hors du cadre du mariage.

    Dans la plupart des cas, les pratiques des prestataires de santé restreignent l’accès à la contraception, et la loi algérienne interdit l’accès à l’avortement sûr et légal. De ce fait, les soins gynécologiques et obstétricaux ne sont pas systématiquement accessibles aux femmes.

    Exposées à des dangers pour leur santé, ainsi qu’à un refus de disposer librement de leurs corps, les femmes doivent être soutenues dans le cadre d’une aide médicale en Algérie.

  • Des femmes en détresse

    Parmi les femmes migrantes, plusieurs ont subi des violences sexuelles durant le parcours migratoire et pendant le séjour ou transit dans les villes algériennes. Beaucoup font appel à des réseaux de passeurs pour arriver dans les grandes villes et sont contraintes de travailler dans des maisons closes afin de financer le voyage depuis le pays d’origine jusqu’au pays de destination (souvent en Europe, rarement l’Algérie). Ces femmes se retrouvent isolées, dépourvues de leur liberté de circulation et sans accès à la santé ni aux droits.

    La nécessité d’une aide humanitaire en Algérie se profile notamment par la détresse des populations algériennes et migrantes sur de nombreux plans comme la santé, le logement, ou encore l’inclusion sociale.

    Pour les populations algériennes, le manque d’informations et la peur d’assumer une sexualité socialement et légalement répréhensible, hors mariage et/ou homosexuelle, conduisent à des pratiques à risques, et, selon les cas, à une grossesse non désirée qui peut causer le rejet familial.

  • La stigmatisation du travail du sexe

    Beaucoup de personnes en rupture familiale exercent le travail du sexe pour subvenir à leurs besoins. Le travail du sexe n’est pas reconnu comme tel et est illégal. Il est aussi porteur de stigmatisation et de rejets sociaux qui s’ajoutent au manque d’information et de sensibilisation sur les droits, notamment en termes de santé sexuelle et reproductive.

    Les travailleuses du sexe se retrouvent isolées, sans appui familial/social ni accompagnement institutionnel sanitaire et psychosocial approprié. Ce public devrait bénéficier d’une partie de l’aide médicale en Algérie, notamment basée sur la sensibilisation, l’accès aux soins et à la contraception.

    Avec la crise sanitaire liée à la pandémie mondiale de Covid-19, les travailleurs du sexe et les migrants ont été extrêmement touchés par la suspension de leurs activités génératrices de revenus, et par un isolement social exacerbé.

    Les violences domestiques et conjugales ont aussi enregistré une hausse avec la précarisation des foyers et la promiscuité pendant les confinements. Une vague de féminicides a été observée dans différentes régions du pays, ce qui inscrit encore une fois la nécessité d’une aide humanitaire en Algérie.

NOTRE AIDE HUMANITAIRE EN ALGÉRIE

L’aide humanitaire déployée en Algérie s’appuie sur les publics vulnérables évoqués plus haut, et se déploie autant sur le plan médical que social.

FACILITER L’ACCÈS AUX DROITS POUR LES MIGRANTS SUBSAHARIENS

  • Soutenir les associations locales

À Alger, Médecins du Monde soutient les associations algériennes impliquées dans l’assistance et la protection des migrants par un travail de coordination et de renforcement des capacités dans le cadre de la Plateforme Migration Algérie (PMA). La mise en place de rencontres régulières inter-associatives ont vocation à créer un espace d’échange, de dialogue et d’appui opérationnel pour répondre aux besoins spécifiques des populations migrantes.

Dans le cadre de l’aide humanitaire en Algérie, un site internet a été créé et deux associations partenaires ont été financées pour mettre en œuvre des actions à l’attention des populations migrantes. Des formations en communication et en gestion des ressources humaines et financières ont été dispensées aux membres de cette plateforme humanitaire afin de les accompagner dans la gestion de leurs projets. Cette plateforme est d’ailleurs un bon moyen de récolter des fonds pour une opération “Don Algérie”. Fonds d’ailleurs nécessaires pour déployer l’aide et le soutien nécessaire aux populations en détresse sur le sol algérien.

RENFORCER LA PRISE EN CHARGE DES FEMMES LES PLUS VULNÉRABLES

  • Un lieu dédié à leur bien-être

À Oran, Médecins du Monde met en œuvre, depuis 2016, un projet de renforcement de l’accès aux droits et aux soins aux femmes les plus vulnérables (qu’elles soient algériennes ou migrantes) avec trois associations locales que MdM accompagne actuellement dans le cadre d’un transfert progressif en 2021. Dans un lieu sécurisé et confidentiel, appelé le Jardin des Femmes, des permanences médicales, psychologiques et juridiques sont proposées ; un travail mobile est aussi mis en place pour apporter une action de proximité, et assurer une orientation voire un accompagnement aux femmes les plus vulnérables vers les structures sanitaires, sociales et associatives offrant des services adaptés.

  • Réduire les pratiques à risques des travailleurs du sexe

Un pan de l’aide humanitaire déployée en Algérie est à destination des travailleuses et travailleurs du sexe, qui manquent d’une prise en charge médicale adaptée à leur activité.

À Oran, depuis le début de l’année 2020, Médecins du Monde mène, en partenariat avec deux associations locales, un projet d’actions de proximité afin de faciliter l’accès des travailleurs et travailleuses du sexe algériens et migrants à l’information, aux droits et aux services de santé.

Ces actions sont accompagnées d’un renforcement des dynamiques de solidarité intracommunautaires et des capacités d’agir individuelles et communautaires. Le projet propose des permanences psychosociales et sanitaires en plus des actions communautaires mobiles dans les lieux de vie et de travail grâce à un réseau de travailleurs communautaires.

Historique
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    2006

    Ouverture d’un programme de lutte contre les violences liées au genre, Alger.

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    2009

    Fermeture du programme à Alger.

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    2011

    Ouverture du programme d’accès aux droits et aux soins des migrants à Alger.

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    2014

    Extension de l’intervention auprès des migrants à Oran.

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    2016

    Ouverture du Jardin des femmes à Oran.

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    2018

    Ouverture d’un projet de coordination et de renforcement des capacités des associations algériennes sur la thématique migration.

    Transfert du programme d’accès aux droits et aux soins des migrants à Alger à un partenaire local.

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