Algérie

© Reuters

168 000  

personnes migrantes transitent par l’Algérie chaque année

10 889  

immigrants clandestins de nationalités africaines arrêtés en 2021.

79 %

des femmes mariées n’ont pas accès à la contraception dans les structures publiques.

69 %

des hommes ayant des relations avec des hommes n’ont pas accès aux soins, par peur de la discrimination et de la stigmatisation.

Face aux urgences, Médecins du Monde mène divers programmes d'aide humanitaire. Découvrez nos actions et missions en Algérie ci-dessous.

LA SITUATION HUMANITAIRE EN ALGéRIE

En Algérie, les personnes migrantes subissent violences et discriminations. Une situation qui les oblige à vivre cachées et à s’isoler du parcours de soins.

Par ailleurs, l’offre de soins en santé sexuelle et reproductive est limitée dans le pays et n’est pas accessible aux populations les plus vulnérables comme les femmes migrantes ou les travailleuses du sexe.

LA SITUATION PRÉOCCUPANTE DES MIGRANTS EN ALGÉRIE : UNE URGENCE HUMANITAIRE

  • Des arrestations à répétition 

    Les arrestations (plus de 10 000 l’année dernière, selon les chiffres de la gendarmerie nationale) et les expulsions de migrants vers le Niger se sont multipliées en Algérie en 2021, et ce malgré la crise sanitaire. Elles représentent des événements répétés et constants qui aggravent leurs conditions sanitaires et sociales déjà préoccupantes.

     

    Les interpellations des autorités algériennes sont effectuées dans les bus, les taxis mais aussi sur les lieux de travail et de vie des migrants, séparant parfois les familles, et isolant les mineurs. Des descentes dans les lieux de vie sont opérées la nuit et conduisent à des arrestations massives.

     

    Des centaines de migrants subsahariens, dont des demandeurs d’asile, des femmes, parfois enceintes, et des enfants, sont transférés en bus et en camion, à travers le Sahara, pour être abandonnés à la frontière avec le Niger. Ils se trouvent ensuite contraints de parcourir une grande distance à pied pour rejoindre le premier centre urbain du Niger (Assamaka).

     

    Dans un rapport publié le 21 avril 2021, Médecins Sans Frontières (MSF) dénonce les violences et abus dont sont victimes les personnes migrantes à la frontière algéro-nigérienne. Ils et elles sont violemment refoulés d’Algérie vers le Niger et abandonnés dans le désert près d’Agadez. Depuis le début de l’année, près de 4 370 personnes ont été victimes de ces refoulements.

  • La multiplication des violences contre les migrants

    Pour ceux qui ont échappé à ces expulsions, la situation reste tout aussi difficile. Face à la crainte d’être arrêté, les migrants s’enferment dans leurs domiciles ou dans des chantiers. Forcés à vivre cachés pendant des mois, les migrants se retrouvent dans une situation d’extrême vulnérabilité, aboutissant de fait à la rupture d’accès aux soins et aux droits fondamentaux.

     

    Stigmatisés, souvent victimes de violences, les migrants subsahariens en Algérie sont de facto exclus du système de soin, malgré un système sanitaire permettant, en principe, un accès universel et gratuit aux structures de santé. Outre la violation des droits fondamentaux et notamment du droit à la santé de ces populations particulièrement vulnérables, cette situation constitue également une préoccupation de santé publique.

LES DIFFICULTÉS D’ACCÈS À L’OFFRE EN SANTÉ SEXUELLE ET REPRODUCTIVE

  • La nécessité d'une offre humanitaire

    L’accès à la santé sexuelle et reproductive demeure un sujet délicat en Algérie.

     

    Dans la pratique, les pratiques des prestataires de santé restreignent l’accès à la contraception pour les femmes, et la loi Algérienne interdit l’accès à l’avortement sûr et légal. Les soins gynécologiques et obstétricaux ne sont pas systématiquement accessibles aux femmes. Exposées à des dangers pour leur santé, ainsi qu’au non-respect de leur droit à disposer librement de leur corps, les femmes doivent être soutenues dans le cadre d’une aide médicale sur le sol Algérien.

     

    Parmi les femmes migrantes, plusieurs ont subi des violences sexuelles durant le parcours migratoire et pendant le séjour ou transit dans les villes algériennes. Beaucoup font appel à des réseaux de passeurs pour arriver dans les grandes villes et sont contraintes d’avoir recours au travail du sexe afin de financer leur voyage depuis le pays d’origine jusqu’au pays de destination. Ces femmes se retrouvent isolées, dépourvues de leur liberté de circulation et sans accès à la santé ni aux droits.

     

    Pour les populations algériennes, le manque d’informations et la peur d’assumer une sexualité socialement et légalement répréhensible, hors mariage et/ou homosexuelle, conduisent à des pratiques à risque, et, dans certains cas, à une grossesse non désirée qui peut causer le rejet familial/social. Beaucoup de personnes en rupture familiale exercent le travail du sexe pour subvenir à leurs besoins. Cette activité n’est pas reconnue comme un métier et est illégale. Elle est aussi porteuse de stigmatisation et de rejets sociaux qui s’ajoutent au manque d’information et de sensibilisation sur les droits, notamment en termes de santé sexuelle et reproductive.

  • Les travailleurs et travailleuses du sexe isolés du parcours de soins

    Les travailleuses et travailleurs du sexe (TDS) se retrouvent isolés, sans appui familial/social ni accompagnement institutionnel sanitaire et psychosocial approprié. Ce public devrait bénéficier d’une partie de l’aide médicale en Algérie, notamment basée sur les activités de sensibilisation/prévention, et sur l’accès aux soins et à la contraception. De plus, nous constatons un lien fort entre travail du sexe et consommation de substances psychoactives en Algérie. Ainsi, plus de 57% des TDS consomment des drogues.

     

    La jonction entre ces pratiques engendre une multiplication des risques pour la santé des concernés. L’absence de politiques publiques et d’actions concrètes en faveur dans la réduction des risques pour les personnes usagères de drogues et pour les travailleuses et travailleurs du sexe en Algérie ainsi que les politiques répressives contre ces populations rend l’accès à la santé et l’accès aux droits difficiles pour ces populations particulièrement vulnérables et marginalisées et pose un problème de santé publique.

A cause de la crise sanitaire liée à la pandémie mondiale de COVID-19, les travailleurs du sexe et les migrants ont été extrêmement touchés par la suspension de leurs activités génératrices de revenus, et par un isolement social exacerbé.

Les violences domestiques et conjugales ont aussi enregistré une hausse durant la pandémie avec la précarisation des foyers et la promiscuité pendant les confinements. Une vague de féminicides a été observée dans différentes régions du pays.

NOTRE AIDE HUMANITAIRE EN ALGÉRIE

L’aide humanitaire déployée par Médecins du Monde en Algérie s’appuie sur les publics vulnérables évoqués plus haut, et se déploie autant sur le plan médical que social.

Paroles de femmes migrantes en Algérie

RÉDUIRE LES PRATIQUES À RISQUES ET RENFORCER LA CAPACITE D’AGIR DES TRAVAILLEUSES ET TRAVAILLEURS DU SEXE

À Oran, Médecins du Monde met en œuvre depuis le début de l’année 2020, en partenariat avec deux associations locales, un projet de réduction des risques afin de faciliter l’accès des travailleuses et travailleurs du sexe algériens et migrants à l’information, aux droits et aux services de santé.

 

Ces actions sont accompagnées d’un renforcement des dynamiques de solidarité intracommunautaires et des capacités d’agir individuelles et communautaires. Le projet propose des permanences psychosociales et sanitaires en plus des actions communautaires mobiles dans les lieux de vie et de travail grâce à un réseau de travailleurs communautaires.

  • Bilan

    En 2021, nous avons :

    • accompagné et orienté 461 TDS vers des structures de soins,
    • réalisé 657 entretiens de prévention,
    • réalisé 14 permanences réduction des risques offrant des consultations SSR, des consultations juridiques et administratives et des remboursements des frais de médicaments et examens complémentaires.
  • 613

    Bénéficiaires en 2021.

  • 396 374

    Budget en 2021.

613

Bénéficiaires en 2021.

396 374

Budget en 2021.

Historique
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    2006

    Ouverture d’un programme de lutte contre les violences liées au genre, Alger.

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    2009

    Fermeture du programme à Alger.

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    2011

    Ouverture du programme d’accès aux droits et aux soins des migrants à Alger.

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    2014

    Extension de l’intervention auprès des migrants à Oran.

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    2016

    Ouverture du Jardin des femmes à Oran.

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    2018

    Ouverture d’un projet de coordination et de renforcement des capacités des associations algériennes sur la thématique migration.

    Transfert du programme d’accès aux droits et aux soins des migrants à Alger à un partenaire local.