Ouganda

Ouganda

La situation en Ouganda

L'oppression des populations LGBTinfo-icon

 

En Ouganda, les populations LGBTinfo-icon (lesbiennes, gays, bisexuelles et transgenres) sont opprimées, violentées, emprisonnées. Dans ce pays où la parole religieuse est très forte, Médecins du Monde intervient par la voie de la santé pour améliorer le quotidien de ces personnes.

L’homophobie est une dure réalité pour les personnes LGBTinfo-icon en Ouganda. Depuis 2009, le pays a tenté à plusieurs reprises de durcir sa législation contre l’homosexualité et d’introduire le concept d’« homosexualité aggravée » où le fait d’être séropositif est une circonstance aggravante. Un projet de loi prévoyait même la prison à vie pour les homosexuels, et la peine de mort pour ceux étant porteurs du VIHinfo-icon. C’est dans ce contexte que l'association humanitaire Médecins du Monde a décidé d’agir. Pour notre association, il est intolérable de criminaliser le fait d’être porteur d’une maladie.

 

 

À cause d’une homophobie réelle ou perçue au sein du personnel soignant, les personnes LGBTinfo-icon craignent souvent de recourir aux services de santé, notamment pour les soins de santé sexuelle et reproductive. L'impact sur leur santé est important, notamment pour les hommes ayant des relations sexuelles avec des hommes (HSHinfo-icon) et les transgenres. Ainsi, la prévalence du VIHinfo-icon avoisine les 14 % parmi les homosexuels à Kampala, la capitale.

 

Une terre d'accueil pour les Sud-Soudanais

 

Depuis 2013, l’Ouganda représente une terre d’accueil pour des milliers de Sud-Soudanais qui tentent de fuir  la violence subie dans leur pays : torture, viols, meurtres... En juillet 2016, ils étaient 3 000 à rejoindre l’Ouganda. Dans ce contexte, le gouvernement ougandais a ouvert six nouveaux camps dont le camp de Bidibidi, situé dans la région Nord-Ouest du pays et considéré aujourd’hui comme le plus grand camp en Ouganda avec plus de 280 000 réfugiés sud soudanais en 2018.

L’Ouganda possède une politique d’accueil avant-gardiste qui autorise les réfugiés à circuler librement, cultiver un terrain mis à disposition, participer au commerce ainsi qu’accéder gratuitement aux services sociaux. Cependant, la pauvreté due à des ressources vitales rares (surtout en période de sécheresse), le traumatisme de la guerre, la violence subie dans leur pays d’origine ou bien dans les camps, entraînent d’immenses besoins sanitaires.

En 2009, un projet de loi prévoyait la peine de mort pour les homosexuels séropositifs. ©Neamoscou
En 2009, un projet de loi prévoyait la peine de mort pour les homosexuels séropositifs. ©Neamoscou

Notre action humanitaire en Ouganda

Personnes exposées aux risques en Ouganda

Soigner les victimes de l’homophobie en Afrique

À Kampala, Médecins du Monde a décidé d’unir ses forces à celles de l’association MARPI (Most At-Risk Populations Initiative) qui, dans l’hôpital de Mulago, propose aux populations clés (gays, transgenres, travailleuses du sexe, etc.) des services de santé sexuelle et reproductive adaptés à leurs besoins et à leurs contraintes : sensibilisation aux ISTinfo-icon, contraception, violences liées au genre…

Cette structure ougandaise créée pour défendre les minorités sexuelles sur le terrain est parvenue à se faire du Ministère de la Santé un allié. Aujourd’hui, elle gère une clinique LGBTinfo-icon-friendly en plein cœur de la capitale ougandaise. Alors que de nombreux gays et lesbiennes craignent de consulter un médecin par peur d’être stigmatisés ou dénoncés, la clinique leur garantit un minimum de soins. Elle fonctionne « comme une petite oasis » connue grâce au bouche à oreille et aux petites associations LGBTinfo-icon qui s’en font l’écho.

 

 

Au travers de formations, Médecins du Monde appuie également MARPI dans l’extension progressive de ses activités aux hôpitaux régionaux de référence, dont celui de Mbarara dans le sud-ouest du pays.

Au-delà de l’amélioration des services de soins proposés par la clinique (et en particulier pour le traitement des codylomes anaux, une ISTinfo-icon très fréquente chez les gays en Ouganda), l’ONGinfo-icon forme également des associations LGBTinfo-icon à l’élaboration de projets et à la recherche de financement.

 

Les migrants et déplacés

Intervenir auprès des réfugiés sud soudanais

En juillet 2018, Médecins du Monde a repris les consultations externes d’un centre de santé construit par Médecins Sans Frontières, intitulé « Bolomoni Centre de Santé, Niveau III ». Dans ce dernier, populations locales et réfugiés sud soudanais bénéficient de soins de santé primaires, et d’activités de santé sexuelle et reproductive incluant des consultations de violences liées au genre, ainsi que des soins en santé mentale et un support psychosocial.

 

 

Dans un processus de reprise complète des activités de Bolomoni, Médecins du Monde a également pris en charge à partir du 1er janvier 2019, l’unité d’hospitalisation d’une capacité de 50 lits au sein du centre de santé. Cette unité comprend un service de pédiatrie, une maternité et un service pour adultes. Progressivement, Médecins du Monde a pour objectif de transmettre la gestion du centre de santé aux autorités sanitaires du district de Yumbe.

 

Kampala
Kampala

De juillet 2018 à juin 2019

Chaque mois, nous avons assuré :

  • 3 858 consultations curatives

  • 282 consultations anténatles

  • 242 consultations post-natales

  • 941 consultations de planification familiale

  • 328 consultations de violences liées au genre
  • 351 consultations de santé mentale

     

 

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