Algérie

100 000 à 150 000

estimation du nombre de migrants subsahariens en Algérie

La situation préoccupante des migrants en Algérie

Les arrestations et les expulsions de migrants vers le Niger se sont multipliées en Algérie en 2018 et représentent des événements répétés et constants qui aggravent leurs conditions sanitaires et sociales déjà préoccupantes. Les interpellations des autorités algériennes sont effectuées dans les bus, les taxis mais aussi sur les lieux de travail et de vie des migrants, sans distinction de nationalité, séparant parfois les familles et isolant des mineurs. Des descentes dans les lieux de vie se sont opérées la nuit avec des arrestations massives. Des centaines de migrants subsahariens, dont des femmes et des enfants, sont transférés en bus et en camion, à travers le Sahara, pour être abandonnés à la frontière avec le Niger où ils se retrouvent contraints de parcourir une grande distance à pied pour rejoindre le premier centre urbain du Niger (Assamaka).

Forcés à vivre cachés depuis des mois, les migrants se retrouvent dans une situation d’extrême vulnérabilité.

Pour ceux ayant échappé à ces expulsions, la situation reste tout aussi dramatique. Face à la crainte d’être arrêtés, les migrants s’enferment dans leurs domiciles ou dans des chantiers. Forcés à vivre cachés depuis des mois, les migrants se retrouvent dans une situation d’extrême vulnérabilité. La situation sanitaire et médicale de ces migrants en Algérie devient préoccupante en raison de la rupture d’accès aux soins.

Cette discrimination est confortée par le discours politique et la législation répressive de l’Etat algérien à l’égard des migrants dont le séjour est irrégulier mais aussi à l’égard des citoyens et professionnels algériens leur apportant une assistance.

 

Les conditions sanitaires précaires des migrants subsahariens en Algérie

 

Stigmatisés, souvent victimes de violences, les migrants subsahariens en Algérie rencontrent des difficultés à se faire soigner, et ce malgré un système sanitaire permettant, en principe, un accès universel et gratuit aux structures de santé. La situation s’améliore doucement, mais un travail important reste à faire quant à la lutte contre la stigmatisation pour permettre un accès aux soins effectifs de ces populations migrantes, ainsi qu’à la reconnaissance de leurs autres droits comme le droit à la scolarisation ou au logement.

La couverture sociale n’est accessible ni aux étudiants boursiers ni aux travailleurs clandestins subsahariens qui sont hautement exposés aux accidents graves pendant leurs prestations.

 

Les femmes n'ont pas accès à la santé sexuelle et reproductive

 

L’accès à la santé sexuelle et reproductive demeure un sujet particulièrement délicat vu le manque de connaissance de ces populations migrantes, les divergences culturelles, les pratiques des prestataires de santé qui restreignent l’accès à la contraception et la loi algérienne qui interdit l’avortement. De ce fait, les soins gynécologiques et obstétricaux ne sont pas systématiquement accessibles aux femmes. Parmi elles, plusieurs ont subi des violences sexuelles durant le parcours migratoire et pendant le séjour ou transit dans les villes algériennes. Beaucoup font appel à des réseaux de passeurs pour arriver dans les grandes villes et sont contraintes à travailler dans des maisons closes afin de financer le voyage depuis le pays d’origine au pays de destination (souvent en Europe, et parfois l’Algérie). Ces femmes se retrouvent isolées, dépourvues de leur liberté de circulation et sans accès à la santé ni aux droits.

 

L'action de Médecins du Monde en Algérie

Migrants & Déplacés

Soigner les MIGRANTS subsahariens sur le territoire algérien

À Alger, Médecins du Monde accompagne le transfert à l'association locale Caritas Alger d'un projet menée par notre ONGinfo-icon depuis 2011 relatif à l'amélioration de l'accès des migrants aux structures de soins. Ce projet prévoit un travail d'orientation et d'accompagnement communautaire vers les structures sanitaires et de référencement vers les organisations de la société civile. Des visites médicales sont assurées par des relais migrants et des référents médicaux dans les quartiers de migrants permettant une prise en charge rapide, un suivi des maladies chroniques et des orientations vers les structures de soins compétentes. Ces actions permettent d’offrir un accompagnement de proximité, dans la mobilité, auprès des populations ciblées les plus vulnérables et les moins mobiles. Parallèlement, des activités d’écoute des personnes ciblées (conseil médical, psychologique, groupe de parole non thérapeutique et sensibilisation) sont mises en place.

 

À Oran, Médecins du Monde travaille avec quatre associations locales afin de soutenir les femmes migrantes et algériennes. Dans un lieu sécurisé et confidentiel, appelé le Jardin des Femmes, des permanences médicales, psychologiques et juridiques sont proposées et un travail mobile est aussi mis en place pour assurer un accompagnement au cas par cas sur le terrain.

 

Par ailleurs, notre association humanitaire appuie les associations algériennes impliquées dans l'assistance et la protection des migrants par un travail de coordination et de renforcement des capacités dans le cadre de la Plateforme Migration Algérie (PMA). La mise en place de rencontres régulières inter-associatives ont vocation à créer un espace d'échange, de dialogue et d'appui opérationnel pour répondre aux besoins spécifiques des populations migrantes. Dans ce cadre, un site internet a été créé et trois associations partenaires seront financées pour mettre en œuvre des actions à l’attention des populations migrantes. Des formations en gestion des ressources humaines et financières sont dispensées aux membres afin de les accompagner dans la gestion de leurs projets.

 

Alger
Alger

En 2019

Nous avons :

  • fourni 1 200 services au Jardin des femmes, plus de 150 femmes ont accédé à la contraception et plus de 300 à l’aide juridique
  • accompagné plus de 800 migrants dans les structures de santé
  • assuré la prise en charge médicale de 500 migrants
  • effectué 3 cycles de formations auprès de 12 associations de la société civile algérienne 
  • mis en place un cycle de formations régulières pour renforcer les capacités de 40 effectifs et partenaires de la mission, dont 13 relais communautaires subsahariens et 3 partenaires opérationnels

 

 

 

Ils nous soutiennent

Historique
2006
Ouverture d’un programme de lutte contre les violences liées au genre, Alger.
2009
Fermeture du programme à Alger.
2011
Ouverture du programme d’accès aux droits et aux soins des migrants à Alger.
2014
Extension de l’intervention auprès des migrants à Oran.
2016
Ouverture du Jardin des femmes à Oran.
2018
Ouverture d'un projet de coordination et de renforcement des capacités des associations algériennes sur la thématique migration.
2018
Transfert du programme d’accès aux droits et aux soins des migrants à Alger à un partenaire local.

Votre soutien

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50 € pour financer 50 tests de dépistage du VIH

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