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08.11.2017 à 11h00

Anonyme, Gabon

Porte de la Chapelle

 

© Patrick Bouffard
© Patrick Bouffard
© Patrick Bouffard

 

Je suis arrivé à Paris, par avion, avec un visa pour espérer effectuer ma demande d’asile dans les règles. Mais maintenant ça fait deux mois que je suis à la rue dans l’attente de pouvoir déposer mes empreintes digitales et entamer la procédure. Tout le temps les consignes changent, tantôt on nous dit qu’il faut faire la queue devant le centre de Porte de la Chapelle, alors on attend des semaines toute la journée, la nuit on dort dans la queue pour espérer être pris le matin. Mais dans ce cas les policiers nous réveillent, nous gazent. Alors on se réveille à 4h du matin pour être les premiers dans la file. Puis un jour, quelqu’un du centre nous adresse enfin la parole, on croit que l’on va pouvoir entrer mais en fait on nous dit que maintenant c’est à Jaurès qu’il faut faire la queue.

 

Alors c’est reparti pour le même cirque. La queue, le froid, l’attente interminable. Puis à cinq heures la police qui nous rentre dedans : “allez messieurs c’est fini pour aujourd'hui dispersez-vous”. Maintenant on nous a dit qu’il ne faut plus faire la queue, qu’il n’y a rien à faire, continuer  à dormir dans la rue et attendre que des gens viennent nous donner un ticket pour le camp (CPA). Mais qu’est ce que c’est que cette histoire, moi ça fait deux mois que je dors dans la rue! A part la police qui vient nous compter comme des bêtes personne n’est venue me chercher. Elle est basée sur quoi votre sélection pour la demande d’asile ?

Alors c’est reparti pour le même cirque. La queue, le froid, l’attente interminable.