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Mettre un terme aux attaques illégales contre les civils

Mettre un terme aux attaques illégales contre les civils

Dix organisations humanitaires et de défense des droits humains ont lancé aujourd’hui un appel à Emmanuel Macron pour qu’il demande au prince héritier saoudien Mohammed ben Salmane, attendu en France du 8 au 10 avril, de mettre un terme aux attaques illégales contre les civils au Yémen et lève le blocus de fait qui entrave l’acheminement de l’aide humanitaire et des biens commerciaux et aggrave la crise humanitaire dans le pays.

L'essentiel

10 ONGinfo-icon lancent un appel à l’occasion de la visite en France de Mohammed ben Salmane

Une population civile meurtrie

Souvent présenté comme un réformateur, le fils du roi Salmane joue un rôle majeur, en tant que ministre de la Défense, dans la guerre conduite au Yémen depuis 3 ans par la coalition de pays arabes menée par l’Arabie saoudite.

Selon le Yemen Data Project, qui recense les frappes aériennes de la coalition, le Yémen a subi plus de 16.000 raids aériens depuis mars 2015 – l’équivalent d’un bombardement toutes les 90 minutes.  Plus d’un tiers de ces attaques ont frappé des cibles a priori non-militaires, comme des marchés et des habitations. Depuis 3 ans, 6 100 civils ont été tués et 9683 blessés, selon le Haut-Commissariat aux droits de l’Homme ; 61% de ces pertes civiles sont imputables à la coalition, et la quasi-totalité du reste aux tirs d’artillerie indiscriminés et tirs de snipers des Houthis dans des zones densément peuplées.

Le Yémen a subi plus de 16.000 raids aériens depuis mars 2015 – l’équivalent d’un bombardement toutes les 90 minutes.

Le conflit a aggravé une situation humanitaire déjà critique, faisant aujourd’hui du Yémen le théâtre de la plus grave crise humanitaire au monde, selon l’ONUinfo-icon. Près de 4 Yéménites sur 5 – 22 millions de personnes – dépendent de l’aide humanitaires et 8,4 millions sont menacés de famine. La diphtérie est de retour au Yémen et le pays a subi en 2017 la pire épidémie de choléra de l'histoire moderne. La catastrophe humanitaire est aggravée par le blocus des ports et des aéroports imposé par l’Arabie saoudite.

 

 

Le conflit a lourdement impacté le système sanitaire yéménite comme ici à Saada ©Reuters
Le conflit a lourdement impacté le système sanitaire yéménite comme ici à Saada ©Reuters

La responsabilité de la France dans le conflit

Emmanuel Macron devrait placer le Yémen au cœur de ses discussions avec Mohammed ben Salmane lorsqu’il le reçoit en France, estiment les ONGinfo-icon, qui appellent le président français à demander au prince héritier saoudien :

  • La fin des bombardements ciblant des civils et le respect du droit humanitaire international ;
  • La levée inconditionnelle et permanente de toutes les entraves à l’acheminement de l’aide humanitaire et des biens commerciaux au Yémen.  

La France a une responsabilité à l’égard de la protection des populations civiles du Yémen. En tant que membre permanent du Conseil de sécurité des Nations Unies, elle devrait faire le maximum pour exiger de l’Arabie saoudite qu’elle respecte ses obligations internationales et cesse ses attaques contre des cibles civiles au Yémen. En tant qu’important fournisseur d’armes à l’Arabie saoudite, elle doit se prémunir contre tout risque de complicité dans les graves violations commises par la coalition.

 

 

Selon Jean-François Corty, Directeur des opérations internationales de Médecins du Monde :
« A l'heure où la France réaffirme dans sa stratégie humanitaire l’impérieuse nécessité de respecter le droit international humanitaire, celle-ci ne doit pas être à géométrie variable et doit également s'appliquer pour le Yémen. »

 

L’appel est signé par l’ACAT (Action des chrétiens pour l’abolition de la torture), Action Contre la Faim, l’Alliance internationale pour la défense des droits et libertés (AIDL), Amnesty International France, la FIDH, handicap International, Human Rights Watch, Médecins du Monde, Première Urgence Internationale et Reporters Sans Frontières.