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Un conflit s’enlise, une population prise en otage

Un conflit s’enlise, une population prise en otage

Le 26 mars marque la 3e année de l’intervention de la coalition arabe, menée par l’Arabie Saoudite, en appui au gouvernement «officiel» d’Hadi contre les rebelles Houthis qui contrôlent la partie Nord du Yémen. L’intervention n’a semble-t-il pas atteint son objectif initial : renverser les Houthis. Elle a par ailleurs gravement accentué la dégradation des conditions de vie des populations civiles.

L'essentiel

Médecins du Monde, présente au Yémen depuis 2007, dénonce le blocus, les bombardements sur les civils et appelle au respect du droit international humanitaire (DIH).

Trois ans de guerre

Les conséquences de la guerre sont dramatiques :  

  • Plus de 10 000 morts,  
  • Sur les 29 millions d’habitants yéménites, 22.2 millions de personnes ont besoin d’une assistance humanitaire,
  • Plus de 2 millions de personnes déplacées,
  • 18 millions de personnes souffrant d’insécurité alimentaire,  
  • Près de 2 millions d’enfants de moins de 5 ans malnutris,  
  • 16 millions de personnes privées d’accès à des services de santé…  
  • …et la plus grave épidémie de choléra jamais enregistrée avec plus d’un million de cas suspectés.1

 

 

Le conflit a lourdement impacté le système sanitaire yéménite comme ici à Saada ©Reuters
Le conflit a lourdement impacté le système sanitaire yéménite comme ici à Saada ©Reuters

Blocus et bombardements sur les civils, une punition collective

L’Arabie Saoudite et la coalition imposent un blocus parfois complet du pays, en particulier dans les zones Nord, qui s'apparente à une punition collective de la population.

 

«Le blocus a des effets dévastateurs sur les civils. Plus aucun échange n’est possible avec l’extérieur. L’aéroport de Sanaa et les ports sont fermés. L’assistance humanitaire peine à entrer. L’économie s’est progressivement écroulée, les fonctionnaires ne sont plus payés depuis septembre 2016. Sans compter la large campagne de frappes aériennes qui accentue l'insécurité. Aujourd’hui, 50% des centres de soins ne sont plus fonctionnels»,
indique le Dr Jean-François Corty, directeur des opérations internationales de Médecins du Monde.

Aujourd’hui, 50% des centres de soins ne sont plus fonctionnels.



Plus de 16 633 raids ont été menés en 3 ans et près d’un tiers des bombardements (1 491) ont touché des cibles non militaires. 

Un tiers des victimes de la guerre au Yémen sont des enfants ©AFP
Un tiers des victimes de la guerre au Yémen sont des enfants ©AFP

Entre accords commerciaux et vies humaines

Face à ce conflit dont les populations civiles sont les premières victimes, plusieurs pays européens tels que la Belgique, la Norvège et l’Allemagne ont stoppé leurs ventes d'armes au Royaume saoudien. Le Parlement européen s’est également exprimé le 25 février 2016 dans le cadre d’une résolution invitant à imposer un embargo européen sur les armes à destination de ce pays. 

 


«Malgré les indignations des autorités françaises sur le sort des Yéménites, et à l'heure où la France réaffirme dans sa stratégie humanitaire la nécéssité de respecter le droit international humanitaire, nous mettons en garde les autorités françaises : cette stratégie ne doit pas être à géométrie variable. Elle doit également s'appliquer pour le Yémen» précise le Dr Françoise Sivignon, présidente de Médecins du Monde. «Les choix de nos dirigeants doivent pencher pour le droit à la vie des civils. La France doit pouvoir remettre en question les accords industriels qu'elle peut avoir avec des pays qui ne respectent pas le DIH »

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