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Moscou soutient son allié syrien au détriment des civils

En Syrie, 11,3 millions de personnes ont cruellement besoin de soins. © Reuters

Moscou soutient son allié syrien au détriment des civils

Alors que le monde est absorbé par l’euphorie de la Coupe du Monde en Russie, le régime syrien mène des offensives terrestres et des bombardements dans le sud du pays, grâce au soutien de son allié russe et dans l'indifférence la plus totale. Médecins du Monde (MdM) exprime une profonde inquiétude face à l’escalade d’un conflit qui met en péril la vie des civils et qui provoque des déplacements massifs.

Reprise des bombardements malgré le cessez-le-feu

Les nouvelles du terrain sont des plus alarmantes. En dépit des accords de cessez-le-feu qui avaient permis un semblant d’apaisement dans le sud du pays au cours de l'année passée, le gouvernorat de Dara'a, pourtant considéré comme une zone de désescalade, a dernièrement été la cible de tirs d’artillerie et d'attaques menées en violation des accords de cessez-le-feu. La nuit dernière, les bombardements massifs d'un centre de soins à Bosra el Harir et de la ville de Dara'a ont causé la mort de plusieurs personnes en plus d’un très grand nombre de blessés. Les combats ont également causé le déplacement d'au moins 12 000 personnes vers le gouvernorat rural de Quneitra et la frontière jordanienne, où il est toutefois impossible de trouver refuge.

Bombardements massifs d'un centre de soins à Bosra el Harir et de la ville de Dara'a

 

Des attaques qui entravent le travail des humanitaires

Les 750 000 habitants de Dara'a ne peuvent pas fuir le théâtre des affrontements car ils sont cernés par les attaques provenant de l'est, de l'ouest et du nord, et font face à la fermeture de la frontière jordanienne. Le gouvernorat a proclamé l'état d'urgence dans la zone est. L'équipe de MdM sur le terrain rapporte avoir été témoin de l’usage d’armes non conventionnelles pendant les attaques.

 

 

D'après un membre de l'équipe médicale, « le travail des professionnels de santé se trouve fortement entravé par cette escalade des conflits. L'unique hôpital dans le nord de la zone est de Dara'a qui offre des soins secondaires, tels que la dialyse, a tenté de répondre aux besoins des nombreux blessés, mais les violences compliquent le travail que nous essayons d’effectuer auprès de la population tout en protégeant les familles. Certains professionnels ont été contraints de quitter la région. Récemment, une sage femme et sa petite fille ont été tuées par des tirs d'obus. » Ces professionnels offrent des consultations dans des lieux d'accueil des populations déplacées, tels que des écoles. MdM fournit des médicaments et un soutien technique à cinq structures de soins dans la région.

 

les violences compliquent le travail que nous essayons d’effectuer auprès de la population.

Maintenir le cessez-le-feu

Le président de MdM France, le docteur Philippe de Botton, a déclaré : « Pendant que le monde a les yeux rivés sur la Coupe du Monde en Russie, la communauté internationale ne peut détourner le regard de la recrudescence de violence dans le sud de la Syrie et ses conséquences pour des milliers d'habitants. Nous exhortons les décideurs à prendre les mesures nécessaires pour assurer le maintien du cessez-le-feu, ainsi que la protection des civils, des structures de soins et des professionnels de santé, conformément aux droits humanitaire et humains. Nous devons à tout prix éviter que le scenario qui s’était produit à Alep ou dans la Ghouta orientale ne se répète, bien qu’à l’heure actuelle, il semble en bonne voie de se reproduire. »

Nous devons à tout prix éviter que le scenario qui s’était produit à Alep ou dans la Ghouta orientale ne se répète.

MdM lance l’alerte sur cette longue crise humanitaire, et sur la nécessité de protéger la population et son accès aux centres de soins et aux traitements, conformément au droit international.

 

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