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Un massacre auquel l'ONU doit mettre fin

© Reuters

Un massacre auquel l'ONU doit mettre fin

Une coalition d’organisations médicales et humanitaires, certaines opérant dans la zone assiégée de la Ghouta Orientale, exhorte le Conseil de Sécurité de l’ONUinfo-icon à voter pour une cessation immédiate des hostilités afin de permettre l’acheminement d’une aide humanitaire d’urgence dans toutes les zones dans le besoin en Syrie.

EDIT : Les combats se poursuivent dans la Ghouta orientale, en Syrie, malgré l’entrée en vigueur de la trêve décrétée par la Russie le 26 février. Médecins du Monde réitère sa demande de cessez-le-feu immédiat pour permettre l’acheminement de l’aide humanitaire et l’évacuation des blessés.

Agir pour mettre fin aux combats

Le Conseil de Sécurité est appelé ce jeudi 22 février à se prononcer sur une résolution portant sur une cessation des hostilités et la levée des sièges autour des zones telles que la Ghouta Orientale où plus de 300 personnes ont été tuées depuis dimanche par le gouvernement syrien et ses forces alliées ; alors même que plus de 20 établissements de santé ont été touchés par des bombardements. Cette résolution permettrait également de prévenir les attaques indiscriminées menées par des groupes d’opposition armés dans la région de Damas, où au moins 15 personnes ont été tuées depuis dimanche.

 

Hôpital de Douma, en Ghouta orientale ©SAMS
Hôpital de Douma, en Ghouta orientale ©SAMS

Plus de 300 personnes ont été tuées depuis dimanche par le gouvernement syrien et ses forces alliées.

 

L’appel de la coalition, composée notamment de Médecins du Monde, l’UOSSMinfo-icon, CCFD-Terre Solidaire et Save The Children, sera entendu haut et fort aujourd’hui à New York, où trois panneaux d’affichages circulent actuellement autour du bâtiment des Nations Unies afin d’interpeller le Conseil de Sécurité et lui demander des explications quant à son inaction. Reprenant une tactique déjà utilisée dans le film nommé aux Oscars Three Billboards : Les Panneaux de la Vengeance, les panneaux brandissent ce message : « 500 000 morts en Syrie / Et toujours aucune action ? / Pourquoi, Conseil de Sécurité ? »

Trois panneaux d’affichages ont circulé autour du bâtiment des Nations Unies : « 500 000 morts en Syrie / Et toujours aucune action ? / Pourquoi, Conseil de Sécurité ? » ©MdM
Trois panneaux d’affichages ont circulé autour du bâtiment des Nations Unies : « 500 000 morts en Syrie / Et toujours aucune action ? / Pourquoi, Conseil de Sécurité ? » ©MdM

Une situation catastrophique

« La situation dans la Ghouta est catastrophique. Tant de personnes sont tuées que le nombre de morts ne cesse d’augmenter : nous n’arrivons pas à tenir les comptes » rapporte le Dr Hamza, un médecin de l’ONGinfo-icon médicale Syrian American Medical Society (SAMS) dans la Ghouta orientale.  « Aucun mot ne saurait décrire la terreur que nous traversons. »

Les blessés et tués se comptent par centaines ©SAMS
Les blessés et tués se comptent par centaines ©SAMS

Aucun mot ne saurait décrire la terreur que nous traversons.

Le Dr Hamza explique que des familles sont « terrées dans des sous-sols, terrifiées par les avions mitrailleurs et les bombardements. » Du fait du manque d’aide médicale et de conditions de vie déplorables, des maladies de peau telle que la gale se généralisent, et les maladies chroniques continuent d’être aggravées.

 

 

Dans cet appel collectif au Conseil de Sécurité, la coalition demande à tous ses Etats membres de soutenir l’adoption d’une résolution humanitaire, et d’user de leur influence pour faire de la trêve une réalité. Les membres de la coalition réclament :

1. Une trêve humanitaire/l’arrêt des combats à travers à la Syrie ;
2. Un accès durable et sans entrave à l’aide humanitaire à travers un acheminement hebdomadaire de convois humanitaires de l’ONUinfo-icon dans toutes les zones dans le besoin, y compris celles situées dans les zones tenues par les groupes d’opposition ;
3. Des évacuations médicales d’urgence avec des garanties nécessaires de sécurité pour les patients ayant besoin de traitements d’urgence en dehors des zones assiégées ;
4. L’engagement de toutes les parties au conflit à respecter leurs obligations en vertu du droit international afin de garantir en priorité la protection des civils, des hôpitaux et autres établissements de santé ;
5. La levée des sièges, prioritairement dans la Ghouta orientale, la zone assiégée la plus peuplée de Syrie. Environ 400 000 personnes vivent dans la Ghouta orientale, où le siège imposé depuis 2013, affame la population et pousse nombre de résidents à l’article de la mort.

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Susannah Sirkin

Un travail humanitaire devenu impossible

Le Dr Hamza poursuit : « Je viens de traiter une femme d’une vingtaine d’années qui a prononcé ses derniers mots il y a trois heures à peine. Elle était enceinte de sept mois, et nous n’avons pas pu la sauver. Il y a une énorme pénurie de médicaments et d’équipements pour traiter les patients de la Ghouta. Aucun de ceux qui sont tués ne sont des cibles militaires, ce sont tous des civils. »

Le refus de délivrer aux médecins des fournitures médicales les empêche de faire leur devoir. Les médicaments de traumatologie et les équipements chirurgicaux indispensables sont inexistants, et sont systématiquement retirés des convois d’aide humanitaire sans aucune justification.

Hôtial de Douma, le 21 février ©SAMS
Hôtial de Douma, le 21 février ©SAMS

Le refus de délivrer aux médecins des fournitures médicales les empêche de faire leur devoir.

L’un des obstacles majeurs auxquels les soignants font face est le refus quasi-systématique des demandes d’évacuation de patients en état critique, parmi lesquels des individus ayant des tumeurs, ou de sérieux problèmes cardiaques. Dans les rares cas où ils ont pu évacuer des malades, certains sont morts alors qu’ils attendaient leur évacuation hors de Syrie ou dans l’attente de recevoir leur traitement à l’intérieur du pays. Actuellement, plus de 700 patients ont besoin d’une évacuation médicale.

Ce déferlement récent de violences fait de cette crise l’une des pires crises alimentaires survenues depuis le début du conflit syrien, l’ONUinfo-icon rapportant que 12% des enfants de la Ghouta orientale âgés de moins de 5 ans souffrent de malnutrition aiguë.

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