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Pour que chaque femme puisse disposer librement de son corps

@Olivier Papegnies

Pour que chaque femme puisse disposer librement de son corps

Soubré, à 6 heures de route d’Abidjan. Dans les bureaux de Médecins du Monde, Florence, la responsable du programme, et son équipe reçoivent des dizaines de jeunes filles et femmes. Elles viennent toutes avec la même histoire, celle d’une grossesse non désirée. Le manque d’informations, la pression sociale, économique, familiale, l’absence de politique favorable aux droits des femmes, les regards des autres... Tant de facteurs qui aujourd’hui empêchent les femmes de disposer librement de leur corps.

La contraception en Côte d'Ivoire : une réalité insoutenable

Face à ces difficultés, Médecins du Monde met en œuvre à Soubré un projet de prévention et prise en charge des grossesses non désirées en milieu scolaire. Dans cette région de Côte d’Ivoire, les jeunes filles n’ont que peu de contrôle sur leur vie sexuelle. Elles manquent d’informations. Elles ne connaissent que peu de choses à la contraception. Elles n’ont souvent pas les moyens d’accéder à une méthode contraceptive fiable et sûre. Tous ces facteurs les empêchent de prévenir et de planifier une grossesse, brisant des vies, des parcours, des avenirs. Résultat, chaque année, la Côte d’Ivoire enregistre plus de 3 000 cas de grossesses non désirées en milieu scolaire.

Chaque année, la Côte d’Ivoire enregistre plus de 3 000 cas de grossesses non désirées en milieu scolaire.

Les témoignages de ces jeunes filles sont nombreux. Ils traduisent une réalité insoutenable. Ils mettent en exergue l’incapacité et parfois le manque de volonté pour endiguer ce problème. Ils démontrent la nécessité de garantir à chaque femme un libre accès aux méthodes contraceptives et à l’avortement de manière sûre et sans restriction.

 

 

Des grossesses non désirées, trop fréquentes chez les jeunes filles…

L’histoire de Jacqueline, tombée enceinte à 17 ans, est fréquente ici à Soubré. Elle n’était qu’en troisième quand elle a poussé les portes de Médecins du Monde pour demander de l’aide. Elle ne voulait pas d’enfant. Son unique rêve était de poursuivre sa scolarité pour devenir enseignante.

Cependant elle a vu ses rêves se briser à la suite d’un rapport sexuel consenti mais non protégé avec un camarade de classe. Elle ne connaissait rien des méthodes contraceptives. Elle n’avait jamais utilisé de préservatif, ni entendu parler de pilules. Reniée et jetée à la rue par ses parents, elle trouve refuge chez sa grand-mère. Avec l’aide de Médecins du Monde, elle bénéficiera d’un suivi médical et psycho-social tout au long de sa grossesse. Depuis elle a eu son petit Julien et a pu reprendre le chemin de l’école.

Elle ne connaissait rien des méthodes contraceptives. Elle n’avait jamais utilisé de préservatif, ni entendu parler de pilules.

 

L’histoire de Jacqueline n’est pas un cas unique. Trop de jeunes filles vivent des histoires similaires. Certaines ont tenté d’avorter. Elles en sont mortes ou ont failli en mourir. C’est le cas de Gucci, qui a tenté de se faire avorter en avalant des comprimés achetés dans une clinique non conventionnelle et sans suivi médical. Elle a perdu beaucoup de sang et a fini à l’hôpital général de Soubré. C’est là qu’une des sages-femmes l’a mise en relation avec Médecins du Monde, qui l’a aidé. Gucci risquait la mort si des soins après avortement n’étaient pas apportés. Ce fût le cas. Ceux-ci ont eu lieu à l’hôpital, de manière sûre. Mais il a fallu que la vie de Gucci soit en danger pour qu’une prise en charge ait lieu.

 

 

Faire de la prévention et de la prise en charge des grossesses non désirées une priorité

Face à cette situation dramatique, Médecins du Monde agit pour améliorer l’offre de soins de prévention et de prise en charge des grossesses non désirées, en tenant compte des besoins spécifiques des jeunes et des adolescent.e.s. Nous travaillons avec les autorités locales et la société civile pour plaider en faveur de politiques publiques favorables à la prise en charge des grossesses non désirées et la mise en œuvre de services de santé sexuelle et reproductive. Pour y parvenir, Médecins du Monde met en place des espaces d’écoute et de conseil ; forme les acteurs de l’éducation ; renforce les capacités des acteurs de santé et appuie les centres de santé ; sensibilise la population et les autorités sur les droits à la santé sexuelle et reproductive.

351 jeunes filles ont eu accès à une méthode de contraception moderne, 840 ont pu bénéficier d’un soutien psychosocial

Depuis le lancement de ce projet, 351 jeunes filles ont eu accès à une méthode de contraception moderne, 840 ont pu bénéficier d’un soutien psychosocial, 4 centres de santé ont été aménagés et 38 prestataires de santé ont été formés. En travaillant avec la société civile, les autorités locales et nationales, les acteurs de santé et les jeunes filles et les femmes, Médecins du Monde fait de la santé sexuelle et reproductive une priorité et entend placer ce sujet au cœur du débat public.

 

 

Pour un accès universel et sans restriction à la contraception et à l’avortement

Chaque année, un tiers des 213 millions de grossesses dans le monde ne sont pas désirées.

Malheureusement, la Côte d’Ivoire n’est pas un cas à part et le combat doit être porté partout. Dans le monde, seule une soixantaine de pays autorise le recours à l’avortement sans restriction, et l’accès à la contraception est semé d’embûches. Chaque année un tiers des 213 millions de grossesses dans le monde ne sont pas désirées, une sur quatre donne lieu à un avortement à risque et près de 50 000 femmes décèdent tous les ans suite à un avortement pratiqué en dehors d’un cadre médical, représentant 13% des causes de mortalité maternelle dans le monde.

 

 

En Côte d’Ivoire, Médecins du Monde agit et redonne l’espoir et le sourire à des dizaines de jeunes filles. Ce combat est nécessaire. Il doit à terme permettre un accès universel et sans entraves aux services de santé sexuelle et reproductive. Mais celui-ci ne peut être réussi sans la volonté politique et le désir de changement des autorités, de la société civile et des acteurs impliqués.

 

Insaf Rezagui
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