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La situation est intense ici

La situation est intense ici

Mustafa Abu Hjier a 38 ans. Il est directeur exécutif d'un Centre pour les jeunes à Juhor Ad Dik, un village du centre de Gaza, près de la frontière avec Israël. Il est marié et père de deux enfants. Début 2014, il a suivi une formation de deux semaines avec Médecins du Monde pour apprendre les gestes de premiers secours, en cas d'urgence.
Six mois plus tard, l’opération « Bordure protectrice » commence à Gaza.

Réagir face à l'urgence

« C’était une semaine après le début de la guerre. J’étais seul à la maison, j’avais envoyé ma femme, mon enfant et ma mère à l'ouest de Salah Al-Din, parce que c’était trop dangereux ici. Je suis resté pour protéger ma maison, pour montrer qu'il y avait encore quelqu'un, mais la situation devenait vraiment critique, je me préparais donc à partir moi aussi. C’était le milieu de la nuit, ils tiraient des roquettes dans toute la zone, ils préparaient l'incursion sur le terrain. On n’imaginait pas que ça serait aussi intense, les maisons étaient visées... D’un coup j’ai entendu mes voisins crier, appeler à l'aide, appeler leur fille. Je ne savais pas ce qui était arrivé, s’ils étaient morts, tout était confus, il faisait noir, mais je me suis souvenu de la trousse de premiers secours que Médecins du Monde nous avait remise à l’issue de la formation. Je l’ai prise et suis sorti de chez moi en courant. Il faisait très sombre, on avait juste une petite lumière, mais j’ai vu que mes voisins étaient blessés. Je me souvenais qu’il fallait prioriser, identifier les cas les plus graves. Muna, leur fille, avait les cheveux brûlés, la tête en sang. J’ai commencé par elle, pour essayer d’arrêter le saignement. On avait appelé une ambulance, mais c’était très difficile d’arriver jusqu’à nous. J’ai donc pris la compresse de la trousse de secours et ai commencé à soigner Muna moi-même. »

Je suis resté pour protéger ma maison, pour montrer qu'il y avait encore quelqu'un.

Les voisins sont sous le choc : « J’étais assis sur le sol, je voyais tout comme dans un rêve. Mon cousin est venu, m'a parlé d'appeler une ambulance et j’ai vu Mustafa qui soignait de ma fille » se rappelle le père de Muna. « J’avais le vertige, je ne sais pas ce qui s’est passé. Au bout de deux heures, l'ambulance est finalement arrivée. Ils nous ont dit qu’on devait se dépêcher, que ce n’était pas une zone accessible, qu’on ne pouvait pas rester ici. »
 

Sauver des vies

Tous sont emmenés à l’hôpital. Muna a subi deux opérations, elle va bien maintenant. Si les formations aux premiers secours de Médecins du Monde sont destinées à des situations « normales », elles ont permis à Mustafa de savoir réagir face à une situation critique et d'avoir avec lui une trousse d'urgence pour porter secours à ses voisins blessés.

Aujourd'hui, Mustafa vit dans une caravane. Sa maison et tout son quartier ont été complètement détruits. Le centre de santé primaire a également été endommagé. Médecins du Monde a installé une clinique mobile pendant quatre mois, puis d'autres organisations sont venues pour soutenir le village, mais les maisons n’ont toujours pas été reconstruites.

« Les ambulances mettent encore du temps pour arriver ici, c’est bien qu’on connaisse les gestes de premiers secours nous-mêmes. Nous avons besoin de cette formation dans la zone frontalière. La situation est intense, ici », conclut Mustafa.

 

En 6 ans, 3 guerres

La guerre de 2014 a causé la mort de 2 251 Palestiniens, dont 70% environ étaient des civils, et 551 des enfants. 11 000 Palestiniens ont été blessés, 500 000 personnes déplacées au plus fort du conflit, et aujourd'hui, environ 110 000 personnes sont toujours sans abri.

Les infrastructures de santé de Gaza ont dû répondre à cette situation de crise alors qu'elles étaient également été visées : 17 hôpitaux et 58 centres de santé ont été endommagés. Depuis 2014, Médecins du Monde organise des formations aux premiers secours dans la zone frontalière de la bande de Gaza, une zone qui est intensément ciblée pendant les guerres, et qui fait face à des tirs quotidiens des forces de sécurité israéliennes, le long de la frontière ou en mer. A ce jour, 420 personnes ont bénéficié de la formation aux urgences de Médecins du Monde, dont 214 femmes

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100 € pour fournir des kits d’hygiène à 5 familles 

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