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Se relever du chaos

Se relever du chaos

Ses habitants craignaient un tremblement de terre depuis quelques années. Ce sont finalement plusieurs séismes, particulièrement violents, qui ont frappé le Népal. Parmi les ruines qui jonchent ce pays de montagnes, de nombreuses structures de santé sont à reconstruire. Notamment dans le district du Sindhupalchok, où Médecins du Monde soigne les populations sinistrées.

 

Ses habitants craignaient un tremblement de terre depuis quelques années. Ce sont finalement plusieurs séismes, particulièrement violents, qui ont frappé le Népal. Parmi les ruines qui jonchent ce pays de montagnes, de nombreuses structures de santé sont à reconstruire. Notamment dans le district du Sindhupalchok, où Médecins du Monde soigne les populations sinistrées.

« Je marchais dans la montagne lorsqu’elle s’est mise à trembler. Les secousses étaient si fortes que j’ai été projetée sur la route, en contrebas. Depuis j’ai des douleurs au ventre, à l’épaule, au dos. » Sirisha est une survivante. Comme beaucoup de Népalais, elle s’est vue mourir le samedi 25 avril lorsqu’un premier séisme d’une magnitude de 7,8 a frappé le Népal, faisant plusieurs milliers de morts et de blessés, détruisant de nombreuses habitations et l’essentiel d’un système de santé déjà fragile.

La réponse d’urgence

Deux jours après la catastrophe, alors que le pays vacillait toujours sous l’assaut répété des répliques, une équipe d’urgence de Médecins Monde décollait pour Katmandou, suivie de 20 tonnes de matériel. Forte de son expérience dans le Sindhupalchok, où elle mène un programme auprès des femmes enceintes depuis 2007, l’association a déployé son aide dans ce district rural dévasté. « Parvenir dans cette région est un véritable défi logistique, explique Joël Weiler, responsable des urgences. À une altitude de près de 3000 mètres, sur des routes de montagne affaissées ou encombrées d’éboulis, les camions progressent très difficilement. » À bord, des équipements médicaux mais aussi des kits d’assainissement et de purification d’eau.

Ici les maisons en roche taillée ont été rasées par les secousses. 

Première étape de l’intervention de Médecins du Monde, le village de Golche s’accroche aux contreforts de l’Himalaya, au nord du district. Ici les maisons en roche taillée ont été rasées par les secousses. Hommes, femmes et enfants sont plus isolés que jamais, exposés aux intempéries et à la faim. Dans les premiers jours qui ont suivi le drame, impossible de faire soigner leurs blessures, de recevoir leurs traitements ou simplement de bénéficier d’une consultation médicale. « Au lendemain du séisme, ma voisine a eu des contractions. Elle était très inquiète car il n’y avait plus de structures de santé pour accoucher. Nous nous sommes débrouillées pour mettre le bébé au monde et tout s’est finalement bien passé », se souvient Chatuurmani, une infirmière qui travaille pour l’association. Le Sindhupalchok est l’une des régions du Népal dont les hommes s’exilent en nombre pour travailler sur les chantiers de la péninsule arabique. En leur absence, les femmes sont plus vulnérables. Heureusement, la mère et l’enfant ont ensuite pu être suivis dans une clinique de campagne de Médecins du Monde, installées sur l’une des terrasses qui s’étagent à flanc de montagne.

Soigner et protéger

Même s’il leur faut souvent marcher de longues heures pour y parvenir, les patients affluent vers les tentes de toile jaune de l’association. Certaines abritent les stocks, d’autres accueillent les consultations. Dans les infirmeries, on pense les plaies. Comme celle de ce jeune garçon enseveli sous un immeuble de deux étages lors du second séisme, le 12 mai. « Lorsque les murs se sont effondrés je ne voyais plus que ses pieds qui dépassaient des gravats » raconte son père qui l’a tiré des décombres. L’entaille sur le crâne de l’enfant a été recousue sur place. Les cas les plus graves, quant à eux, sont envoyés vers Katmandou.

Même s’il leur faut souvent marcher de longues heures pour y parvenir, les patients affluent vers les tentes de toile jaune de l’association.

Avec l’ONGinfo-icon Solidarités International, spécialisée dans l’assainissement et l’accès à l’eau potable, des investigations sont menées dans les communautés afin de prévenir les risques d’épidémies. « Si une vingtaine de personnes d’un même village viennent consulter pour des maladies digestives nous pouvons craindre la propagation d’une bactérie et intervenir rapidement pour la contenir », explique Léa Gibert, des urgences de Médecins du Monde.

La période critique de l’urgence dépassée, c’est tout un système sanitaire qu’il faudra reconstruite pour que le pays, meurtri, puisse se relever du chaos.

Thomas Flamerion
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175 € pour apporter les soins de base à 1 000 personnes pendant un mois

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