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Répondre à l'urgence psychologique

Répondre à l'urgence psychologique

Le 10 octobre est la journée mondiale de la santé mentale. L’approche médico-sociale est de plus en plus présente dans les programmes de Médecins du Monde, notamment dans les zones de conflits comme la Syrie ou la Palestine

 

Depuis 2009, Médecins du Monde-Suisse a lancé à Hébron un programme pilote pour monter des structures dédiées à la santé mentale, à destination des enfants et des adolescents. Un travail de titan dans une zone où les cursus en psychologie se construisent, où les ressources manquent, et où ces questions sont encore très stigmatisées.« Hébron est une ville conservatrice, témoigne Lauriane Pfeffer-Whittaker, coordinatrice en santé mentale dans les territoires palestiniens. On cache encore les personnes qui ont des problèmes de cet ordre, de peur de jeter l’opprobre sur la famille... Un vrai travail de sensibilisation était nécessaire et on voit déjà des progrès ». Les besoins, dans les zones de conflits, sont immenses : « Nous travaillons beaucoup sur les traumatismes, on entend des récits sur ce que l'occupation produit de pire. Notre travail est une aide à la résilience ». L'équipe suisse se dit clairement dans une approche « médico-psycho-sociale », en replaçant la parole de l'enfant dans le groupe familial, éducatif ou communautaire.« La santé mentale n'est pas un mandat facile à clarifier, mais si on se positionne sur ce terrain-là, il faut y aller franchement. Ce programme est un succès, le ministère nous suit et nous avons réussi à mettre sur pied une équipe de professionnels très motivée », plaide Lauriane Pfeffer-Whittaker.

Les hôpitaux psychiatriques publics servaient presque de prisons.

Le défi égyptien

La tâche est plus compliquée pour Senop Tschakarjan, médecin coordinateur pour Médecins du Monde. Depuis juillet 2012, il tente, avec Médecins du Monde, d'implanter un programme en santé mentale dans le « chaos politique égyptien ». « Nous attendons toujours les permissions pour pouvoir travailler ». Ici aussi, beaucoup reste à faire : « Il y avait une vraie tradition dans le domaine, depuis les Pharaons, mais cela s'est arrêté il y a environ 100 ans ! Il y a un manque de ressources humaines flagrant, les progrès ont été fait dans le secteur privé, inaccessible à la majorité des gens et les hôpitaux psychiatriques publics servaient presque de prisons, les patients rentraient et étaient persuadés de ne jamais ressortir. » 

Dans les camps de réfugiés

Du Liban, Senop Tschakarjan tente aussi de coupler à l'aide médicale somatique une aide psychologique ou psychiatrique dans les programmes d'aide aux réfugiés syriens. « Cela fait partie intégrante de l'aide d'urgence ». Comme dans les territoires palestiniens, les populations vulnérables, telles que les enfants et adolescents, sont particulièrement visées. L'idée étant toujours de transférer le programme aux gouvernements locaux. « C'est notre fer de lance, nous souhaitons pérenniser notre action, renforcer les capacités locales, puis laisser la place », rappelle Lauriane Pfeffer-Whittaker. D'ailleurs, après Hébron, direction Naplouse où Médecins du Monde France, en partenariat avec Médecins du Monde Suisse et l’association palestinienne PCC, va dupliquer ce programme de fin 2013 à 2016.

Mathilde Goanec
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