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Notre déclaration à la Commission des Stupéfiants

Notre déclaration à la Commission des Stupéfiants

Durant la dernière journée de la Commission des Stupéfiants (CND), les Etats Membres des Nations Unies ont adopté la résolution « Promouvoir des mesures de prévention et de traitement de l’hépatite virale C parmi les personnes qui font usage de drogues ». Durant cette séance plénière, Wangari Kimenia, Responsable du Plaidoyer Réduction des risques pour Médecins du Monde au Kenya, est intervenu au nom de l’International AIDS Society et de notre organisation. Découvrez sa déclaration.

Mesdames et Messieurs,

 

Je parle ici au nom de Médecins du Monde, un mouvement international et indépendant de militants qui fournissent des soins, témoignent et soutiennent le changement social, ainsi que de l'International AIDS Society, la plus grande association mondiale de professionnels du VIHinfo-icon travaillant sur tous les fronts de la réponse globale au SIDA ainsi qu’aux hépatites virales, plus particulièrement pour les personnes usagères de drogues injectées.

 

Nous avons suivi de près les préparatifs de cette CND (Commission de Stupéfiants) et, en particulier, les négociations sur la résolution L4 soumises par la Norvège sur la promotion de mesures visant à prévenir et traiter l'hépatite virale C chez les personnes qui consomment des drogues. Nous nous félicitons de l'adoption de cette résolution et de son impact crucial sur le renforcement de la lutte contre l'hépatite dans l'agenda politique en matière de drogue et pensons que cela incitera les pays à atteindre les objectifs d'élimination de l'hépatite virale fixés par la Stratégie mondiale du secteur de la santé contre l'hépatite virale de l'OMSinfo-icon de 2016 ; ainsi que les objectifs 3.3, 3.4 et 3.5 des objectifs de développement durable.

 

 

Nous nous félicitons également de l'accent mis dans cette résolution sur l'importance de la société civile, en particulier des organisations ou des réseaux de consommateurs de drogues, dans tous les aspects de la prévention, du diagnostic et du traitement de l'hépatite virale. Malgré ces progrès, nous sommes préoccupés par le fait que la résolution n’a pas réitéré l’objectif de la Stratégie contre l’hépatite virale de l’OMSinfo-icon, selon lequel 300 aiguilles et seringues stériles fournies à une personne qui s’injecte des drogues par an doit être atteint d’ici 2030 ; et que la résolution n’ait pas réussi à lever les barrières structurelles et politiques alimentant cette épidémie meurtrière.

L’épidémie d’hépatite C continue de croître chez les consommateurs de drogues et l’attention accordée aux besoins spécifiques, par exemple des femmes usagères de drogues, est souvent négligée.

Malgré les preuves et les recommandations de l'OMSinfo-icon, des services entiers de réduction des risques sont inaccessibles à la plupart des consommateurs de drogues dans le monde. Même là où il existe des services, les usagers de drogues rencontrent de plus en plus de difficultés pour accéder à la prévention et au traitement de l'hépatite C en raison d'un accès insuffisant aux services de santé, de leur exclusion par des critères de traitement, des menaces de violence et de maltraitance lors de la divulgation de leur statut de personne usagère de drogue et de la stigmatisation universelle. En conséquence, l’épidémie d’hépatite C continue de croître chez les consommateurs de drogues et l’attention accordée aux besoins spécifiques, par exemple des femmes usagères de drogues, est souvent négligée.

 

 

Ce manque d'accès aux soins et aux traitements de l'hépatite pour les consommateurs de drogues est profondément ancré et généré par nos lois et politiques qui criminalisent la consommation et la possession de drogue et, finalement, les consommateurs de drogues eux-mêmes. L’application répressive de la législation en matière de drogue constitue un obstacle direct aux services de réduction des risques, entraînant des peines disproportionnées pour les infractions mineures liées à la drogue. Cela conduit souvent à une interruption du traitement médical et à un risque accru d'infection par l'hépatite. Cela alimente également les stéréotypes et les perceptions négatives sur les consommateurs de drogues, renforçant ainsi la stigmatisation et la discrimination.

 

Alors que nos lois et nos politiques interdisant les drogues sont décrites et défendues comme nécessaires à la préservation de la santé et de la sécurité du public, les preuves démontrent de manière écrasante qu'elles ont conduit à des violations inutiles et disproportionnées des droits humains, notamment la violence, les maladies, la discrimination et la violation du droit des personnes à la santé. La reconnaissance croissante de la nécessité d'une réforme des politiques de drogues fondée sur des données factuelles a amené plusieurs dirigeants mondiaux, des experts en santé publique, l'OMSinfo-icon et d'autres agences des Nations Unies à recommander la décriminalisation des infractions mineures liées à la drogue, et à renforcer des alternatives aux sanctions pénales axées sur la santé.

 

 

À la suite du 2e Sommet mondial sur les hépatites, plus de 60 organisations de la société civile œuvrant dans les domaines du développement, de la recherche, de la médecine et du social ont lancé un appel conjoint aux dirigeants politiques du monde.

 

Nous voulons réitérer cet appel ici à la CND. Nous demandons aux gouvernements de prendre des mesures pour : 

  • Accorder une plus grande attention aux besoins divers et complets des personnes usagères de drogues, y compris les femmes ; 

  • Eliminer tous les obstacles à l’utilisation de l’ensemble des services de prévention par les personnes usagères de drogues 

  • Réformer les lois et les procédures dans le respect de la dignité et des besoins des personnes usagères de drogues

  • Décriminaliser les infractions mineures et non violentes liées à la drogue 

  • Mettre fin à toutes les formes de discrimination à l’égard des personnes usagères de drogues

 

Merci pour votre attention.

Wangari Kimenia
Responsable du Plaidoyer Réduction des risques pour Médecins du Monde au Kenya
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