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Auprès des usagers de drogues en Tanzanie

Médecins du Monde s’engage avec et auprès des usagers de drogues à travers des programmes de réduction des risques, en France et à l’étranger. © William Daniels

Auprès des usagers de drogues en Tanzanie

De par leurs pratiques, les usagers de drogues sont plus exposés que le reste de la population au risque de contracter le VIHinfo-icon, une hépatite B ou C, une ISTinfo-icon ou la tuberculose. Par ailleurs, la stigmatisation et l’exclusion sociale auxquelles ils sont confrontés restreignent leur accès aux soins et à la sante. C’est pourquoi Médecins du Monde s’engage avec et auprès d’eux à travers des programmes de réduction des risques, en France et à l’étranger. Focus sur notre programme en Tanzanie.

La réduction des risques en Tanzanie : une approche mise de côté

En Tanzanie, la consommation de drogues reste largement criminalisée. L’Etat a certes mis en place des mesures sanitaires destinées aux consommateurs - accès aux traitements de substitution, traitements du VIHinfo-icon, dépistages, vaccinations etc. - mais l’approche réduction des risques qui vise à accompagner les consommations est, pour l’instant, écartée du dispositif national. Les pratiques à risques sont ainsi très répandues, entraînant une très forte prévalence du VIHinfo-icon et des hépatites parmi les usagers de drogues.

 

 

C’est à cette problématique que souhaite répondre le centre communautaire de Médecins du Monde à Temeke - l’un des districts les plus pauvres de la ville de Dar Es Salaam.

Centre communautaire de Médecins du Monde à Temeke
Centre communautaire de Médecins du Monde à Temeke

Un lieu pour s'outiller contre les pratiques à risques

« Pour l’instant, le programme d’échange de seringues que nous avons développé avec nos partenaires est le seul en Tanzanie », explique Mireia Aguirre Soriano, coordinatrice générale de MdM en Tanzanie.

Au sein du centre, les personnes usagères de drogues trouvent un accueil bienveillant et une sensibilisation aux « bonnes pratiques » à adopter, principalement via l’éducation et la distribution de matériel d’injection stérile et la reprise du matériel usagé.

« Notre objectif principal est de limiter les risques de transmission du VIHinfo-icon et des hépatites », poursuit Mirea. « Notre programme comporte également un volet d’aller-vers », qui consiste à rencontrer directement les personnes dans les lieux où elles consomment. « Mais il s’agit de lieux bien précis », les « maskani » comme on les appelle ici. »

Notre objectif principal est de limiter les risques de transmission du VIHinfo-icon et des hépatites.

Pour les personnes souhaitant réduire ou arrêter leur consommation d’opiacés, le centre de MdM propose également des consultations individuelles. Nos équipes orientent alors les bénéficiaires vers le dispositif de substitution à la méthadone, qui dépend du droit commun en Tanzanie. « Mais nous nous pouvons préparer les personnes au traitement et les accompagner durant celui-ci », précise Mirea.

 

 

Souvent stigmatisées et en situation de grande précarité, les personnes qui fréquentent le centre ont peu accès aux soins. Ainsi, l’équipe peut aussi être amenée à prodiguer des soins primaires, « notamment pour les personnes qui consomment par injection, qui présentent souvent des blessures infectées ».

Une réduction des risques qui passe aussi par le lien social

Outre ces actions sanitaires, le centre communautaire de MdM est également un lieu de vie, un espace de socialisation. « Nous proposons par exemple des activités conviviales, comme la journée cinéma ou les Ladies’Nights, durant lesquelles les usagères se réunissent ici pour échanger autour d’un repas » explique Mireia.

Le centre communautaire de MdM est un lieu de vie et de socialisation. © WIlliam Daniels
Le centre communautaire de MdM est un lieu de vie et de socialisation. © WIlliam Daniels

Dans ce centre, les usagers peuvent parler librement de leurs situation et préoccupations, avec l’équipe ou entre elles. Une dimension collective qui joue un rôle important, notamment pour les personnes en cours de traitement de substitution, qui peuvent échanger sur cette étape entre personnes concernées.

Cette démarche communautaire, pilier du travail de sensibilisation, est renforcée par l’investissement des travailleurs pairs dans le fonctionnement du centre. Eux-mêmes familiers de l’usage de drogues, les travailleurs pairs connaissent parfaitement les problématiques sociales et sanitaires qui y sont liées. Ce sont des interlocuteurs de choix pour le public accueilli par MdM, qui trouve ainsi une écoute bienveillante et des conseils avisés.

Faire bouger les lignes, ensemble

Le 13 septembre, le centre a reçu la visite d’une délégation française, composée de 3 sénateurs, de membres de l’ambassade française et de la directrice de l’Agence Française de développement (AFDinfo-icon) en Tanzanie, mais également des différents partenaires civils et institutionnels nationaux, dont le Commissaire Général de l’Autorité Tanzanienne de Contrôle des Drogues (Drug Control and Enforcement Authority). « Cette rencontre a été très importante pour notre équipe et pour les personnes accueillies. » s’enthousiasme Emilie. « Nos visiteurs étaient très curieux au sujet de notre programme et cela a donné lieu à beaucoup d’échanges. »

En septembre 2018, le centre a reçu la visite d’une délégation française et de différents partenaires civils et institutionnels nationaux.
En septembre 2018, le centre a reçu la visite d’une délégation française et de différents partenaires civils et institutionnels nationaux.

Un moment de sensibilisation à la réduction des risques qui répond pleinement à l’objectif de plaidoyer de MdM en Tanzanie. « Nous souhaitons faire comprendre que la RDR est un enjeu de santé publique incontournable, qui est extrêmement efficace pour lutter contre la transmission du VIHinfo-icon et des hépatites. Elle ne peut être substituée par une seule aide au sevrage, et encore moins à une logique de criminalisation. »

La RDR est en enjeu de santé publique incontournable.

Sur place, notre équipe s’emploie donc à travailler à la fois avec les acteurs institutionnels et la société civile pour que ce volet préventif soit inséré dans le plan sanitaire national.

Après quoi, Médecins du Monde se retirera et laissera les acteurs locaux piloter l’accompagnement de cette politique.

Lou Maraval
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