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28 juillet : journée mondiale des hépatites

28 juillet : journée mondiale des hépatites

Fin 2013, des nouveaux médicaments contre le virus de l’hépatite C (VHC), les antiviraux à action directe (AAD), arrivent sur le marché. Ces nouveaux traitements sont plus simples d’utilisation (moins d’effets secondaires et durée de traitement plus courte) et permettent surtout de guérir plus de 90% des personnes infectées. Ainsi la perspective d’éliminer l’épidémie est bien réelle. Or, parmi les 80 millions de personnes porteuses chroniques de l’hépatite C, une infime minorité a aujourd’hui accès à ces traitements, le principal obstacle restant leur prix.

Afin de mieux connaître et lutter contre ce fléau,  Médecins du Monde et le Treatment Action Group (TAG – Groupe d’action pour le traitement) ont développé le projet mapCrowd.org, outil innovant et inédit pour mesurer l’état de l’accès aux diagnostics et aux traitements de l’hépatite C dans le monde. Via une plateforme en ligne de crowdsourcing, l’objectif est de collecter et partager des données en temps réel sur le VHCinfo-icon

Les dernières analyses des données de mapCrowd brossent un tableau contrasté du chemin à parcourir pour éradiquer l’épidémie. Deux exemples.

Pays à haut revenu : le rationnement a remplacé la couverture universelle

En Europe de l’Ouest, 13 pays sur 17 ont mis en place des politiques de restriction en limitant l’accès aux AADinfo-icon aux personnes les plus malades. La raison principale  de cette sélection est le prix élevé du traitement, car le coût des combinaisons d’AADinfo-icon est compris entre 25 000 et 70 000 euros. Même les Etats-Unis ont adopté des politiques de rationnement alors que le VHCinfo-icon y fait plus de victimes que n’importe quelle autre maladie infectieuse.

Accès universel : les prix associés aux brevets sont une barrière

À l’instar des traitements du VIHinfo-icon, la mise en place d’une concurrence par les génériques est un élément clef pour réduire drastiquement les prix des traitements et permettre un accès plus large. Sur 13 pays, nous avons pu établir que le prix moyen du sofosbuvir (Sovaldi®de Gilead) est de 38 154$ lorsqu’il n’y a aucune concurrence des génériques. En comparaison, le prix moyen du sofosbuvir générique est de 2 023$ dans 5 pays où il est disponible. Comme ces prix continuent de baisser dans les pays où la concurrence des génériques existe, la situation pourrait encore s’améliorer. D’après les données les plus récentes, les plus bas prix de production et de distribution du sofosbuvir et du daclatasvir sont respectivement de 62$ et 14$2. De plus, l’efficacité et l’innocuité de ces génériques a été démontrée, avec des performances similaires à celles des versions brevetées sur toute la durée du traitement. 

 

Conséquence : des objectifs inatteignables si rien ne change 

Les objectifs envisagés par la communauté internationale pour éliminer le VHCinfo-icon, à savoir 80% de personnes traitées d’ici 2030, sont loin d’être atteints2. Dans les pays participants à mapCrowd et où des données sont disponibles, le taux de personnes mises sous traitement en 2015 est compris entre 0,13% en Malaisie et 8,48% aux Etats Unis. Quant à la France, son taux de 5,2% correspond à celui du Pakistan.

 

Face à ces difficultés d’accès, Médecins du Monde dénonce à nouveau le prix exorbitant de ces traitements, alerte sur le risque qu’il fait porter sur les systèmes de santé y compris en France et dénonce également le rationnement que subissent les patients. La dernière campagne LEPRIXDELAVIE a récemment mis en lumière ces dysfonctionnements en France.

Les génériques peuvent être mis sur le marché grâce à des dispositifs légaux tels que les licences obligatoires et l’opposition aux brevets. Aujourd’hui, les acteurs de la communauté internationale ont à leur disposition tous les outils leur permettant de s’engager vraiment dans la lutte pour l’élimination de l’hépatite C et permettre un accès au traitement pour tous.