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Trêve de promesses

Trêve de promesses

Ce 31 mars, la trêve hivernale, qui assure des dispositifs renforcés pour l’accueil des sans-abri, l’arrêt des expulsions locatives et des expulsions de bidonvilles, prend fin. Alors que le président de la République multiplie les effets d’annonce, Médecins du Monde se mobilise pour sensibiliser l’opinion publique et faire réagir le gouvernement sur la condition des mal-logés en France.

 

 

 

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Les belles paroles
ne sauvent personne
de la rue

 

  • Le 27 juillet à Orléans, Emmanuel Macron déclarait : « Je ne veux plus d’ici la fin de l’année avoir des femmes et des hommes dans les rues, dans les bois, ou perdus. C’est une question de dignité, c’est une question d’humanité et d’efficacité là aussi. »
  • Le 31 décembre 2017, lors de ses vœux, Emmanuel Macron annonçait : « Je veux que nous puissions apporter un toit à toutes celles et ceux qui sont aujourd’hui sans abri. »
  • Le 5 décembre dernier, Agnès Buzyn, Ministre de la santé, déclarait : « ma priorité est qu’aucune famille, aucun enfant ne dorme dans la rue cet hiver »

 
La réalité est tout autre. À des discours empreints d’humanité répondent des actes contradictoires. Expulsions, politique répressive à l’égard des migrants, désengagement, inaction… la situation s’aggrave pour les mal-logés en France.

À des discours empreints d’humanité répondent des actes contradictoires.

« L’hiver 2017 a été marqué par les propos indécents, indignes et irresponsables de politiques qui visaient à minimiser le nombre de personnes à la rue et à les rendre responsables de leur situation. Ces déclarations – profondément choquantes de la part de représentants de l’Etat - témoignent d’un déni de réalité et d’une déconnexion totale avec la situation des sans-abri en France », rappelle Françoise Sivignon, la présidente de Médecins du Monde.

Les files d’attente devant nos centres de soins s’allongent de jour en jour. Nos équipes sont dépassées, fatiguées d’agir sans aucune aide de l’Etat. ©Olivier Papegnies
Les files d’attente devant nos centres de soins s’allongent de jour en jour. Nos équipes sont dépassées, fatiguées d’agir sans aucune aide de l’Etat. ©Olivier Papegnies

Pas de santé sans toit

Parce qu’il protège et détermine les conditions de vie des personnes, parce qu’il est un espace intime indispensable à l’équilibre et au bien-être humain, parce que la stabilité est une condition pour l’accès aux droits, le logement est un élément constitutif fondamental de la santé.

Difficile, lorsque l'on vit à la rue ou dans un logement insalubre, de prendre rendez-vous chez le médecin, de consulter un dentiste ou de suivre un traitement. Et pourtant. Les violences, l’insalubrité, le manque de sommeil, la faim et la maladie pèsent lourdement sur la santé des personnes mal logées et met leur vie en danger.

Le mal-logement En chiffres

Infographie : les chiffres du mal-logement ©MdM
Infographie : les chiffres du mal-logement ©MdM

La France compte 4 millions de personnes mal logées.

Parmi ces personnes :

  • 143 000 personnes sont sans domicile1
  • 16 000 personnes vivent en bidonvilles en France (dont 1/3 d’enfants).

En France, 2 000 sans-abri décèdent chaque année.2

2 000 sans-abri décèdent chaque année en France.

En 2016, 72% des personnes reçues dans les centres d’accueil de Médecins du Monde déclaraient avoir un problème de logement.

Nos missions mobiles auprès des personnes sans abri rencontrent de plus en plus de jeunes, de femmes et d’enfants en situation d’extrême précarité.

 

 Le dispositif du 115 est quant à lui complètement saturé :
- la durée moyenne d’attente au téléphone est de 2h.
- la musique d’attente se joue pendant 2h49 puis se coupe
- parmi les appelants, seuls 18% sont effectivement logés par le 115
- seuls 10% des appels reçoivent une réponse en Seine Saint-Denis

 

©Benoit Guenot
©Benoit Guenot

L’espérance de vie d’une personne sans-abri est de 49 ans.

En 2016, 72% des patients reçus dans les centre d’accueil de Médecins du Monde déclaraient avoir un problème de logement. ©Olivier Papegnies
En 2016, 72% des patients reçus dans les centre d’accueil de Médecins du Monde déclaraient avoir un problème de logement. ©Olivier Papegnies

Ensemble, agissons !

Nous ne pouvons laisser la situation se dégrader sans réagir. Face à l’inaction du gouvernement, Médecins du Monde lance deux opérations simultanées afin de sensibiliser le public et pousser les décideurs à réagir.


Ce 29 mars, nous avons organisé une mobilisation sur les marches du Sacré Coeur à Paris, relayée à travers les villes de France (Toulouse, Marseille, Lille, Lyon, Grenoble, Angoulême)

©Vincent Nageotte
©Vincent Nageotte

 

Médecins du Monde adresse un message fort au gouvernement : les belles paroles ne suffisent pas à sauver les personnes de la rue.

#PasdeSanteSansToit

 

Mardi 27 mars, nous avons envoyé un avis de (non) expulsion au président de la République (et à ses ministres) pour lui rappeler ses engagements, lui rappeler que sa promesse d’offrir un toit à tous n’est pas compatible avec la reprise des expulsions, lui rappeler l’urgence de la situation de milliers de personnes. Des personnes en danger, des personnes que lui seul a le pouvoir de sauver.

 

 

 

>>> Télécharger la lettre <<<

 

 

Pour nous aider à interpeller le président de la République et prêter votre voix à ceux que l’on n'entend pas, partagez cette page sur les réseaux sociaux en utilisant le hashtag #PasdeSanteSansToit.
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Lettre de (non) expulsion à Emmanuel Macron ©MdM
Lettre de (non) expulsion à Emmanuel Macron ©MdM
Notre équipe, lors d'une maraude à Paris ©Bruno Fert
Notre équipe, lors d'une maraude à Paris ©Bruno Fert

Nos demandes

Le logement et la santé sont des droits reconnus comme fondamentaux. Or, il n’y a pas de santé sans logement :
→ Au-delà des créations de places dans l’urgence, il faut mener un plan de plus grande ampleur proposant des solutions de long terme, adaptées et incluant un accès direct au logement (Logement d’abord).
L’inconditionnalité de l’accueil doit rester au cœur de l’action sociale pour que les personnes sans abri aient un accès effectif à un toit : abrogation de la circulaire du 12 décembre 2017.
→ Stabilisation des personnes : aucune expulsion sans solutions de relogement stables, réfléchies en concertation avec les personnes concernées, et proposées en amont de l’expulsion.
→ Toute personne résidant en France doit avoir accès à minima à des conditions de vie dignes et aux moyens de satisfaire ses besoins vitaux. L’accès à l’eau, à l’hygiène et à l’alimentation doit être garanti pour tous, au travers d’actions portées par une volonté politique claire.
Les dispositifs spécifiques pour les personnes malades à la rue doivent être renforcés pour permettre aux personnes en grande précarité d’être hébergées dans des conditions compatibles avec leur état de santé. L’absence d’hébergement ou de conditions de vie adaptées aux problèmes de santé entraîne la dégradation de la santé des personnes déjà fragiles, et des pertes de chance de guérison qui mettent leur espérance de vie en danger.

 

 

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