Faire un don

Les malades de l'Europe

La situation des enfants migrants est très préoccupante © Guillaume Pinon

Les malades de l'Europe

En Europe, l’accès aux soins devient de plus en plus difficile pour les personnes en grande vulnérabilité. Les migrants et réfugiés, en particulier, se trouvent toujours plus éloignés des systèmes de santé nationaux.

À l’appui des données recueillies dans 12 pays européens, le réseau international de Médecins du Monde publie son rapport 2016. Et interpelle l’Union européenne.

Exclusion des systèmes de santé inacceptable

Le rapport de l'Observatoire de l'accès aux soins s'appuie sur les données collectées dans 31 villes de 12 pays en Europe
Le rapport de l'Observatoire de l'accès aux soins s'appuie sur les données collectées dans 31 villes de 12 pays en Europe

À l’appui des données médicales et sociales collectées en 2015 dans les centres gérés par Médecins du Monde et ses partenaires dans 31 villes de 12 pays1, notre rapport témoigne d’une augmentation de l’exclusion et de l’inégalité des systèmes de santé de droit commun.

Par ailleurs, parmi la population migrante, seuls 3,1% des patients citent la santé comme une des raisons de leur migration, et les trois quarts des porteurs de pathologies chroniques ont découvert leur maladie seulement une fois arrivés en Europe. Pourtant, le mythe du migrant qui vient en Europe pour se faire soigner continue d’être répandu.

Plus que jamais, nous interpellons les États européens pour permettre l’accès de tous aux systèmes de soins nationaux. Les multiples actes de violence vécus par les patients devraient attirer l’attention des autorités sanitaires sur les besoins des migrants et réfugiés. Dans chaque pays, des conditions d’accueil et des soins adaptés doivent être mis en place.

 

 

Les femmes et enfants particulièrement vulnérables

Nos chiffres témoignent d’une réalité particulièrement inquiétante. 68 % des personnes rencontrées dans nos centres d’accueil et de soins n’ont pas de couverture santé (y compris les femmes enceintes).

Parmi les femmes enceintes, 60 % sont en situation administrative précaire et limitent leurs mouvements de peur d’être arrêtées. De même, plus de 40 % des femmes enceintes n'ont pas eu accès à des soins prénataux, et près de 60 % n’ont pas été testées (VIH, VHB, VHC) et ne savent pas où se rendre pour être dépistées.

2015 restera pour nous tous l’année où la solidarité internationale avec les migrants et les réfugiés a révélé sa force et ses faiblesses.

Les enfants sont également exposés à l’exclusion du système de soins.  En effet, 54 % des enfants que nous rencontrons ne sont pas vaccinés contre la rougeole, les oreillons et la rubéole, et 32 % contre le tétanos.

Médecins du Monde est la seule association à soigner les migrants du camp d'Horgos ©Guillaume Pinon
Médecins du Monde est la seule association à soigner les migrants du camp d'Horgos ©Guillaume Pinon

Pour l’accès de tous à la santé en Europe

« 2015 restera pour nous tous l’année où la solidarité internationale avec les migrants et les réfugiés a révélé sa force et ses faiblesses. Cet élan s’est illustré au travers de la solidarité des citoyens de toutes les nationalités : ils se sont organisés pour aider les migrants et répondre à leurs besoins et leurs espoirs. Notre déception est cependant immense face à  l’incapacité des gouvernements européens de s'accorder sur des règles communes. En violation complète des obligations d’accueil et de protection liées aux conventions internationales, ils ne réussissent pas à fournir une réponse respectueuse des besoins des personnes fuyant des guerres, des conflits et des situations menaçant leur vie » explique Dr. Françoise Sivignon, Présidente de Médecins du Monde France.

 

 

Face à cet échec, Médecins du Monde exige des États membres et des institutions de l’Union européenne :

  • L’accès de tous aux systèmes de santé nationaux, fondés sur la solidarité, l’égalité et l’équité.
  • Des conditions d’accueil appropriées (abris, installations sanitaires et d’hygiène, soins, accès à l’information, etc.), en accord avec les standards minimums de santé publique.
  • La mise en place de voies d’accès légales et sécurisées, avec la possibilité de demander l’asile dans le pays de son choix.
  • Des conditions d'accueil et de protection juridique satisfaisantes, spécifiquement pour les femmes et les enfants, qui représentent désormais la majorité des migrants/réfugiés :
    • Les États membres et les institutions de l’UEinfo-icon doivent arrêter immédiatement la détention des mineurs et mettre en place des structures adaptées aux enfants isolés.
    • Chaque femme doit avoir accès aux soins périnataux, à un accouchement sécurisé et à l’avortement si elles le veulent.
    • Chaque enfant doit avoir accès aux programmes de vaccination nationaux et aux soins pédiatriques.

 

Consultez le rapport 2016 du réseau international de Médecins du monde : L’accès aux soins des personnes confrontées à de multiples facteurs de vulnérabilité en santé.