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Vaincre l’hépatite C

Vaincre l’hépatite C

Au mois de mai 2015, le gouvernement géorgien lançait un plan national pour éliminer l’hépatite C. Un programme ambitieux qui repose sur la gratuité du traitement et une prise en charge efficace des malades. Pour que les usagers de drogues, particulièrement exposés mais marginalisés n’en soient pas exclus, Médecins du Monde les accompagne à Tbilissi.

 

10 heures du matin, dans l’ouest de Tbilissi. Comme tous les jours depuis la fin de son traitement contre l’Hépatiteinfo-icon C, Irina court autour du lac de la Tortue avant d’aller travailler. Ancienne commerçante, elle a consommé des drogues pendant près de 20 ans. Jusqu’à ce qu’elle soit arrêtée par la police et passe 5 mois en prison. À sa sortie, Irina démarre une nouvelle vie.

Un accompagnement sans jugement

Irina est aujourd’hui « travailleuse pair » au drop-in-center de Tbilissi, le centre d’accueil et de soins pour usagers de drogues de Médecins du Monde. Comme dans de nombreux pays de l’ex-URSS, si la consommation de drogues est illégale en Géorgie elle y demeure relativement répandue. Près de 45 000 personnes (plus d’1 % de la population) en prennent par voie intraveineuse. 70 à 90 % d’entre elles sont infectées par l’hépatite C. Afin d’enrayer cette épidémie, Médecins du Monde a développé un programme de réduction des risques en partenariat avec New Vector, la première association géorgienne d’usagers de drogues.

Au drop-in-center, les allées et venues sont incessantes. Les équipes diffusent des messages de prévention, distribuent du matériel d’injection neuf. En tant qu’ancienne consommatrice, Irina suit les bénéficiaires au quotidien, les écoute, les aide dans leurs démarches administratives ou la prise de rendez-vous chez le médecin. « Ma force c’est d’être une ex-usagère. Je comprends ce que traversent les personnes qui viennent au centre. Elles me font confiance, on est dans un rapport d’égal à égal, sans jugement,  explique-t-elle. C’est un refuge ici pour les usagers. »

Irina est « travailleuse pair » au drop-in-center de Tbilissi, le centre d’accueil et de soins pour usagers de drogues de Médecins du Monde © Olivier Papegnies
Irina est « travailleuse pair » au drop-in-center de Tbilissi, le centre d’accueil et de soins pour usagers de drogues de Médecins du Monde © Olivier Papegnies

Des soins et un suivi adaptés

« Si j’avais eu accès aux informations sur les manières d’attraper le virus à l’époque où je consommais, j’aurais fait plus attention aux risques. Mais grâce au traitement, j’ai l’espoir de guérir, » poursuit Irina. La Géorgie a en effet commencé la première phase d’un plan national de lutte contre l’Hépatiteinfo-icon C en mettant un traitement efficace à disposition des malades les plus sévères. « Notre mobilisation a porté ses fruits : l’État a pris conscience de l’urgence de santé publique. Mais si on veut en finir avec l’hépatite C, notre travail doit viser les usagers de drogues, les personnes les plus concernées » précise Véronique Miollany, coordinatrice générale en Géorgie. Médecins du Monde a donc mis en place son premier programme de traitement auprès de 300 usagers afin de démontrer l’importance d’intégrer ces personnes fragiles au plan gouvernemental et ainsi de constituer un modèle de prise en charge efficace.

Grâce au traitement, j’ai l’espoir de guérir.

Tous les jours, pendant trois mois, Irina a pris son traitement pour combattre l’Hépatiteinfo-icon C et a enchainé les rendez-vous médicaux. Le suivi doit être rigoureux. D’où la nécessité de soutenir les malades à chaque étape et de les informer sur les risques de réinfection. « Le gouvernement doit intégrer la réduction des risques à sa politique de santé, poursuit Véronique Miollany, sans cela les usagers continueront d’avoir des pratiques à risques et de transmettre le virus ».

Dans un mois, Irina fera son dernier examen pour savoir si le virus est définitivement éliminé de son organisme. Avec l’espoir d’ouvrir une entreprise sociale et de continuer à porter la voix des usagers de drogues afin qu’ils soient moins stigmatisés et mieux pris en charge en Géorgie.

David est un usager de drogues par injection depuis plus de 15 ans © Olivier Papegnies
David est un usager de drogues par injection depuis plus de 15 ans © Olivier Papegnies
Aurélie Defretin
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