PARIAS - les Roms en France

4 // Une politique affichée
de restriction des droits

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Discours de Grenoble, 1 an après
1 // Des conditions de vie qui rendent malades
2 // Politique sécuritaire vs Politique de santé publique
3 // Des indicateurs de santé alarmants
4 // Une politique affichée de restriction des droits
5 // Des tentatives de réponses trop souvent incohérentes
Politique migratoire et santé publique, le choix délibéré de nuire ?
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La plupart des Rroms relève de l’aide médicale d’État (AME) puisque depuis 2007, les Européens pauvres, inactifs et sans assurance maladie dans leur pays d’origine sont considérés en situation irrégulière. Mais depuis cette année, l’AME est devenu payante, restreignant toujours plus les droits et l’accès aux soins : depuis le 1er mars, un droit d’entrée de 30 euros est désormais demandé, rendant ce dispositif quasi inopérant. Avec la mise en place de ce forfait, faute de ressources, ces personnes risquent de différer leurs soins. Elles ne viendront consulter qu’en urgence ou lorsqu’elles seront gravement malades, ce qui revient à repousser les soins vers des prises en charge hospitalières plus couteuses car trop tardives.

Un frein supplémentaire dans un parcours déjà extrêmement complexe : démarches administratives lourdes, barrière de la langue... 77% des Rroms rencontrés par les équipes de MdM n’ont pas ouvert de droits à l’AME.

Des difficultés d’accès aux droits qui entrainent un retard de recours aux soins important (52% des maladies auraient dû être prises en charge plus tôt), voire une absence de prise en charge des pathologies lourdes (hypertension, diabètes, pneumopathies) et une chronicisation des pathologies aiguës (respiratoires, gastriques ou rhumatologiques).

Les enfants ne bénéficient que trop rarement d’une couverture médicale car les démarches administratives pour ouvrir l’AME relèvent du parcours du combattant : obligation de justifier d’une adresse parentale, d’avoir un représentant légal…Leurs passages aux urgences pédiatriques ne permettent pas de les insérer dans le droit commun et ne leur donne accès qu’à des soins ponctuels. Et le problème est encore plus grave pour les enfants de plus de 6 ans qui n’ont plus accès à la PMI.
Dr Laurent Seban, Bordeaux


Photo © Diane Grimonet / Médecins du Monde

A Marseille, l'accès aux soins des populations rroms précaires passe surtout par les services des Urgences hospitalières. Ils ne bénéficient donc d'aucun réel suivi et le dispositif de droit commun leur reste inaccessible.
Cendrine Labaume,
Marseille

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