Journal des donateurs Médecins du Monde Le journal destiné aux donateurs n° 86 mars 2007
SOMMAIRE
N° 86 mars 2007
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Missions
- Afghanistan/Agir en amont de l’épidémie
- Mongolie/Informer et lutter contre l’alcoolisme et la tuberculose
- Soudan/Entre choléra et tirs armés
- Yémen/Urgence sanitaire
- Chine/Ouverture du premier « drop-in center »
- France/Une tente à soi à défaut d’un toit pour tous. - En bref/Les actions MdM en France et à l’étranger
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DOSSIER
Agir face aux violences faites aux femmes
extrait : Alerte / Pérou des droits pour les adolescents. Au Pérou, la santé sexuelle et reproductive est une inconnue pour les adolescents. Et les jeunes filles sont exclues du système de soins à l’occasion de leur grossesse. MdM les accompagne…
Rencontre de Roland Desbordes : (président du CRIIRAD)Des sites radioactifs en France inquiètent-ils la CRIIRAD ?
Oui, on peut citer le site nucléaire de Marcoule dans la Vallée du Rhône, les mines d’uranium dans le Limousin, la Vendée et le Massif central. L’usine de retraitement nucléaire de la Hague dans la Manche est aussi extrêmement polluante pour l’environnement. Le seul médecin réellement indépendant qui a fait une étude, a trouvé un excédent de leucémie chez les enfants dans le secteur. Ces résultats montrent bien qu’il existe un impact sanitaire évident mais qui n’a pas été suffisamment étudié. On ne peut pas dire le nombre exact de malades et de pathologies dus au nucléaire, mais selon moi, ce ne peut être zéro. Est-ce que vous vous sentez écouté par les autorités françaises ?La présence de la CRIIRAD et de tous les citoyens qui l’ont soutenue, nous a permis d’avoir une législation, qui sur le plan par exemple, de la gestion des déchets, est bien moins pire que ce que l’on aurait pu imaginer à une époque. Nous avons réussi à bloquer des lois prévues pour banaliser et disperser les déchets radioactifs dans l’environnement. Le problème, c’est de faire respecter la législation dans la réalité, car il existe toujours des cas particuliers. Et au niveau international ?La CRIIRAD a déjà lancé plusieurs campagnes mondiales. Par exemple, nous dénonçons les accords conclus entre l’Organisation mondiale de la santé (OMS) et l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) dont la vocation est de promouvoir l’énergie nucléaire dans le monde au moindre coût. Des rapports internes à l’OMS disent que l’énergie nucléaire pourra se développer si on maintient les citoyens dans l’ignorance. Sur tous les dossiers concernant la radioactivité et l’environnement, l’OMS n’a jamais communiqué de manière indépendante par rapport à l’AIEA. Elle est restée muette face aux conséquences des armes à uranium appauvri qui ont été utilisées par l’OTAN au Kosovo, par les Etats-Unis et l’Angleterre en Irak et en Afghanistan, et sans doute lors de la dernière guerre au Liban. L’uranium est un métal lourd, donc un polluant connu, et en même temps radioactif. Au minimum, il provoque des cancers voire des pathologies qui n’ont pas encore été bien répertoriées. Les vétérans de la Guerre du Golfe commencent à se retourner contre l’Etat américain et gagnent des procès. Par contre, personne ne se préoccupe des citoyens irakiens.
La CRIIRAD souhaite installer un laboratoire biomédical, codirigé par le professeur Youri Bandajevsky, à Minsk en Bélarus, (le pays le plus touché par l’accident de Tchernobyl) pour poursuivre les recherches sur les effets radioactifs. Où en est ce projet de partenariat ? La CRIIRAD subit-elle des pressions ?Oui et notamment financières avec la création de faux laboratoires indépendants qui prennent des « parts de marché » pour nous empêcher d’exister. De plus, l’état français, par un décret interministériel en août 2003, a voulu obliger tous les laboratoires à lui rendre des comptes. La CRIIRAD a refusé d’être assujettie et de signer ce protocole. Nous avons dû batailler ferme pour garder notre statut de laboratoire indépendant.
Propos recueillis par Ariane Silvestri |